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Croyances et illusions : quel est notre rapport à la réalité ?

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Que sont nos croyances et nos illusions ? Comment définir notre rapport à la réalité et à la vérité ? Comment sortir de l’illusion et accéder à la connaissance ?

Nous vivons dans un monde de croyances : notre perception imparfaite et parcellaire de ce qui nous entoure nous empêche d’accéder au réel.

Pire, le désir de garder le contrôle nous amène à nous enfermer dans nos croyances. Nous nous accrochons à nos habitudes et nos conditionnements, à ce “moi” que nous tentons de protéger des menaces extérieures.

Les illusions forment notre monde connu : elles construisent l’individu que nous croyons être, à l’instar des prisonniers de la caverne de Platon qui ne percevaient que des ombres, qu’ils prennent pour la réalité.

Tentons de définir ce que sont les croyances et les illusions.

Lire aussi notre article : La réalité, qu’est-ce que c’est ?

Croyance, illusion, conviction, foi… tentatives de définitions.

Les croyances.

Les croyances sont des idées auxquelles notre esprit adhère, qui nous paraissent vraies ou réelles. Les croyances sont des certitudes (convictions) ou des quasi-certitudes (opinions). Elles laissent rarement place au doute. Fondées ou non sur la raison, les croyances peuvent être de différents types :

  • les croyances irrationnelles : par exemple les superstitions,
  • les croyances rationnelles : elles découlent d’un raisonnement qui semble rigoureux.

Les croyances sont par définition limitées, car elles sont issues de notre perception. Elles sont illusoires.

La foi.

La foi est une adhésion ferme et entière de l’esprit à ce qu’il considère comme une évidence, sans qu’il se sente le besoin d’en rechercher des preuves. C’est une conviction intime et profondément ancrée. La foi va au-delà de la croyance ; elle s’appuie sur l’intuition, qui dépasse l’intellect.

Mais là encore, il faut distinguer plusieurs types de “foi” :

  • elle peut être vue comme une simple forme de croyance irrationnelle et dogmatique (croyance en Dieu notamment) voire fanatique,
  • elle peut au contraire être vue comme une expérience spirituelle, un phénomène au-delà du dualisme rationnel-irrationnel. La foi relève alors de l’ineffable, de l’indicible.

Pointons les différences fondamentales entre croyance et foi :

  • les croyances sont éphémères et évolutives alors que la foi est durable,
  • les croyances peuvent être remises en cause alors que la foi est immuable,
  • les croyances sont diverses alors que la foi est “entière”.

Quel rapport à la vérité ?

Les croyances semblent vraies jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’elles étaient fausses. Les croyances d’aujourd’hui seront caduques demain et ramenées au rang d’illusions.

Le chemin de la vérité consiste donc à s’écarter de nos croyances. Mais comment réfléchir et progresser si l’on ne croit plus en rien ? Comment construire un raisonnement, un chemin de progression, si toutes les hypothèses sur lesquelles nous nous appuyons sont erronées ?

Ce paradoxe ne doit pas nous inquiéter. En fait, nos croyances et nos illusions ne sont pas “mauvaises” en soi. Elles ne sont pas là par hasard, elles ont des raisons d’exister. Elles nous permettent même de vivre : elles sont consubstantielles de l’humain, cet être qui a besoin de représentations, de projections, d’orientations pour dompter son mental et trouver sa place dans la société.

Le but n’est donc pas de rejeter nos illusions, ou de les détruire, mais de les dépasser. Il s’agit de prendre appui sur nos croyances pour les décortiquer, les analyser et les comprendre. C’est alors qu’elles s’effaceront.

Croyances et illusions : quelques exemples.

Voici quelques exemples de croyances destinées à être dépassées :

  • l’idée que le mal existe (lire notre article : Le mal existe-t-il ?)
  • l’idée que nous jouissons d’un libre-arbitre (lire notre article : Le libre-arbitre, une illusion ?)
  • l’idée que nous existons de manière autonome (lire notre article sur le non-soi du bouddhisme)
  • l’idée que les choses peuvent se maintenir telles qu’elles sont (lire notre article sur l’impermanence du bouddhisme)
  • l’idée qu’il est possible de voir les choses telles qu’elles sont (c’est l’objet de cet article).

Bien entendu, il appartient à chacun de développer ses propres réflexions sur chacune de ces questions…

Le chemin de la vérité et de la connaissance.

La connaissance consiste à s’arracher de notre monde connu et fermé, celui de nos croyances et illusions déconnectées. Il s’agit de renoncer à ce que nous croyons posséder.

Marcher sur le chemin de la connaissance, c’est adopter une certaine posture qu’on peut qualifier de “sage” et qui consiste :

  • à pratiquer le doute,
  • à refuser le jugement,
  • à avoir l’intention de comprendre et de mieux se connaître,
  • à privilégier le questionnement pour rechercher les causes de ce qui nous entoure (et de nous-mêmes), plutôt que de se réfugier dans des réponses toutes faites,
  • à accepter les choses et aimer la vie, dans une logique d’ouverture,
  • à cultiver la foi, dans le sens d’une espérance de progrès.

Lire aussi notre article : La connaissance de soi rend libre : illustration par un schéma.

Pour votre bibliothèque :

  • La petite voix, d’Eileen Caddy. Un petit trésor de méditation quotidienne : une pensée à lire chaque soir.

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