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L’avenir est-il déjà écrit ?

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L’avenir est-il déjà écrit ? Le futur est-il écrit d’avance ? Peut-on changer le destin ? Voici une approche philosophique du temps et de la liberté.

Evoquer l’avenir, c’est se questionner sur le temps, le destin, la hasard et la liberté.

Pour certains, l’avenir est déjà écrit : nous sommes malgré nous les acteurs d’un scénario déjà composé, reposant sur un enchainement de causes précises. Ce qui signifierait que nous ne sommes pas libres.

Pour d’autres, l’avenir n’est pas écrit, soit parce qu’il dépend du hasard, soit parce qu’il nous appartient de le composer : nous exerçons en permanence notre liberté.

Avant toute chose, tentons de donner une définition de l’avenir en philosophie.

L’avenir est la partie du temps qui vient après le présent. Mais l’avenir est d’abord et avant tout une vision de l’esprit humain, lequel se projette, anticipe, prévoit, espère ou craint le futur, de la même manière qu’il entretient un certain rapport au passé.

En réalité, l’avenir fait partie de la vie présente de l’Homme : sa pensée et son action se fondent en grande partie sur sa vision du futur ; c’est sans doute ce qui lui donne l’impression que l’avenir existe, et qu’il dépend en grande partie de lui.

Donnons aussi les définitions suivantes :

  • le destin : ce sont les forces qui œuvrent à ce que sera demain : principe supérieur, causes naturelles (stoïcisme), hasard…
  • le hasard : ce sont les circonstances ou événements que l’Homme perçoit comme indéterminés, c’est-à-dire faisant irruption accidentellement ou aléatoirement,
  • la providence : au sens commun, ce peut être aussi bien la chance que le hasard ou le destin…

Remarque : alors que le hasard est l’oubli ou la méconnaissance des causes de ce qui arrive, le destin évoque plutôt l’acceptation de l’ordre des choses, même si l’on n’en connaît pas l’origine.

Tentons de répondre à la question : l’avenir est-il déjà écrit ?

L’avenir est-il déjà écrit ? Approche philosophique.

L’avenir est-il une page blanche ou bien est-il déjà écrit ?

Ici, l’approche déterministe contredit l’approche fondée sur le hasard ou sur la liberté.

Cette approche déterministe considère que tout est issu d’un enchainement de causes et de conséquences qu’il est impossible de changer. Tout serait donc déjà écrit : chaque chose ne pourrait advenir que selon un plan précis, un déroulé invariable, un enchainement implacable.

Ce qui signifierait que nos pensées et nos actes sont eux-aussi déterminés, malgré l’impression que nous avons d’être libres. Par exemple, quitter son travail semble relever d’un choix libre ; pourtant, de nombreux facteurs ont concouru à faire pencher la balance dans ce sens (événements, circonstances, caractères, psychologie, éducation reçue, culture, incompatibilités, histoire personnelle, etc).

En réalité, cette approche fataliste remet en cause l’existence même de la notion d’avenir. En effet, si tout est écrit, alors passé, présent et avenir sont une seule et même chose : le passé est le miroir de l’avenir, l’avenir réside dans le passé, et le présent est l’expression aussi bien du passé que de l’avenir. De fait, il n’y a plus qu’un seul temps : le présent, seule réalité accessible, seule vérité.

Ainsi, l’impression (l’illusion) qu’il existe un temps futur et que nous pouvons influer sur lui peut être due à :

  • la méconnaissance des causes passées,
  • l’oubli de ce qui nous détermine,
  • la tendance de notre mental à toujours se projeter dans ce qui est inconnu.

Ainsi, l’avenir est avant tout une création de notre psychisme. Il n’existe que parce que nous voulons, nous désirons, nous envisageons, nous craignons, et aussi parce que nous ne savons pas, parce que nous sommes incapables de comprendre l’imbrication des événements. Si nous étions omniscients, il n’y aurait pas d’avenir, pas plus que de passé.

Avenir et liberté.

A l’inverse, si l’on considère que l’Homme est libre de ses actes, alors l’avenir n’est pas écrit : c’est à l’Homme de le décider, de le composer (au moins en partie puisqu’il se confrontera à un certain nombre de limites et de contraintes extérieures).

Pourtant, nous l’avons vu, considérer que l’Homme est libre est très discutable. Cela serait oublier qu’il est le résultat d’une infinité de causes et de conditionnements. Ce serait lui donner un pouvoir extraordinaire, alors même que ses connaissances sont très faibles. Ce serait lui placer d’immenses responsabilités sur les épaules.

En réalité, la liberté de l’Homme réside peut-être ailleurs. Conscient de ses déterminismes, renonçant à l’illusion du libre-arbitre, il lui reste le choix de refuser son destin ou de l’accepter, de résister ou de lâcher-prise, de souffrir ou d’être heureux.

Par conséquent, nous avons la possibilité de composer notre univers intérieur, c’est-à-dire d’écrire notre “avenir mental” : un avenir fait d’attentes, d’illusions et de souffrance, ou au contraire de connaissance, d’émerveillement, d’acceptation et d’espérance.

S’il y a choix, il relève donc de notre conscience. Une conscience qui ne pourra s’ouvrir que par l’effort, la curiosité et la connaissance de soi.

L’avenir est-il déjà écrit ? Approche spirituelle.

Les grandes traditions spirituelles et religieuses s’intéressent à la question de l’avenir, du destin et de la liberté. Elles naviguent entre l’affirmation d’un ordre supérieur inaltérable auquel on ne peut que se soumettre (l’avenir est écrit) et le rappel de chacun à sa responsabilité individuelle, ce qui implique l’existence d’un libre-arbitre (à nous d’écrire l’avenir).

Selon qu’on aborde la question par la métaphysique ou par la morale, la réponse est donc susceptible de varier. Toutefois, les spiritualités les plus avancées invitent toutes à renoncer à l’illusion d’un libre-arbitre égoïste pour entrer dans une autre forme de liberté, fondée sur le lâcher-prise, l’abandon des désirs, des attentes et des peurs.

Au final, notre avenir se compose plus de choix de conscience que de choix matériels. Les notions d’éveil et de progrès pourraient bien alors remplacer celle d’avenir.

Je suis la Vie singulière qui se crée en permanence à travers moi. Avant que je fasse ce geste, rien n’était écrit. Quand j’ai fais ce geste, il était écrit de toute éternité. Car je crée l’expérience que je vis.
Patrice Graffand

Dans la tradition soufie, l’ignorant est celui qui se demande ce qu’il va faire de sa vie.
Le sage, lui, dit : “Mon Dieu que vas-tu faire de moi ?”
“Que dois-je faire de ma vie ?” est une mauvaise question.
Attends et vois ce que fait la vie.

Foster

Vous n’attirez pas ce que vous voulez,
vous attirez ce que vous êtes.

Dr. Wayne Dyer

Deviens celui que tu es !
Pindare

Lire aussi notre article : Le temps est-il linéaire ou cyclique ?

Modif. le 25 juin 2021

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