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Le symbolisme de la femme et du féminin

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Le symbolisme de la femme : quelle est sa signification ? Qu’évoquent le féminin et la féminité par rapport au masculin ? Tentative d’interprétation.

Fragile, faible et passive, ou au contraire forte et conquérante, la femme véhicule un symbolisme ambigu, parfois déroutant, souvent mystérieux.

Dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir constate que l’homme est souvent considéré comme l’absolu et la femme le relatif : la femme est l’autre, le second, la négation. Dans nos sociétés patriarcales, la femme dépend de l’homme.

En spiritualité et en ésotérisme, le féminin constitue l’un des deux pôles de l’humanité, et au-delà, l’une des deux forces cosmiques essentielles :

  • le féminin représenterait l’énergie vitale spontanée, sorte de puissance immanente,
  • le masculin serait le principe ordonnateur transcendant.

Le féminin est associé au yin du taoïsme, obscur, terrestre, dual, par opposition au yang solaire, céleste et unitaire.

A ce titre, il n’est pas étonnant que dans beaucoup de légendes cosmogoniques, la femme soit issue du corps de l’homme. L’homme est alors associé au chiffre 1 et la femme au chiffre 2, leur union générant le chiffre 3, symbole du dépassement des différences dans l’union.

A l’inverse, beaucoup de cultures anciennes considéraient le féminin comme le Principe premier : la femme est alors la Source, le tao, sorte de vide cosmique ayant le pouvoir d’enfanter toute chose. Le féminin est alors associé au chiffre 0, qui génère le monde “positif”.

En réalité, le symbolisme de la femme dépend beaucoup du contexte socio-culturel de l’époque concernée. L’humanité a connu de nombreuses sociétés matriarcales fondées sur le culte de la Déesse-mère. A l’inverse, dans les religions abrahamiques (judaïsme, christianisme, Islam), la femme est plutôt reléguée au second rang et dominée par l’homme.

Cela étant posé, nous tenterons d’aborder “féminin” et “masculin” sur un plan universel, au-delà des différences culturelles et religieuses, tout en nous nourrissant de ces dernières.

Nous aborderons le symbolisme de la femme selon les axes suivants :

  • la beauté,
  • le dynamisme et la passivité,
  • la virginité,
  • la fécondité, en lien avec la Nature et les cycles,
  • l’amour,
  • et enfin le mystère.

Entrons dans le symbolisme de la femme et de la féminité.

Le symbolisme de la femme et du féminin : interprétation.

Le symbolisme de la femme est d’abord lié à des éléments graphiques, dont certains remontent à la préhistoire.

Les premières peintures pariétales et statuettes féminines mettaient en exergue la sexualité (seins, vulve) et la fécondité (ventre).

La femme est alors le symbole de la fertilité, de la reproduction, de la vie qui se renouvelle, de la force de la Nature et du cosmos tout entier, autant d’éléments qui font l’objet de cultes et de rites magiques.

Souvent, la femme est la déesse de la chasse (la Nature prolifique) et de l’habitat. Notons que la grotte, la hutte ou la maison sont des espaces vides qui, tels le ventre féminin, sont des lieux de création et de transmission des savoirs.

Les symboles graphiques associés au symbolisme de la femme.

Les éléments graphiques suivants symbolisent la femme ou le féminin :

  • le triangle inversé : il représente le sexe féminin, la fécondité, ou encore l’instabilité, le contenant (le vase du Graal). Le triangle inversé correspond en outre au symbole alchimique de l’eau,
  • la croix surmontée d’un cercle : symbole du sexe féminin (par opposition au cercle fléché qui tient pour le masculin), c’est aussi le symbole astronomique de Vénus ainsi que l’ancien symbole du cuivre alchimique, à mettre en perspective avec le symbole du Mercure alchimique,
  • l’Ankh : c’est la croix de vie des Egyptiens, symbole de renaissance et de fécondité. L’Ankh peut aussi évoquer le sexe masculin prêt à s’unir à l’ovale du sexe féminin.

La femme et la beauté.

Le symbolisme de la femme évoque en premier lieu la beauté. En effet, la femme est souvent représentée sous les traits d’une Vénus.

Vénus (qui correspond à Aphrodite dans la mythologie grecque) est la déesse de l’amour, de la fertilité et de la sexualité, parfois associée à l’aube ou à l’aurore.

La beauté féminine peut avoir plusieurs sens : expression de la générosité de la Nature, de la perfection de la matière et de l’intelligence du phénomène vivant, ce peut aussi être une beauté narcissique et décentrée.

La beauté peut donc être naturelle ou artificielle, positive ou négative.

Symbolisme associé : les cheveux, le miroir.

Vénus de Milo, Louvre

Dynamisme et passivité.

Le féminin est l’expression du dynamisme de la matière : c’est la force créatrice et génératrice qui s’inscrit dans le temps et l’espace.

Ce dynamisme, c’est aussi celui de la vie qui change de forme, s’adapte et s’améliore sans cesse : c’est l’énergie spontanée de la Nature.

