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L’impermanence dans le bouddhisme : définition

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L’impermanence et sa définition dans le bouddhisme : quelle signification ? En quoi est-ce une loi universelle ? Comment méditer sur l’impermanence ?

Cultiver un esprit qui ne s’attache à rien : c’est le but de la pensée bouddhique.

Mais pour en arriver à cela, il faut prendre conscience de l’impermanence des choses, c’est-à-dire du fait que rien de demeure, que tout évolue. Car c’est l’attachement aux choses éphémères qui crée la souffrance.

Dans le bouddhisme, l’impermanence est une loi universelle. C’est l’une des “trois caractéristiques des choses”, les deux autres étant le non-soi et la souffrance. C’est aussi le premier des quatre sceaux du bouddhisme.

Par ailleurs, la fleur est le symbole de l’impermanence : souvent présente sur les autels bouddhiques, elle symbolise l’épanouissement mais aussi le dépérissement.

Voyons quelle est la définition de l’impermanence dans le bouddhisme.

L’impermanence : définition.

Tout ce qui a été réuni se sépare.
Tout ce qui naît, meurt.
Tout ce qui a été construit, s’écroule.
Tout ce qui est composé se décompose.

Définition : L’impermanence est l’idée selon laquelle les phénomènes, les choses, les êtres, les situations, les sentiments évoluent, changent d’instant en instant, se transforment tout le temps.

C’est par exemple le cas de phénomènes qui apparaissent et disparaissent (l’être humain naît, vit et meurt). Mais c’est aussi le cas de phénomènes qui durent toujours mais évoluent (par exemple l’univers).

L’impermanence (anitya) est littéralement la “non-éternité”. Tout est changeant, fragile, tout est flux transitoire. Rien ne peut durer, en tout cas pas sous la même forme.

L’attachement aux choses impermanentes crée l’insatisfaction ou la souffrance.

Quelques exemples :

  • s’attacher à une personne risque d’aboutir au malheur si elle s’éloigne ou disparaît,
  • aimer l’argent va de pair avec la crainte du jour où il viendra à manquer,
  • défendre une cause peut aboutir à la désillusion,
  • soutenir une personne risque de provoquer une déception future,
  • aimer son corps amène la peur du vieillissement,
  • etc.

Le sentiment d’avoir du mal à contrôler ou à maintenir les choses cause un mal-être, allant de l’inquiétude au désespoir en passant par la colère. L’individu a besoin de l’illusion d’évoluer dans un monde stable, mais il doit aussi apprendre à accepter l’impermanence : cette prise de conscience l’aidera progressivement à évacuer son malheur.

Une des caractéristiques des phénomènes conditionnés.

L’impermanence concerne les phénomènes composés, ou conditionnés (causés), en l’occurrence des choses (événements, êtres ou objets) dont l’existence est issue d’une série de causes et de conditions.

A l’inverse, les phénomènes non composés ou non conditionnés sont qualifiés de permanents, par exemple la vacuité ou le nirvana.

L’impermanence et le temps qui passe.

La notion d’impermanence est liée au phénomène du temps qui passe. Le continuum du temps crée l’enchaînement des causes et des conséquences : il met les choses en relation.

Cet enchaînement se retrouve aussi dans le mental pris en tant que succession de pensées.

Il faudrait donc pouvoir sortir du temps pour sortir de l’impermanence, ou au contraire l’accepter totalement.

Impermanence, interdépendance et non-soi.

L’impermanence est causée par l’interdépendance des choses, autrement dit par le continuum espace-temps qui modèle la matière et les pensées.

Il en résulte l’absence d’existence durable : c’est le non-soi (lire notre article sur le non-soi).

Mais si l’individu prend conscience qu’il est inclus dans le fonctionnement du cosmos tout entier, alors il peut comprendre qu’il est à tout instant le reflet de l’univers global et éternel. Il touche alors du doigt sa véritable nature.

Méditer sur l’impermanence.

Contempler l’impermanence est une pratique méditative qui permet de prendre conscience du caractère éphémère de toute chose. Cette observation est la première étape de l’apaisement.

L’apaisement consiste à ne plus tenter de lutter contre l’impermanence, mais au contraire à accompagner le mouvement de la vie. C’est aussi s’inscrire dans l’instant présent.

L’impermanence : une notion au-delà du bouddhisme.

L’impermanence se retrouve bien au-delà du bouddhisme.

Dans la Grèce antique.

Pour Héraclite, philosophe grec VIème siècle avant J-C, tout est en perpétuel changement, ce qui s’oppose à l’idée de permanence, d’identité et d’essence. De fait, rien n’est stable, tout se défait et se recompose constamment.

Héraclite est connu pour ses célèbres formules :

  • Panta rhei (Tout coule, rien ne demeure)
  • On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve

De même, selon Anaxagore (philosophe du Vème siècle avant JC), Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Chez les chrétiens gnostiques.

On retrouve l’idée d’impermanence dans l’Évangile selon Marie-Madeleine : Qu’est-ce que la matière ? (…) Tout ce qui est composé sera décomposé. (7, 1-7).

Dans la Bible.

Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. Genèse, 3, 19.

Chez Lavoisier.

Enfin, le concept d’impermanence peut faire penser à la célèbre formule de Lavoisier (1743-1794, chimiste et philosophe) : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Lire aussi notre article : Vide et vacuité : définition, différence.

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