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Quel est le but de la vie ?

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Quel est le but de la vie humaine ? Quel est le sens de notre passage sur Terre ? Faut-il avoir un but dans la vie ?

La question du but de la vie peut être abordée de plusieurs manières différentes, qui recoupent plus ou moins bien celle du sens de la vie.

On peut d’abord se demander si c’est la vie qui a quelque chose à nous proposer (il y aurait un message à déchiffrer, un sens à découvrir) ou si c’est nous qui devons agir pour donner du sens à ce que nous vivons. Ce qui nous amènera à distinguer les deux expressions but de la vie et but dans la vie.

Ceci posé, on peut distinguer trois manières d’aborder le but de la vie, les deux premières étant plus dynamiques que la dernière :

  • la première approche consiste en une quête : il s’agit de savoir s’il y a un mystère à découvrir (quelque chose à voir et à comprendre, un sens à déceler) et si oui lequel,
  • la deuxième consiste à se fixer des objectifs de vie, à accomplir des actes conformes à la morale, aux valeurs universelles ou aux “lois cosmiques“. Dès lors, il s’agira de se fixer des objectifs et de s’y tenir, par exemple aider les autres, lutter contre les injustices, changer le monde, ou tout simplement fonder une famille, élever du mieux possible ses enfants…
  • enfin, une dernière approche consistera à accepter ce que nous vivons, sans montrer d’ambition particulière, sans se fixer d’objectif précis, sans chercher à changer le cours des choses. Un peu comme si la vie portait en elle-même son propre but, qu’il s’agirait simplement de reconnaître et d’épouser.

Il faudra donc choisir entre quête spirituelle, action concrète et art de vivre. A moins que ces trois approches puissent se recouper…

Voyons quel est le but de la vie en philosophie et spiritualité.

Lire aussi notre article : Comment changer le monde ?

Le but de la vie sur le plan biologique.

Avant d’aborder le but de la vie sur le plan philosophique, il faut décrire le principe de la vie au sens biologique.

La vie est un phénomène mystérieux qui modèle et anime la matière, se fondant sur l’organisation, l’adaptation et la transmission. En ce sens, le but de la vie est le progrès.

Paradoxalement, ce perfectionnement permanent se fonde sur la mort : c’est parce des individus meurent que d’autres, plus performants, peuvent prendre leur place.

On peut donc dire que la vie se fonde sur la transmission, laquelle est indissociable de la mort. Le but de chaque individu n’est donc pas de se sauver lui-même, mais de vivre pour mourir et “passer le témoin”.

Cette analyse trouve son écho en philosophie et spiritualité : le but de la vie peut être compris comme le fait d’accomplir son destin puis de s’effacer ; l’acceptation de la mort serait ainsi la clé du bien-vivre.

Le but de la vie en philosophie.

La philosophie est autant un travail de recherche de la vérité qu’un questionnement éthique et un art de vivre.

Le but est donc à la fois d’accéder à la connaissance, d’adopter un comportement juste et d’atteindre le bonheur et la sérénité. La sagesse se situe au carrefour de ces trois ambitions.

Cependant, les courants philosophiques abordent différemment la question du but de la vie :

  • pour les platoniciens et les idéalistes, le philosophe doit rechercher le Vrai, le Beau, le Bien et le Juste, c’est-à-dire les idéaux qui se cachent derrière nos perceptions. Le but de la vie est donc la quête de la vérité, au-delà de toutes les illusions,
  • pour les stoïciens, les épicuriens et les sceptiques, le but de la vie est d’atteindre une forme de bonheur stable, appelée ataraxie. Toutefois, les écoles divergent sur le moyen d’y parvenir : les épicuriens prônent la modération dans les plaisirs ; les stoïciens appellent à accepter tout ce qui ne dépend pas de nous (Epictète) ; les sceptiques prônent la suspension du jugement,
  • pour Descartes, l’individu doit changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, ce qui rappelle la logique stoïcienne voire taoïste (voir plus bas),
  • pour les moralistes (Kant), l’individu doit se conformer à la morale universelle : il doit agir en se mettant à la place des autres : c’est l’impératif catégorique,
  • pour les existentialistes, il appartient à chaque individu de définir le but de sa vie, au-delà de toute doctrine ou morale,
  • pour les nihilistes, la vie n’a pas de sens en elle-même. Le but de la vie pourrait donc être d’accepter le néant et la mort.

Il sera intéressant de compléter ces doctrines philosophiques par une approche spirituelle plus intuitive.

Le but de la vie dans les grandes traditions spirituelles et religieuses.

Pour les taoïstes, notamment Lao-tseu, le but de la vie est de se libérer de ses propres désirs et pensées, seul moyen d’accéder à la compréhension des mystères. Sur le plan moral, l’individu doit agir sans rien attendre : l’action doit être naturelle et spontanée, elle doit se placer dans l’ordre des choses (le tao). Ainsi, l’individu ne doit avoir d’autre but que de vivre sa vie, sans se laisser envahir par ses pensées subies.

