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Tao Te King 39 : le paradis et l’enfer

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Tao Te King 39 : quelle est la signification de ce verset du Livre de la Voie et de la Vertu ? Comment cultiver l’harmonie du monde ?

Ce chapitre du Tao Te King comporte une dimension très actuelle. Il décrit deux mondes possibles :

  • un monde dans lequel les hommes se comportent conformément au tao : nous avons là une société harmonieuse, prospère et heureuse,
  • un monde dans lequel les principes du tao sont oubliés : c’est un monde de laideur, de souffrance et de désordre.

Cette description rappelle bien entendu celle du paradis et de l’enfer tels qu’on les rencontre dans les monothéismes.

Mais le paradis et l’enfer sont ici avant tout des univers mentaux.

Voici donc Tao Te King 39, texte et commentaire du verset.

Tao Te King 39 : texte.

Entre parenthèses : traduction alternative.

En harmonie avec le Tao, (Dans l’Unité du Tao)
le ciel est clair et vaste,
la terre est ferme et fertile,
les êtres prospèrent ensemble,
satisfaits de ce qu’ils sont,
se multipliant sans cesse,
sans cesse renouvelés.

Quand l’homme interfère avec le Tao,
le ciel devient sale,
(le ciel perd de sa pureté)
la terre s’épuise,
les espèces s’éteignent,
(les dix-mille êtres s’éteignent)
l’équilibre se désagrège.
(les rois sont renversés.)

La Maître voit chaque partie avec compassion,
parce qu’il comprend le tout.
Il pratique constamment l’humilité.

(Les nobles regardent les roturiers comme leur origine.)
Il ne brille pas comme un joyau
mais se laisse modeler par le Tao,
aussi rugueux et commun qu’une pierre.

Tao Te King 39 : le paradis et l’enfer.

Le message de ce verset est assez clair : le paradis appartient à ceux qui se conforment au tao, c’est-à-dire à ceux qui suivent la loi cosmique plutôt que leur propre loi.

Ce paradis est un univers mental dans lequel il est possible d’entrer immédiatement, sans qu’il soit nécessaire de mourir. La seule mort dont il est question ici est l’abandon de notre ancien “moi“, celui qui était fait d’orgueil et d’ambition. Nous entrons dans un nouvel univers, celui de l’être universel.

Concrètement, de quoi ce paradis est-il fait ? D’acceptation et de compassion.

Notre conscience s’est déplacée : autrefois ancrée dans l’ego, elle vit désormais dans le tao et s’ouvre à toutes les choses, tous les êtres, tous les événements.

Ici, acceptation est synonyme de compréhension et d’amour : tout est vrai, juste et légitime. Tout doit être accueilli avec humilité et bienveillance.

Ce recentrage peut aussi évoquer la venue du Christ sur Terre, dans le but de racheter le péché originel d’Adam et Eve, qui ont goûté du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le bien et le mal sont désormais dépassés. Ne reste que l’évidence de l’ordre universel.

Le sage est celui qui se tient en retrait : s’il brille, c’est parce que plus rien en lui ne fait obstacle ; il se laisse traverser par la lumière du tao.

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Modif. le 3 septembre 2020

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