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La différence entre espoir et espérance

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Quelle est la différence entre espoir et espérance ? Comment définir ces deux termes sur le plan philosophique et spirituel ?

Dans le langage commun, espoir et espérance sont souvent confondus. Pourtant, la nuance cache deux significations bien différentes.

Tentons les définitions suivantes :

  • L’espoir est le fait d’attendre et désirer quelque chose de meilleur, pour soi ou pour les autres : il peut être considéré comme une émotion ou une passion,
  • L’espérance est une confiance pure et désintéressée en l’avenir. C’est une valeur présente dans diverses traditions religieuses ou spirituelles. Dans le christianisme, l’espérance est l’une des trois vertus théologales (les deux autres étant la foi et la charité), et évoque entre autres l’accès à la vie éternelle.

Espoir et espérance sont donc deux manières différentes d’attendre.

Entrons dans les détails.

La différence entre espoir et espérance.

On peut lister les différences suivantes entre espoir et espérance :

  • l’espoir est joie et désir alors l’espérance est prudence et patience,
  • l’espoir peut être déçu, ce qui n’est pas le cas pour l’espérance,
  • l’espoir relève souvent de l’illusion alors que l’espérance relève de l’intuition,
  • l’espoir ne dure pas, alors que l’espérance ne s’éteint jamais,
  • l’espoir meurt avec l’échec, ce qui n’est pas le cas pour l’espérance,
  • etc.

Interprétation.

L’espoir est en réalité l’attente d’une récompense personnelle (même s’il concerne la vie des autres) : c’est un égoïsme et un excès de confiance. Les espoirs sont souvent déçus. L’échec est démotivant et risque de conduire à l’extinction de l’action juste.

Cette idée est exprimée dans le christianisme comme dans le taoïsme : Le succès est aussi dangereux que l’échec. L’espoir est aussi vain que la peur. (Tao Te King, 13)

Dans le bouddhisme, les concepts d’impermanence et de non-soi nous apprennent qu’il n’y a rien à espérer de ses propres désirs : c’est notre mental qui nous fait croire que nous sommes maîtres des choses.

L’espérance, elle, ne s’éteint jamais. Elle perdure au-delà des moments difficiles car elle s’inscrit dans le temps long. Elle traduit une confiance profondément ancrée. Enfin, elle porte une dimension transcendantale.

L’espérance est indissociable de la paix intérieure, de la sérénité et de la sagesse :

  • il n’y a pas à s’inquiéter du cours du monde,
  • il faut faire confiance à l’ordre des choses et à la loi du progrès,
  • nous devons nous libérer de notre ego qui nous fait penser que nous sommes libres et que nous détenons la vérité.

L’espérance n’est pas une passivité, elle appelle au contraire à la pensée et à l’action juste : sans égoïsme, colère ni haine.

Espérance et persévérance.

La vraie valeur de l’espérance peut se lire à travers la célèbre maxime du Taciturne : il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

Cette maxime nous invite à rester constant, à être patient, à demeurer humble, à maîtriser notre ego et à
agir de manière désintéressée. La persévérance dépasse les faux espoirs et soutient l’espérance.

En franc-maçonnerie.

L’espérance est une valeur fondamentale en franc-maçonnerie. A titre d’exemple, la batterie de deuil, frappée en cas de décès d’un franc-maçon, est toujours suivie d’une batterie d’espérance : Espérons en confiance et en sérénité.

Lire aussi notre article : Le libre arbitre : une illusion ?

Pour votre bibliothèque :

  • La petite voix, d’Eileen Caddy. Un petit trésor de méditation quotidienne : une pensée à lire chaque soir.

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