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La morale en philosophie : définition

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La morale, définition philosophique : qu’est-ce que la morale et quelles sont ses limites ? A quoi sert la morale ? Quelle différence avec l’éthique ?

Le terme morale vient du latin moralis qui signifie “relatif aux mœurs”. La morale est largement liée à la tradition antique et catholique.

La morale est un des fondements de nos sociétés. Elle distingue entre le bien et le mal et énonce des principes qui se veulent absolus.

Mais si la morale paraît figée, la réalité montre qu’elle est plus relative qu’il n’y paraît.

Tentons de définir la morale et de comprendre ses limites.

La morale : définition philosophique.

La morale, définition philosophique : La morale est l’ensemble des principes, règles et usages qui dictent ou limitent les comportements au sein de la société.

La morale définit donc un ensemble de règles de conduites jugées “bonnes” ou conformes à l’éthique. Elle permet de juger les comportements en ce qu’ils sont compatibles ou non avec ces règles.

De la morale découlent les lois et les normes, c’est-à-dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire, en d’autres termes les obligations (devoirs) et interdictions de chacun. La liberté de l’individu commence une fois qu’il s’est conformé à ces normes.

Pour Kant, la vraie morale correspond au fait d’agir par pur devoir, et non simplement parce qu’on y est obligé ou intéressé. Il s’agit là d’une morale individuelle. Nous nous en tiendrons cependant à la morale au sens social.

Par quoi la morale est-elle sous-tendue ?

Le plus souvent, la morale découle de valeurs incontestables ou de lois présentées comme universelles.

Parmi les multiples fondements de la morale, on relèvera :

  • les us et coutumes (traditions, expérience séculaire),
  • la loi divine (commandements, textes religieux, vérités révélées, dogmes),
  • les valeurs ou idéaux nés lors des différents processus d’évolution sociale.

Dans certains cas, la morale peut-être sous-tendue par la raison, par exemple si elle découle de la pensée de  philosophes (pour Descartes, la morale est le plus haut degré de la sagesse), ou si elle est issue d’un processus démocratique éclairé.

En réalité, la raison est souvent étrangère à la morale. Car, plutôt que d’être la science du vrai et du faux, la morale est avant tout celle du bien et du mal.

A quoi sert la morale ? A distinguer entre le bien et le mal.

La morale comporte une dimension pratique, en ce qu’elle permet de savoir immédiatement ce qui est bien et ce qui est mal dans une société donnée. La morale est donc la science du bien et du mal. 

La difficulté réside dans le fait que le bien et le mal sont des notions relatives : ce qui est bien pour un individu sera mal pour un autre. La morale résout ce problème en s’octroyant le monopole de la définition du bien et du mal.

Cela est sans doute essentiel pour garantir l’intérêt général et maintenir la cohésion sociale : les règles du jeu sont claires et nul ne pourra dire qu’il ne savait pas. Mais en contrepartie, la morale se double le plus souvent d’un pouvoir coercitif, qui aux yeux de certains pose un problème de légitimité, d’autant plus si ce pouvoir est monopolisé par une oligarchie.

Lire aussi notre article : Le mal existe-t-il ?

La morale, libre arbitre et punition.

La morale est indissociable du libre arbitre : elle sous-entend que l’individu commet le bien ou le mal en conscience. Par son libre choix, il décide de se conformer à la loi supérieure, ou de la transgresser. Par conséquent, la sanction doit être immédiate pour ceux qui refusent de se plier à la loi.

Pourtant, l’homme est loin d’avoir le total contrôle de son comportement. Il est en effet soumis à des influences qu’il ne maîtrise pas : origine sociale, éducation, culture familiale, relations, conditions de vie, déterminismes génétiques, prédispositions mentales, etc. (lire notre article : Le libre arbitre : une illusion ?)

Ainsi, certains individus seront naturellement amenés à enfreindre les lois morales, consciemment ou non. Les sanctionner ne suffira bien sûr pas à garantir l’harmonie et le progrès social.

On comprend donc que la seule morale est insuffisante à assurer l’épanouissement et le bonheur au sein de la société.

Les limites de la morale.

La morale est-elle la meilleure des politiques ? Voici quelques arguments qui montrent que la morale seule ne peut garantir une société parfaitement harmonieuse :

  • La morale est d’abord fortement déterminée par la culture. Elle peut donc varier d’une société à l’autre, et évoluer dans le temps. Elle se veut absolue et universelle mais elle est en réalité relative. De ce fait, la morale est souvent contestée au sein même d’une société donnée. Elle crée des désaccords entre “conservateurs” et “progressistes”, “rigoristes” et “libéraux”, ces oppositions pouvant produire de la violence.
  • D’autre part, la morale a un côté intransigeant et rigide. Les règles doivent être appliquées et respectées sans discuter, même si elles ne sont pas comprises. Cette incompréhension peut nourrir une certaine résistance : les individus chercheront à transgresser les règles. Les prisons se rempliront et la société ne s’en portera pas mieux pour autant.

Face à ces limites, il semble qu’il faille revoir la place de la morale dans la société :

  • la morale devrait pouvoir être expliquée au plus grand nombre, en particulier à travers l’instruction civique et la philosophie,
  • la morale devrait moins dépendre des traditions que du libre choix démocratique.

Au final, la morale devrait être pensée et présentée comme un chemin d’accès au bonheur, et non comme un instrument visant à distinguer les “bons” des “mauvais”. En ce sens, l’éthique apparaît comme une notion plus ouverte et plus adaptée aux enjeux de nos sociétés actuelles.

Morale, éthique et Justice.

Alors que la morale consiste à juger, l’éthique cherche le comportement le plus raisonnable, susceptible de mener au bonheur global : celui de l’individu et de la société toute entière. Alors que la morale est Devoir, l’éthique tend à l’Amour.

D’autre part, l’éthique rejoint la Justice en ce sens qu’elle prend en compte la nécessaire cohésion sociale (nécessité de lois) en même temps que le facteur humain (principe de tolérance).

Au final, l’éthique est une morale comprise.

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