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Comment changer le monde ?

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Comment changer le monde ? Peut-on changer le monde, faut-il vouloir le changer ? Quel doit être notre rôle au sein de l’humanité ?

Face à tous les malheurs et désordres qui secouent la planète (inégalités, injustices, souffrance, misère, exactions, guerres…), il peut sembler naturel de vouloir changer le monde. Vient alors l’envie de s’engager, de participer à des missions humanitaires, d’aider les populations des pays pauvres, d’adopter un nouveau mode de vie, ou de militer.

Vouloir agir part toujours d’un bon sentiment, mais cela peut aussi cacher des motivations plus ambiguës.

Au-delà des bonnes intentions, l’envie d’agir peut être liée à notre orgueil. C’est la conviction d’avoir une mission à accomplir. C’est le sentiment de savoir mieux que les autres quel est le comportement à adopter. C’est l’illusion de détenir la vérité, ce qui amène à tout juger en bien et en mal, à séparer les bons et les méchants.

Le risque de dérive est évident : l’ambition peut mener au fanatisme. Vouloir sauver l’humanité nous plonge dans l’intolérance et le rejet de ceux qui ne pensent pas comme nous.

Pourtant, il existe une autre voie pour agir, plus sereine et plus efficace.

Voyons s’il faut changer le monde et comment changer le monde.

Comment changer le monde ? / Faut-il changer le monde ?

Avant de chercher à savoir comment changer le monde, il faut se demander s’il faut vraiment le changer.

Vouloir changer le monde, c’est penser que les choses ne sont pas en ordre. C’est considérer que certains individus sèment volontairement le chaos, que l’humanité fait fausse route, ou que la voie du progrès pourrait être plus rapide.

Certaines traditions spirituelles considèrent à l’inverse que l’ordre règne dans le monde. C’est par exemple le cas du taoïsme :

Souhaites-tu rendre le monde meilleur ?
Je ne pense pas que cela puisse se faire.
Le monde est parfait.
On ne peut le rendre meilleur.
Le Maître voit les choses comme elles sont,
sans tenter de les contrôler.
Il les laisse suivre leur cours,
et demeure au centre.
Tao Te King, 29

Cette approche peut sembler passive. Mais elle est avant tout une invitation à comprendre le mécanisme des forces à l’oeuvre.

La vision taoïste repose sur l’équilibre des forces : vouloir influencer le cours des choses dans un sens aboutirait à un retour de balancier dans l’autre sens. Ainsi, l’action est souvent contre-productive car elle déclenche des réactions inattendues et néfastes.

D’autre part, le taoïsme, comme d’autres traditions philosophiques, soutient l’idée que l’état du monde est le résultat d’un enchaînement logique de causes qu’il convient avant tout d’identifier et de comprendre.

Avant de vouloir changer le monde, il faut donc faire l’effort de le comprendre. Il s’agit de mettre les choses en perspective, de rechercher les causes des événements, et aussi de se placer dans une posture d’acceptation.

Un lâcher-prise qui, paradoxalement, éclairera et renforcera l’action.

Comprendre et accepter, c’est arrêter d’interpréter la réalité, c’est renoncer à voir le bien et le mal partout. Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, ceux qui causent la souffrance, la misère et la guerre ont de bonnes raisons d’agir comme ils le font : leur instinct, leur histoire personnelle, leurs habitudes, leur éducation, leur culture ou leur psychologie le leur commandent.

Ainsi, changer le monde consiste non pas à pointer du doigt, à accuser, ou dénigrer certains comportements, mais à comprendre, tendre la main et aider.

Peut-on changer le cours des choses ?

L’individu orgueilleux croit pouvoir changer le monde. Pourtant, il n’est qu’un individu parmi les 8 milliards qui composent l’humanité : son influence est quasi nulle.

Seul notre ego peut nous faire croire que nous pouvons jouer un rôle déterminant dans la société. Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons aucun rôle à jouer.

En réalité, la moindre de nos actions influence le monde. Faire un achat responsable, renoncer à une mauvaise habitude, prendre une initiative au travail ou simplement tenir une parole bienveillante peuvent changer durablement le monde.

Si à l’échelle de la planète nous ne sommes rien, nous sommes toutefois au carrefour des forces du cosmos : le moindre de nos gestes peut avoir des répercussions positives ou négatives sur l’humanité toute entière.

Il s’agit donc de jouer pleinement notre rôle. Accepter le cours des choses ne signifie pas qu’il faille renoncer à notre destin : si l’envie d’agir est présente, il faut la suivre.

Ainsi, agir à sa mesure, de manière authentique, c’est fuir le sentiment de culpabilité tout comme l’ambition déréglée.

A présent, voyons concrètement comment changer le monde.

Comment changer le monde ?

Nous l’avons vu, renoncer à la prétention de vouloir tout changer ne signifie pas qu’il faille s’abstenir d’agir.

Il s’agit au contraire d’accomplir son destin, tout son destin, mais rien que son destin.

Cela consiste à agir de manière spontanée, en plaçant son action dans l’ordre des choses, sans rien attendre pour soi-même. Cette posture rappelle le stoïcisme, ou encore le non-agir taoïste qui, loin d’être une absence d’action, est une action douce, naturelle et équilibrée.

Ainsi, changer le monde, c’est d’abord se changer soi-même : c’est abandonner sa culpabilité, ses illusions, ses jugements et ses ambitions.

C’est savoir rester serein : tout sentiment de haine ou de rage serait en effet le signe que nous sommes le problème avant d’être la solution.

Si le monde ne va pas comme vous souhaiteriez qu’il aille, il est peut-être mieux que vous changiez vous-même. Ainsi, quelque situation que vous rencontriez, vous éprouverez aise et facilité. (…) Efforcez-vous de ne pas être remué par les valeurs d’autrui, de ne pas être troublé par des soucis sans réelle nécessité, mais vivez une vie d’une simplicité infinie. Shunmyo Masuno (bouddhiste zen)

Agir, c’est d’abord vivre simplement. C’est aussi et avant tout aimer, même si l’indignation est parfois inévitable.

L’indignation saine consiste à se regarder s’indigner : ce recul sur soi préservera de toute haine, orgueil, ambition ou fanatisme. La bienveillance aura tendance à remplacer l’activisme.

Au final, changer le monde, c’est souhaiter la paix pour tous. Cette paix, nous devons d’abord la trouver en nous-mêmes, loin de toute culpabilité ou ambition déplacée.

Lire aussi notre article : Quel est le sens de la vie ?

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