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Quel est le sens de la vie ? (philosophie, spiritualité)

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Quel est le sens de la vie humaine ? La vie a-t-elle un sens ? Comment donner une direction à son existence ? Approche philosophique et spirituelle.

Tout être humain se pose la question du sens de la vie, notamment lorsqu’il traverse une période de doute, de mal-être ou de dépression, ou encore lorsqu’il constate le malheur et la souffrance dans le monde. Il s’agit d’un questionnement métaphysique fondamental.

Pour les nihilistes, la vie n’a aucun sens : l’existence est absurde et il est vain de vouloir trouver une quelconque explication ou vérité.

Pour les existentialistes, il appartient à chaque individu de choisir son destin, ses valeurs et le sens de sa vie, au-delà de tout concept, doctrine ou morale.

Dans notre société occidentale, la question du sens de la vie est souvent traitée de manière utilitariste : le but est d’éprouver du plaisir, d’être heureux, d’oublier ce qui fait souffrir. On cherche à profiter et à s’épanouir, par exemple en voyageant, en consommant ou en faisant la fête.

Pour d’autres, le but sera de fonder une famille, d’éduquer ses enfants : le sens de la vie est alors de transmettre la vie ainsi que les valeurs et savoirs associés.

Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur les définitions des mots “sens” et “vie”.

Le sens de la vie : définition de “sens” et de “vie”.

Le mot “sens” comporte trois acceptions :

  1. sensation,
  2. direction,
  3. signification (d’un mot, d’une phrase, d’un acte, ou de la vie en général).

Or, chacune de ces trois acceptions éclaire la question du sens de la vie :

  • les sensations” (à travers les cinq sens) permettent l’interaction avec l’environnement : c’est une des caractéristiques des êtres vivants,
  • la direction” est une orientation, un choix. Or le phénomène de la vie évoque une voie, un chemin sous-tendu par des objectifs (progrès, survie, persévérance, transmission…),
  • enfin la signification” renvoie directement à la question “pourquoi la vie ?” à laquelle il n’existe pas de réponse universelle.

Le phénomène biologique de la vie : interprétation.

La vie, en tant que phénomène biologique, peut se définir comme une force capable de modeler la matière. En effet, la vie se nourrit de matière inerte, qu’elle transforme, façonne et ordonne.

La vie s’adapte, s’auto-programme. Elle est intelligence et volonté organisatrice.

On peut voir la vie comme un ensemble de “valeurs” :

  • apprentissage,
  • prudence,
  • adaptation,
  • persévérance,
  • courage,
  • espérance,
  • progrès (complexification…),
  • transmission (ADN, éducation…),
  • sacrifice,
  • acceptation,
  • beauté,
  • harmonie,
  • force,
  • créativité,
  • sobriété,
  • etc.

Allons plus loin et citons d’autres valeurs de la vie :

  • l’unité : la vie dépasse ses luttes intestines (prédation, guerres…) pour en ressortir plus forte dans son ensemble,
  • l’amour : la vie embrasse les difficultés et la mort ; elle n’agit jamais contre ses adversaires (la matière inerte, l’environnement hostile) mais sait en tirer parti pour s’améliorer et progresser,
  • la solidarité : les êtres vivants se sacrifient pour la cause de leur espèce et de la vie en général. Les individus meurent pour laisser la place à une descendance plus adaptée,
  • la sagesse : la vie ne prend pas parti, ne juge pas, n’a pas d’ennemi : elle ne fait que s’adapter. Les cataclysmes et les phénomènes destructeurs n’appellent pas de révolte de la part de la vie, mais un simple repli pour mieux rebondir.

Au final, les mots vie et sens sont synonymes : la vie EST sens. Aimer la vie, c’est épouser les valeurs qui en font le sens.

Lire aussi notre article : La vie : définition scientifique et philosophique.

La vie a-t-elle un sens ? L’approche du philosophe.

La philosophie (philo-sophia : “amour de la sagesse”) est non seulement une réflexion sur les grandes questions métaphysiques, mais aussi et surtout une éthique de vie. Le philosophe recherche la logique du raisonnement, et par conséquent il ordonne sa pensée, lui donne un sens, qui fondera son éthique ainsi que ce qui sera pour lui le sens de la vie.

Le philosophe est en quête de la connaissance des grandes lois universelles ; il s’attache à la morale et tend à la sagesse.

Pour le philosophe, la recherche du bonheur n’est pas une fin en soi. Il est avant tout en quête de vérité, mais une quête qui pourrait bien l’amener au bonheur et à la sérénité. Voilà peut-être le sens de sa vie.

Le sens de la vie dans le christianisme.

