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Qu’est-ce que le destin ?

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Qu’est-ce que le destin ? Quelle définition ? Sommes-nous soumis à un destin ? Faut-il croire au destin ?

Se poser la question du destin, c’est s’interroger sur la vie elle-même, et plus précisément sur sa direction et son sens.

En général, le destin renvoie à une force supérieure qui détermine les événements de notre vie, selon un schéma difficile à connaître et à changer.

Le destin serait donc par nature inéluctable : toute tentative de le contourner serait illusoire. Le destin est alors synonyme de sort, de fatalité.

Mais ça n’est pas la seule manière d’aborder le destin.

Le destin : définition.

Définition : Le destin est l’avenir d’un être humain ou d’un groupe humain. Le destin renvoie aussi aux forces qui œuvrent à ce qui fera demain : instance supérieure, causes naturelles, hasard ou individu lui-même.

Ainsi, selon les cas, le destin est :

  • connu (“je sais que c’est mon destin”),
  • ou au contraire inconnaissable (que va-t-il m’arriver ?),
  • inéluctable (fatalité),
  • ou au contraire évitable grâce à la volonté de l’individu lui-même (libre-arbitre).

La mécanique du destin.

L’être humain a toujours cherché à connaître la mécanique du destin.

Il le voit :

  • soit comme une force supérieure, inconnue et mystérieuse, décidant par sa propre volonté et de manière arbitraire du cours des choses et des existences. Cette force est, selon les différentes croyances : le “destin” lui-même, Dieu, Satan, les astres ou encore des entités spirituelles luttant entre elles,
  • soit comme le résultat du hasard : le destin serait la rencontre de différentes circonstances, événements et coïncidences. L’individu serait plus ou moins chanceux selon que son destin lui est favorable ou défavorable,
  • soit comme le fruit de la décision libre de l’individu, selon son jugement intime et ses choix,
  • soit comme un enchaînement logique de causes : chaque individu serait le résultat d’un ensemble de causes et d’influences (la génétique, les prédispositions, l’éducation, l’héritage social et culturel, le vécu, la psychologie, les relations, etc) : ces causes expliqueraient et détermineraient directement le destin de chacun.

Cette dernière vision, “déterministe”, semble a priori la plus raisonnable. Elle permet d’écarter les superstitions et invite à comprendre les causes profondes de ce que nous sommes, en évacuant la peur et le jugement.

Mais la compréhension de soi-même et du monde ne sera jamais suffisante pour prévoir l’avenir et prendre son destin en main, sachant que le “hasard” peut provoquer à tout moment un événement inattendu, bouleversant tout ce qui semblait compris ou acquis.

D’autre part, rien ne prouve l’existence d’une force supérieure qui régirait l’évolution du monde dans son ensemble. Mais rien ne prouve non plus son absence…

Le destin en religion et en philosophie.

Voici quelques approches du destin en religion et en philosophie :

  • Les stoïciens ont développé une vision déterministe voire fataliste de l’Univers, affirmant que le destin serait une succession de causes produisant des conséquences inéluctables. Ainsi, “toute chose arrive selon le destin”,
  • Dans l’hindouisme, le karma désigne l’enchaînement causes-conséquences des actes qu’un individu a fait durant sa vie et au cours de toutes ses vies antérieures,
  • Dans l’Islam, le destin est présent sous la forme d’un fatalisme, tout événement étant inconditionnellement fixé par la volonté de Dieu,
  • Depuis saint Thomas d’Aquin, le catholicisme est dominé par le principe du libre-arbitre, c’est-à-dire la capacité de l’individu à décider du cours de sa vie,
  • Enfin, le protestantisme, en particulier le calvinisme, s’est développé sur l’idée que Dieu aurait prédestiné à l’avance certains individus à la béatitude, et d’autres à la damnation.

Faut-il croire au destin ? Peut-on s’écarter de son destin ?

L’homme moderne a l’impression d’être libre de son destin, oubliant qu’il est le résultat d’un grand nombre d’événements et de causes passées, dont il n’est en réalité pas conscient.

En effet, chaque individu est le résultat d’un enchaînement causal : il semble donc impossible de s’écarter de son destin pour la simple et bonne raison qu’il est impossible d’agir sur les causes. Le libre-arbitre ne serait donc qu’une illusion, tous mes choix étant déterminés entre autres par mon éducation, ma culture, ma personnalité, mes gènes ou ma psychologie.

Pourtant, ce serait oublier que l’individu est aussi, pour une part, la cause de lui-même. Par le mécanisme de la conscience, l’être humain a la possibilité de prendre du recul par rapport à ce qu’il est. Il peut tenter de mieux comprendre son fonctionnement intime, se libérant ainsi de ses préjugés et de ses réflexes psychologiques.

L’analyse des causes est donc un chemin d’épanouissement et d’acceptation, en ce sens qu’il permet de se réconcilier avec soi-même et avec son histoire. Il ne s’agit pas de nier son destin ou de le rejeter, mais plutôt de le comprendre et de l’accepter.

Et si on laissait faire le destin ? Voir notre article sur le non-agir de la philosophie taoïste.

Le progrès : destin de l’humanité ?

En conclusion, tout individu est le résultat d’un enchaînement causal qu’il est difficile de dépasser, même en en faisant l’analyse détaillée. Mais l’individu est libre d’accepter son destin, et si tel est le cas, il ne le percevra plus comme un problème ou un danger.

Le vrai destin de l’être humain ne serait-il pas de progresser sur le chemin d’une meilleure connaissance de lui-même, des autres et du monde ?

Voir notre article : Le libre arbitre : une illusion ?

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