Le Maître, en demeurant dans le Tao,
crée un exemple pour tous les êtres. (…)
Parce qu’il n’a aucun but,
tout ce qu’il fait réussit.

Tao Te King, 22

Pour Lao-tseu, il est vain de vouloir changer le monde :

Souhaites-tu rendre le monde meilleur ?
Je ne pense pas que cela puisse se faire.
Le monde est parfait.
On ne peut le rendre meilleur.
Si tu travailles à le changer, tu le détruis.
Si tu veux le saisir comme un objet, tu le perds.

Tao Te King, 29

Dans le bouddhisme.

L’objectif du bouddhisme est de se libérer de toute forme de souffrance, notamment psychique. Il s’agit de comprendre les sources de cette souffrance (ignorance, soif, aversion) et d’emprunter le chemin de la libération de la souffrance.

La fin de la souffrance conduit à l’affranchissement de l’être par rapport à son propre corps, à ses sensations, à ses perceptions, à ses formations mentales, ce qui permet d’accéder à la réalité absolue, à l’apaisement et au nirvana.

Dans sa dimension morale, le bouddhisme accorde aussi une grande importance à la compassion : le but est de se libérer soi-même, mais aussi d’aider les autres à vaincre leurs tourments.

Enfin, le bouddhisme rejoint le taoïsme à travers le principe de vacuité : tout est vide d’existence et d’essence propre. Il est donc vain de s’attacher à un but ou une ambition quelconque.

Le but de la vie dans l’hindouisme.

Dans l’hindouisme, le but de la vie est d’atteindre l’atman : le vrai Soi.

L’individu est donc amené à découvrir la véritable nature de son existence, au-delà des illusions dues à ses perceptions et à son individualité. Son âme est destinée à s’unir à la grande âme universelle (le brahman) : cette union est appelée nirvana.

Concrètement, il s’agira de renoncer à son ego, à ses désirs et à ses ambitions pour atteindre la connaissance suprême et l’illumination, autrement dit l’essence véritable.

Dans le judaïsme et le christianisme.

Pour les Juifs et les chrétiens, le but de la vie réside en l’alliance avec Dieu, selon un double-mouvement vers le bas et vers le haut :

  • Dieu descend sur Terre, se manifeste, délivre son message, envoie son Fils unique, lequel se définit comme la Voie, la Vérité et la Vie,
  • en parallèle, les êtres humains sont invités à sacrifier leur individualité, à renoncer à leurs égarements pour s’élever vers Dieu, pour comprendre son message.

Cette rencontre entre Dieu et l’Homme permet à ce dernier d’accéder au Royaume : un espace de connaissance, d’Amour, de paix et de sérénité ; un lieu d’émerveillement et d’immortalité.

Dans l’Islam.

Dans l’Islam, le but de la vie est de marcher vers Dieu, de l’adorer et d’entrevoir le sens de son message par le don précieux de la raison.

Loin d’être vaine, la vie est une expérience sacrée qui nécessite un travail sur soi permanent pour être comprise.

En alchimie et en franc-maçonnerie.

L’alchimie spirituelle et la franc-maçonnerie décrivent une démarche de transformation, le but étant d’universaliser et de spiritualiser son être.

Cette “transmutation” passe par la connaissance de soi et des autres, effort qui permettra de lever les voiles de l’ignorance, de la peur, de l’orgueil et de l’ambition qui empêchent l’homme de trouver sa véritable place dans le cosmos.

La Franc-Maçonnerie a pour but de lutter contre l’ignorance sous toutes ses formes. C’est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’Humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique.
Rituel d’initiation au 1er degré maçonnique

Conclusion sur le but de la vie.

Au final, il semble que la vie contienne en elle-même son propre but. Mais attaché à son individualité, l’être humain ne le perçoit pas : c’est ainsi qu’il s’empêche de vivre.

Pris dans ses désirs et ses attentes, l’être humain perd le sens, un sens qu’il tente parfois de rétablir en s’attachant à de fausses certitudes ou de vaines ambitions, oubliant que seul un véritable lâcher-prise permettra de percevoir l’évidence et de réintégrer le paradis perdu.

Ainsi, l’être éveillé est sans doute celui qui prend la vie comme un don, comme une chance. Il est celui qui s’émerveille devant l’expérience qu’il vit au sein de la matière, et qui accepte de se livrer totalement à son destin.

Quelques citations sur le but de la vie.

Le but de la vie est la vie.
Louis Pauwels

C’est la mort qui console, hélas et qui fait vivre ;
C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre
Et nous donne le coeur de marcher jusqu’au soir.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Le principal but de la vie, c’est aimer. Le reste est silence.
Paulo Coelho

Modif. le 13 juin 2021

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