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Le symbolisme de la rose

Le symbolisme de la rose : interprétation. Quelle est la signification spirituelle de la rose ? Quel sens mystique et ésotérique ?

Fragile, éphémère, belle, délicate, raffinée, divine, éternelle… la rose est sans doute la fleur qui possède le symbolisme le plus profond et le plus riche.

Cultivée depuis l’Antiquité, la rose est célébrée et vénérée à travers les époques et les civilisations, notamment en Occident. Elle est associée au romantisme, à l’amour, à la noblesse, à la vie, au printemps, à la jeunesse et à l’immortalité.

La rose est la reine des fleurs, sans doute parce qu’elle exerce un pouvoir fascinant sur les êtres du fait de sa beauté remarquable et de son parfum envoûtant.

La rose évoque la passion, mais une passion qui peut avoir deux sens :

Dans les deux cas, la rose évoque l’exaltation mais aussi la douleur et la souffrance. Souffrance égoïste due à l’attachement dans le premier cas, souffrance due à la mort physique dans le second cas, mais qui permet l’entrée dans une vie nouvelle faite de bonheur et de paix éternelle : voilà la porte du Royaume de Dieu.

Dans les deux cas, le symbolisme de la rose est à mettre en relation avec celui du coeur et du sang.

La rose pique et blesse ; il faut savoir la manipuler, la connaître, ce qui nécessite un effort et une initiation. Ceci nous amènera à évoquer la dimension ésotérique et alchimique de la rose.

Entrons dans le symbolisme de la rose et sa signification cachée.

Lire aussi notre article sur la signification de la couleur rose.

Le symbolisme de la rose : interprétation.

La signification symbolique de la rose varie sensiblement en fonction de sa couleur, qui va du blanc au pourpre foncé en passant par le rose.

La rose évoque d’abord l’amour et les sentiments :

Plus elle est foncée, plus la rose exprime la féminité épanouie et la sexualité ; elle est alors associé aux fleurs ouvertes, sexuellement prêtes.

Au contraire, la couleur rose exprime la candeur et l’ingénuité ; elle est associée aux rosiers en bouton.

La rose dans l’amour courtois et la poésie de la Renaissance.

La rose est la fleur de l’amour courtois ou fin’amor, ce genre poétique du Moyen-Age qui décrit la manière d’aimer sa partenaire (avec courtoisie et honnêteté) dans une perspective de bonheur durable. L’amour courtois nécessite maîtrise de soi, effort et persévérance, des valeurs chevaleresques.

Au Xème siècle en Irak, le grand poète musulman Ibn Dawud (868 – 909) compose le Livre de la rose, dans lequel il définit un véritable code de séduction.

En France, le Roman de la rose (1230-1280) est une célèbre oeuvre poétique du Moyen-Age qui narre un jeu de séduction entre un homme et sa bien-aimée, et ses tentatives de pénétrer dans un verger clos, symbole de la femme à conquérir.

Plus tard, la rose s’impose dans la poésie de la Renaissance :

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Pierre de Ronsard, Les Odes (1550)

La suite de ce célèbre poème de Ronsard évoque le caractère éphémère de cette rose dont la beauté ne dure qu’un jour, et appelle à cueillir le jour présent.

Dans un autre poème, Ronsard évoque le pouvoir régénérateur de la rose :

Douce, belle, amoureuse et bien-fleurante Rose,
Que tu es à bon droit aux amours consacrée !
Ta délicate odeur hommes et Dieux recrée,
Et bref, Rose, tu es belle sur toute chose.

Pierre de Ronsard, Second Livre des Amours (1578)

Ainsi, la rose évoque à la fois l’éphémère et l’éternel. Car si la rose meurt, c’est pour annoncer une renaissance future.

La rose, les cycles et l’éternité.

La rose évoque la jeunesse, le printemps et les cycles. Le caractère éphémère de la vie et la perspective de la mort sont contrebalancés par la capacité de la vie à se renouveler sans arrêt.

