Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Le symbolisme du crâne

5/5 (2)

Le symbolisme du crâne : signification spirituelle. Que symbolise le crâne en ésotérisme et dans l’Art ? Interprétation.

Le crâne est la partie la plus élevée du corps humain. Il est défini comme la boîte osseuse qui contient le cerveau, comme la tête elle-même ou encore comme le sommet de la tête.

Dans tous les cas, le crâne est le réceptacle d’une force exceptionnelle qui vient du dedans (le cerveau) ou du dehors (l’esprit divin). Son symbolisme se situe donc entre immanence et transcendance, entre énergie en soi et énergie supérieure.

Le crâne évoque l’âme, le mystérieux phénomène de la vie et celui de la conscience. D’ailleurs, regarder un crâne c’est prendre conscience de notre véritable condition, celle de simple mortel : le crâne nous rappelle combien la vie est relative et la chair éphémère.

Sur le plan symbolique, le crâne évoque :

  • la sphère ou le cercle, représentant la voûte céleste et rappelant le disque solaire,
  • le globe terrestre (le macrocosme en rapport avec le crâne-microcosme),
  • la couronne : sa place au sommet de la tête évoque un point de rencontre entre l’âme et l’Esprit, entre l’homme et son Créateur,
  • le dôme,
  • la coupe ou la coupole,
  • le centre,
  • l’axe du monde,
  • la vacuité,
  • la grotte,
  • ou encore l’athanor : le four alchimique, lieu de transformation intime et image de l’Homme qui travaille sur lui-même.

Entrons plus en détails dans le symbolisme du crâne.

Lire aussi notre article sur le symbolisme des cheveux.

Le symbolisme du crâne : la mort et la renaissance.

Le symbolisme du crâne évoque bien sûr la mort (la tête de mort accompagnée d’une paire de tibias), mais aussi et surtout la renaissance ou la résurrection, autrement dit l’entrée dans la vraie vie.

Ainsi, le crâne constitue un chemin de compréhension et d’élévation qui consiste à abandonner une partie de soi (la partie impure, attachée et illusionnée) pour entrer dans une nouvelle forme d’existence.

Le crâne est donc une porte, un point de passage à travers la mort : cette porte s’ouvre à celui qui prend conscience de sa véritable condition.

A ce titre, le crâne est un objet qui possède une dimension sacrée : tout comme la couronne, le crâne divinise l’être humain, il lui donne une nouvelle dimension, un nouveau pouvoir, un nouveau rang.

Notons que dans la kabbale, Kether, couronne au sommet de l’Arbre des Sephirot, exprime l’absolu, le dépassement de l’être. De même, le crâne traduit cette idée de saut vers Dieu.

Le crâne dans le bouddhisme et l’hindouisme.

Dans le bouddhisme, Yama est le dieu de la mort, souvent représenté avec cinq crânes autour de la tête comme pour marquer la victoire sur les cinq défauts que son la haine, l’avarice, l’orgueil, l’envie et l’ignorance.

Dans l’hindouisme, Kali, déesse de la préservation et de la destruction, porte un long collier de crânes autour de son cou.

Dans la culture mexicaine.

Dans la culture mexicaine, le Jour des morts (fin octobre – début novembre) est l’occasion d’une grande fête d’inspiration indigène où l’on dresse des autels dédiés aux morts et où l’on se déguise en squelette. Les têtes de mort (calaveras) se retrouvent partout et sous toutes les formes, peintes, décorées, fleuries, ce qui fait dire que le Jour des morts est aussi la fête du souvenir et de la vie.

Le crâne dans la Bible.

Dans la Bible, le Golgotha (mot qui a aussi donné le mot “calvaire”) est le mont du crâne : le lieu de la crucifixion.

Mais selon des légendes anciennes, c’est aussi le lieu où les ossements d’Adam auraient été enterrés. En effet, Adam aurait été créé sur le futur site de Jérusalem et y aurait vécu après son exclusion du paradis (lire cette étude).

Le mot Golgotha pourrait donc faire référence au crâne d’Adam. Ici, le crâne évoque la mort en tant que résultat du péché ; mais il annonce aussi le rachat du péché par la venue du Christ et son sacrifice sur le Calvaire : la boucle se referme.

Le crâne peut donc être rattaché autant à Adam qu’à Jésus, autant au péché qu’à la rédemption, autant à la mort qu’à la résurrection.