Dans le christianisme, la vie est sacrée. Son sens apparaît à travers la foi, qui permet la rencontre intime avec Jésus et l’alliance avec Dieu.

En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.
Jean 14, 20-21

Le sens de la vie chrétienne réside dans l’amour, l’accueil du mal (cf la Passion), le pardon et le sacrifice. Loin d’être une faiblesse, le don de soi est une vertu qui permet d’accéder à la grâce et au Royaume de Dieu. Car seul l’amour peut dissoudre le mal.

Cette vision s’accompagne de valeurs morales et d’une éthique de vie : 

  • les trois vertus théologales sont la foi, l’espérance et la charité,
  • les quatre vertus cardinales sont la prudence, la tempérance, la force et la justice.

Le sens de la vie dans le bouddhisme.

Le bouddhisme part du constat que la vie est souffrance. Cette souffrance est causée par l’ignorance, l’attachement et l’aversion, trois “poisons” qui rendent les êtres prisonniers de leurs pensées, de leurs désirs et de leurs peurs.

La compréhension de ce mécanisme malsain est le premier stade de la libération. Le bouddhisme décrit ensuite un chemin qui mène à l’extinction de la souffrance : c’est le Noble Sentier Octuple. Ce dernier consiste en une éthique de vie et des pratiques à respecter, parmi lesquelles le respect, la bienveillance, l’effort et la méditation.

Au bout du chemin se trouve le nirvana : c’est l’extinction de toute souffrance, l’atteinte d’une conscience pure et parfaite donnant accès à la paix intérieure et à la vérité.

Dans le taoïsme.

Le taoïsme appelle à la fois à accepter et dépasser la dualité qui caractérise notre existence dans le monde manifesté :

Si tu veux être entier,
laisse-toi être partiel.
Si tu veux être droit,
laisse-toi être tordu.
Si tu veux être plein,
laisse-toi être vide.
Si tu veux renaître,
laisse-toi mourir.
Si tu veux que tout te soit offert,
renonce à tout ce que tu as.
(…) Le Maître, parce qu’il n’a aucun but,
réussit tout ce qu’il fait.
Tao Te King, 22

Le taoïsme invite aussi à accepter le monde tel qu’il est :

Souhaites-tu rendre le monde meilleur ?
Je ne pense pas que cela puisse se faire.
Le monde est parfait.
On ne peut le rendre meilleur.
Le Maître voit les choses comme elles sont,
sans tenter de les contrôler.
Il les laisse suivre leur cours,
et demeure au centre.
Tao Te King, 29

L’acceptation de l’ordre du monde (le tao) amène l’individu à abandonner son ego, ses jugements et ses ambitions, lui donnant accès à la sérénité et au bonheur :

Ouvre-toi au tao,
puis fais confiance à tes réponses naturelles ;
et tout prendra sa place.
Tao Te King, 23

Tel est donc le sens de la vie dans le taoïsme.

Lire aussi notre article : Comment changer le monde ?

Conclusion.

Le sens de la vie est d’abord une question intime, une quête personnelle, laquelle passe en particulier par une meilleure connaissance de soi.

Pour le philosophe, le sens de la vie consiste précisément à essayer d’en trouver le sens. Pour le mystique, la vie EST sens. Pour le croyant, la vie est cette énergie qui ordonne le chaos par sa générosité et la puissance de son amour infini.

Lire aussi notre article : Qui suis-je ? Que suis-je ?

La vie et le bonheur.

Tout être humain aspire au bonheur. La quête du bonheur se confond parfois avec la quête de sens. Mais ce bonheur ne peut être égoïste : la vie incite à se tourner vers les autres.

Le bonheur non-égoïste est certainement une sorte de calme intérieur, un apaisement rendu possible par l’observation, la compréhension, l’acceptation et l’abandon des préjugés. La poursuite de cet état peut constituer une réponse à la question du sens de la vie.

La contemplation.

Enfin, la contemplation est peut-être l’une des pratiques qui répond le mieux à la question “quel est le sens de la vie ?”

C’est en particulier le cas si l’on considère que la raison de notre existence sur Terre est de contempler la merveilleuse œuvre de Dieu.

C’est d’autant plus le cas quand la contemplation nous amène à comprendre que nous sommes peut-être nous-même Dieu qui contemple son œuvre.

Un ouvrage sur le thème du sens de la vie.

Le roman Esther Jones et les 7 secrets de la Croix a pour thème principal la quête du sens de la vie. L’héroïne, lourdement marquée par un terrible événement, reprend goût à la vie en partant à la recherche des fragments de la Croix du Christ.

Modif. le 9 septembre 2020

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