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Tao Te King 2 : la dualité

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Tao Te King 2 : second verset du Livre de la Voie et de la Vertu de Lao-Tseu, selon la traduction la plus intelligible. Analyse et interprétation du Tao Te King 2.

Le Tao Te King ou Dao de jing (vers 600 avant J.C.) comporte 81 versets ou chapitres écrits sous forme poétique.

Si le premier verset du livre présente le tao et le moyen de le comprendre, le second verset dont nous reprenons ici le texte décrit la nature de la dualité, et le rapport qu’il faut entretenir avec elle.

C’est en particulier par le non-agir que l’individu pourra trouver la paix et la sérénité dans la dualité.

Voici le texte et l’interprétation du Tao Te King 2.

Tao Te King 2 : le texte.

En vert : traduction alternative.

Lorsque les gens voient certaines choses comme belles,
d’autres deviennent laides.
Lorsque les gens voient certaines choses comme bonnes,
d’autres deviennent mauvaises.

Etre et non-être se créent l’un l’autre.
Difficile et facile s’entretiennent l’un l’autre.
Long et court se définissent l’un l’autre.
Haut et bas dépendent l’un de l’autre.

Ainsi le Maître
agit sans rien faire
et enseigne sans rien dire.   Les tons et la voix s’accordent mutuellement.
Les choses apparaissent et il les laisse venir ;
les choses disparaissent et il les laisse partir.
Il a, mais ne possède pas,
agit, mais n’attend rien.
Son oeuvre accomplie, il l’oublieIl ne s’y attache pas.
C’est pourquoi elle dure toujours.

Tao Te King 2 : analyse et questions.

Ce second verset du Tao Te King parle de la dualité, et de la manière dont on se la représente.

La dualité décrit ce qui est composé de deux éléments opposés mais inséparables, par exemple le blanc et le noir, le haut et le bas. Chaque terme de chaque couple n’existerait pas sans l’autre, comme le montre le symbole taoïsme du yin et du yang.

symbole yin yang

Or l’être humain vit dans le jugement : il préfère un élément du couple plutôt que l’autre. Il considère que certaines choses sont bonnes et d’autres mauvaises, ou que certaines choses sont belles et d’autres laides.

Pourtant, le bien n’existerait pas sans le mal, ni le beau sans le laid. Chaque terme dépend de l’autre.

Lao Tseu appelle à sortir du jugement : le sage est celui qui vit dans la dualité, tout en se tenant au centre, au point d’équilibre de toutes les choses. Ce point d’équilibre, c’est le tao, la grande source qui génère tout. Se tenir près d’elle, c’est accepter le cours des événements, c’est reconnaître l’ordre du monde.

Cette acceptation marque la fin de notre désordre mental. Le jugement, l’attachement et les passions disparaissent. La peur, la haine et la colère aussi : un chemin de sagesse et de sérénité s’ouvre enfin.

Continuez la lecture du Tao Te King : 

Les trois ouvrages fondateurs du taoïsme :

  • Le Tao Te King, de Lao-tseu, selon la traduction de Stephen Mitchell. Cette traduction est moderne, accessible et poétique, elle garde l’esprit du texte initial.
  • Les Œuvres de Maître Tchouangde Tchouang-tseu, selon la traduction de Jean Levi. Une magnifique traduction qui rend hommage à la beauté du texte original, sans se perdre en lourdeurs rébarbatives.
  • Le traité du Vide Parfait, de Lie Tseu, selon la traduction de Jean-Jacques Lafitte.

Modif. le 3 septembre 2020

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