Au final, le crâne annonce l’avènement de l’Homme divin et universel : Jésus a accepté le péché et l’injustice, il a embrassée la mort, il l’a traversée ; c’est ainsi qu’il montre le chemin de l’immortalité.

Notons qu’un crâne est souvent représenté au pied de la Croix dans les tableaux et sur les objets religieux : c’est l’une des représentations de l’axe du monde.

Le crâne dans l’Art.

Dans l’Art, le crâne évoque surtout la méditation et le questionnement existentiel.

Le crâne dans les Vanités.

Les Vanités sont un genre particulier de nature morte du XVIIème siècle, qui invite à réfléchir sur la brièveté de la vie et la futilité des plaisirs ici-bas.

Un crâne est souvent représenté au milieu d’autres objets évoquant le silence ou le temps qui passe : livre, bougie, sablier, horloge, fruits ou légumes destinés à se gâter… et aux côtés d’objets évoquant un luxe dérisoire (orfèvrerie, bijoux…).

Le crâne semble dire : “souviens-toi que tu vas mourir” (memento mori). Le silence de ces tableaux invite à l’humilité.

Pieter claesz nature morte
Vanité – nature morte, Pieter Claesz, 1630

De même, un crâne apparaît dans certains tableaux de Nicolas Poussin, notamment les Bergers d’Arcadie, qui narre la découverte d’un tombeau au coeur de la Nature.

Le crâne de Marie-Madeleine.

Dans la peinture chrétienne, Marie-Madeleine est souvent représentée un crâne dans la main ou à ses côtés, ce qui peut rappeler sa présence au Calvaire au moment de la crucifixion.

Le crâne évoque aussi l’épisode du Noli me tangere, au cours duquel Jésus ressuscité demande à Marie-Madeleine de ne pas le toucher, tout en posant ses doigts sur son crâne.

Le crâne rappelle enfin le parcours de vie de Marie-Madeleine et son renoncement aux vanités pour suivre Jésus.

Aujourd’hui encore, le supposé crâne de la sainte est visible dans la crypte de Saint-Maximin.

Le symbolisme du crâne en franc-maçonnerie.

Le crâne est présent parmi les objets du cabinet de réflexion, première épreuve de l’initiation maçonnique. Il représente la fin d’un cycle de vie : l’individu s’apprête à mourir symboliquement pour renaître sous une autre forme.

Le crâne place le néophyte devant sa propre condition de mortel : il aide à l’ouverture de la conscience et prépare la rédaction du testament philosophique.

C’est en effet en traversant l’épreuve de la mort que l’on pourra vaincre la mort. Dans cet espace sombre, aux murs peints en noir, la lumière ne peut venir que de notre âme : nous devons nous transcender nous-mêmes.

Le crâne est à mettre en parallèle avec les autres objets présents dans le cabinet de réflexion : le sablier rappelle le temps qui passe et qui nous entraîne inexorablement vers la mort ; le coq annonce l’avènement d’un jour nouveau.

Conclusion sur le symbolisme du crâne.

Prendre conscience de notre véritable condition, c’est déchirer le voile de l’ego et des passions ; c’est laisser entrer la lumière qui était déjà en nous, une lumière qui détruit les illusions pour laisser place à la vérité.

Le crâne n’est rien d’autre que la tête dépouillée de tout son superflu : de nos yeux qui ne voyaient rien, de nos oreilles qui entendaient mal et de notre cerveau qui n’arrivait pas à comprendre.

Le contenu disparu, ne reste que le contenant : un espace vide qui peut enfin se remplir de la Lumière divine.

Ainsi, le crâne montre le chemin qui consiste à se transcender soi-même, à sortir de soi pour revenir “s’habiter” d’une autre manière. Un chemin qui passe nécessairement par le lâcher-prise et la connaissance de soi.

Au final, le crâne représente l’individu transformé, spiritualisé (cf. les principes de l’alchimie spirituelle) : celui-là n’a plus besoin de chair pour exister, ni de ses sens pour percevoir le monde ; il vit éternellement par l’esprit, il est devenu immortel et universel.

Lire aussi notre article sur le symbolisme du corps humain.

Modif. le 7 septembre 2021

Vous pouvez noter cet article !

Cookie Consent with Real Cookie Banner
%d blogueurs aiment cette page :