C’est ainsi que la rose évoque la roue de la vie, symbolisme que l’on trouve dans la rosace gothique ou encore dans la rose des vents. Le centre de la roue ou de la rose peut représenter l’axe du monde à partir duquel la matière se déploie et se meut. La rose elle-même est le signe de la manifestation : c’est le monde déployé dans toute sa perfection. Le centre de la rose réconcilie la dualité dans l’unité, les cycles dans l’éternité.

Remarque : il existe une pratique qui consiste à mettre une rose sous cloche après lui avoir fait subir un traitement stabilisateur : on parle alors de “rose éternelle”.

La symbolique de la rose : l’éveil, la résurrection, l’immortalité, le Graal.

Comme la fleur qui s’ouvre à la lumière du Soleil, la rose symbolise l’éveil spirituel.

Le chemin spirituel consiste à mourir pour renaître, c’est-à-dire à renoncer à son ancien moi pour découvrir une nouvelle manière d’être au monde.

Le renoncement à soi-même rappelle le sacrifice de Jésus sur la croix, préalable à la résurrection. Jésus montre l’exemple et invite les hommes à abandonner la partie sombre d’eux-mêmes pour entrer dans le Royaume de Dieu, lieu de sérénité et d’éternité. Ce paradis est certainement un jardin peuplé de roses, chacune représentant un être épanoui, un enfant de Dieu.

Cette quête d’immortalité rappelle la quête du Graal. Selon la légende, le Graal est la coupe qui aurait servi à recueillir le sang du Christ. La rose est l’image même de cette coupe : un signe de sacrifice, d’accueil et de compassion.

Le symbolisme de la rose sur la croix (ésotérisme).

L’image de la rose sur la croix est ancienne ; elle a été reprise par de nombreuses sociétés ésotériques (sans forcément de lien entre elles), ce qui en fait encore aujourd’hui un symbole important.

Parmi les plus célèbres, le mouvement Rose-Croix (ou fraternité de la Rose-Croix) est apparu au XVIIème siècle en Allemagne. Ses adeptes prétendent que l’organisation aurait été fondée au XVème siècle par un personnage mythique, Christian Rosenkreutz (nom signifiant “Rose-Croix”). Il s’agit d’un ordre initiatique et hermétique dont le but est d’arriver à la “connaissance cachée”.

Aujourd’hui encore, certaines associations (catholiques, hermétistes, kabbalistes, occultistes…) se réclament de la tradition rosicrucienne.

Les rosicruciens ont pour signe de reconnaissance le symbole de la rose sur la croix :

Symbole Rose-Croix

On remarquera que la rose est positionnée au centre de la croix, au niveau du coeur, au point de réconciliation de toutes les oppositions. Cette rose peut symboliser le Christ, ou simplement l’individu qui s’est recentré et qui a percé les mystères de l’existence.

La rose épanouie symbolise l’ouverture : l’homme éveillé a ôté le voile de ses illusions, il s’est ouvert à l’intuition et à la connaissance ; il se laisse traverser par toutes les forces cosmiques.

Quant à la croix, elle peut représenter le corps physique. Mais cette croix est d’or, car l’homme s’est transfiguré, son corps s’est spiritualisé.

Remarque : la tradition rosicrucienne fait de la rose le symbole de transmutation alchimique ; chaque type de rose est associé à une étape de la transformation de l’être. Dans la plupart des traditions hermétiques, la rose blanche est associées à l’Oeuvre au blanc et la rose rouge à l’Oeuvre au rouge. La rose rouge marque la fixation finale (crucifixion) du principe solaire ressuscité.

Le symbolisme de la rose en franc-maçonnerie.

Dans la continuité de la tradition rosicrucienne, les franc-maçons ont repris le symbolisme de la rose sur la croix et en ont fait un grade maçonnique. Il s’agit en l’occurrence du 18ème degré du REAA (Rite Ecossais Ancien et Accepté) : “Souverain Prince Chevalier Rose Croix”.

Autres parallèles symboliques.

La rose renvoie aux éléments symboliques suivants, dont certains ont déjà été évoqués plus haut :

Enfin selon certains auteurs de roman (cf. le Da Vinci Code), le signe de reconnaissance du prieuré de Sion (gardien du Graal et de la descendance de Jésus) serait la rose, symbolisant le sexe féminin et Marie-Madeleine.

Pour aller plus loin :

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