Mais cela ne doit pas masquer le caractère sauvage et incontrôlable de cette énergie. C’est ainsi que le féminin évoque la Nature qui se dévore elle-même, qui se nourrit d’elle-même : c’est une forme de vie qui se fonde sur la mort, sur le conflit, sur la dualité, ou encore sur les cycles de génération et de destruction.

Il y a donc quelque chose de passif et d’inconscient dans cette énergie-là : le principe féminin ignore l’existence du Principe universel ordonnateur, central, spirituel, solaire, masculin.

Symbolisme associé : la Lune

Le symbolisme de la femme : la vierge.

La virginité représente la pureté, l’indépendance, l’innocence, mais aussi l’immaturité, l’incomplétude, l’instabilité et l’inconscience.

La vierge a vocation a trouver sa moitié, à être complétée, pénétrée, stabilisée. Elle deviendra alors femme, expression de l’harmonie universelle.

Dans le christianisme, la Vierge-Marie est fécondée par l’Esprit Saint. Elle est la “nouvelle Eve”, illuminée par la grâce divine. Elle est la mère et l’épouse mystique du Seigneur. Elle peut aussi être vue comme le quaternaire qui complète la Trinité : on a là le total accomplissement de la volonté divine.

Symbolisme associé : la couleur blanche, l’Eau (par opposition au sang), la fleur, le lait alchimique de la Vierge, Marie-Madeleine

La fécondité, la Nature et les cycles.

Alors que le masculin est stérile (aucun homme ne peut porter d’enfant), le féminin représente la fécondité, la maternité ainsi que la force vitale.

Ce qui renvoie :

  • au symbolisme des cycles : les règles, les phases de la Lune, le changement, la causalité, le devenir,
  • à la Terre-mère : la terre nourricière, la Pachamama, Gaïa

Cette fécondité est aussi synonyme de force :

La République, Honoré Daumier

Le symbolisme de la femme : l’amour.

La femme représente l’amour dans sa capacité à s’unir, à enfanter, à aimer et à protéger l’autre issu de sa propre chair (cf. la chaleur maternelle, la douceur, le nid, la maison…).

Plus généralement, le féminin exprime le fluide vital qui parcourt tous les êtres, les ramenant à la même source d’harmonie et de bonté. On a là un principe universel d’attraction et d’union.

Le mystère et l’ambivalence.

En tant que principe lunaire, la femme est à la fois complémentaire et opposée au soleil.

Dans son côté négatif, elle exprime l’inconnu, l’instable, l’irrationnel, voire même le poison de la perversion (cf. la séduction, la prostitution…).

La femme ensorcèle, envoûte, trompe, corrompt.

Ouverte aux émotions et aux sentiments, la femme l’est aussi aux intuitions prophétiques, à l’irrationnel et à l’inconscient. C’est sans doute la raison pour laquelle on choisissait des femmes comme prêtresses pour sonder la volonté des dieux dans l’Antiquité grecque et romaine (cf. la Pythie).

Symbolisme associé : la forêt, la caverne, la grotte, le labyrinthe, le venin de l’ouroboros, la nuit et les forces nocturnes, la sorcellerie

Le symbolisme de la femme en alchimie.

En alchimie spirituelle, le principe féminin correspond à la Lune, à l’élément alchimique Eau, qui symbolisent la vie qui se dévore elle-même, qui crée autant qu’elle détruit, dans un cycle infini de mort et de renaissance.

Le principe féminin transparaît dans l’ouroboros (le serpent qui se mange lui-même, qui tourne sur lui-même), parfait résumé de la structure cosmique. Le serpent ou le dragon nécessitent d’être domptés, crucifiés, fixés par le principe solaire masculin.

ouroboros

En réalité, l’ordre solaire existe déjà dans l’ouroboros, puisque le serpent forme un cercle parfait. La dualité est réconciliée dans l’unité, le masculin est uni au féminin, ce qui rappelle le taijitu (symbole du yin et du yang).

Conclusion sur le symbolisme de la femme.

Au final, le symbolisme de la femme ou du féminin doit être abordé selon le principe de l’équilibre et de la complémentarité avec le masculin. Ni supérieur, ni inférieur au masculin, le féminin est voué à s’harmoniser avec lui pour structurer l’univers.

Par la dualité qu’il porte, le féminin fonde l’unité. Son ambivalence est la condition de la réconciliation.

Si le masculin est esprit, le féminin est matière vivante. Que serait l’esprit sans la matière ? Sans doute le néant. Que serait la matière sans l’esprit ? Très certainement le chaos.

Pour votre bibliothèque :

  • Dictionnaire des symbolesde Gheerbrant et Chevalier. Avec ses 1600 articles, cet ouvrage est une référence dans l’étude des symboles.
  • Comment regarder les Symboles et Allégories, de Matilde Battistini. Un très beau travail d’analyse des symboles présents dans les œuvres d’art, permettant d’accéder au sens caché de certains des plus beaux tableaux de l’histoire.

Modif. le 26 mars 2021

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