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Les croyances limitantes (psychologie et spiritualité)

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Les croyances limitantes en psychologie et spiritualité : définition et exemples. D’où viennent les pensées limitantes et comment les dépasser ?

La notion de croyance limitante est employée en psychologie, spiritualité et développement personnel pour décrire des pensées auto-alimentées, réductrices et négatives. Il s’agit d’idées difficilement dépassables, ayant tendance à enfermer l’individu dans une certaine vision des choses et de lui-même.

Au-delà de cette asphyxie mentale, les croyances limitantes nous éloignent de la vérité et de la réalité ; elles nous séparent des autres autant que de notre être profond ; elles nous causent de la souffrance.

En philosophie, une croyance est une idée à laquelle notre esprit adhère, par certitude, conviction ou opinion, laissant peu de place au doute. Il peut s’agir de superstitions, de préjugés ou même de raisonnements qui peuvent paraître au premier abord logiques.

Mais l’expression « croyance limitante » est principalement utilisée pour décrire un rapport faussé à soi-même.

Voici quelques exemples de croyances limitantes :

  • peur de ne pas bien faire,
  • désir d’être parfait,
  • impression de ne pas être à la hauteur,
  • peur de ne pas être aimé, ou d’être rejeté,
  • peur d’être jugé,
  • peur de l’erreur,
  • sentiment de ne pas être légitime ou ne pas être à sa place,
  • sentiment d’être indispensable,
  • peur de perdre le contrôle,
  • peur du changement,
  • peur de blesser,
  • etc.

Les croyances limitantes ont à voir avec la culpabilité, la déception, la peur ou la honte. Elles plongent dans l’histoire passée et projettent l’individu dans une certaine vision de l’avenir, l’excluant du présent. Elles sont à l’origine de situations qui se répètent, d’échecs renouvelés ou de schémas limitants. Des situations négatives qui, paradoxalement, renforcent ces fausses croyances…

A l’évidence, on touche ici à la psychologie et à la psychanalyse, bref à la nécessité de comprendre notre fonctionnement intime. Une approche spirituelle pourra venir compléter l’analyse pour aider l’individu à trouver sa juste place dans le monde.

Tentons une approche des croyances limitantes en psychologie et spiritualité.

Lire aussi notre article : Croyances et illusions : quel est notre rapport à la réalité ?

Les croyances limitantes témoignent d’un blocage ou d’une difficulté dans le rapport à soi-même et au monde.

En psychanalyse freudienne, on distingue trois instances psychiques principales qui sont le ça, le surmoi et le moi :

  • le ça, inconscient, est la marmite bouillonnante des instincts, des pulsions et des envies : c’est la force vitale,
  • le surmoi est la règle intérieure (éducation, moralité) qui vient réfréner et censurer le ça,
  • enfin le moi est l’instance qui fait le lien entre le ça et le surmoi, tout en tenant compte des paramètres extérieurs, afin de trouver un équilibre psychique acceptable.

Les croyances limitantes peuvent être dues à un surmoi trop développé, par exemple du fait d’une éducation reçue trop stricte. On se trouve alors face à un moi débordé par la force et la sévérité du surmoi, ce qui peut créer angoisse ou mal-être. Les instincts et envies sont totalement refoulés, la force vitale est soumise, les interdits sont partout.

Lire aussi notre article : Ça, moi et surmoi : définitions

Par ailleurs, il faut parler d’une autre instance psychique parfois incluse dans le surmoi : l’idéal du moi. L’idéal du moi décrit les intérêts narcissiques de l’individu : c’est un modèle de référence que la personne espère atteindre, par exemple un adulte auquel on s’identifie. Un idéal du moi très puissant peut tirer l’individu vers le haut, ou à l’inverse l’écraser sous le poids de l’objectif à atteindre.

D’autre part, les croyances limitantes peuvent apparaître à la suite de mauvaises expériences de vie, par exemple une agression. Dans ce cas, l’instinct de survie et la peur (le ça) viennent limiter toute forme d’initiative personnelle.

De même, les croyances limitantes peuvent être dues à un instinct de conservation trop développé, par exemple la peur de manquer d’argent… Le ça est de nouveau en cause.

Ainsi, combattre ses croyances limitantes consiste d’abord à comprendre les forces à l’oeuvre, puis à se réconcilier avec toutes les facettes de sa personnalité : il s’agit en premier lieu de prendre conscience des mécanismes inconscients qui fondent notre ego.

Le privilège d’une vie, c’est de devenir ce que vous êtes vraiment.
Carl Gustav Jung

Il existe de nombreuses techniques de psychologie ou parapsychologie ayant pour but d’identifier et de traiter les pensées limitantes.

L’une d’entre elles consiste à identifier des situations où des croyances limitantes apparaissent : la première étape est donc celle de la prise de conscience.

Il s’agit ensuite :

  • d’y associer une émotion : tristesse, peur, déception, honte…
  • de décrire la pensée automatique associée : par exemple, « je ne peux pas quitter mon travail car ce serait prendre un risque pour ma famille »,
  • et enfin, d’identifier précisément l’impasse, le nœud à défaire mais aussi le nouveau territoire à explorer.

Beaucoup de traditions spirituelles invitent à dépasser ses limites mentales pour atteindre l’ataraxie, la sérénité et le bonheur, en employant pour cela diverses techniques telles que la méditation ou la prière.

La maîtrise du mental, ce flux ininterrompu de pensées troublées et agitées, est l’une des clés de la guérison.

Il s’agit de passer du moi partiel au Soi universel, autrement dit de trouver la part de nous qui est parfaitement intégrée au monde, légitime et à sa juste place, quelles que soient les contingences, les circonstances ou les souvenirs personnels.

Cette recherche de la paix intérieure passe par la connaissance de soi : seule la lumière de la conscience peut permettre de nous recentrer. En comprenant le fonctionnement de notre machine humaine, nous prenons du recul et sortons de la machine elle-même : nous devenons l’observateur de notre individualité. Nous sortons ainsi de la matière et entrons dans le champ de la spiritualité.

Il y a donc une transformation à opérer, qui rappelle celle de l’alchimie spirituelle. Selon cette approche, notre esprit se trouve enfermé dans une prison très ténébreuse, sous la surveillance étroite de l’âme (le mental), elle-même placée sous la surveillance du corps (l’ego, l’individualité). L’être non-éveillé, prisonnier de lui-même, devra pénétrer son âme pour la libérer du corps, et ainsi renaître à lui-même.

Modif. le 3 février 2024

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