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La Pachamama : définition et signification (la Terre-Mère)

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La Pachamama : définition et signification chez les peuples d’Amérique du sud. Qu’est-ce que la Terre-Mère ? En quoi est-elle devenue un concept universel ?

La Pachamama est une divinité majeure des peuples d’Amérique du sud : c’est la déesse de la Terre.

Très présente chez les peuples de l’ancien empire inca (Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, Chili, Argentine), la Pachamama est une divinité au double visage :

  • côté positif, elle incarne la fertilité et la générosité de la Nature,
  • côté négatif, elle déclenche les catastrophes naturelles et dérègle le climat.

C’est donc une déesse au tempérament susceptible, qu’il faut savoir ménager. Des offrandes et des remerciements doivent lui être faits.

Malgré l’arrivée du christianisme en Amérique du sud, le culte de la Pachamama n’a jamais cessé. Il est encore pratiqué de nos jours en particulier chez les Quechuas et les Aymaras.

A noter que d’autres peuples d’Amérique du sud célèbrent la “Terre Mère” ou la “Grande Mère”, sous d’autres appellations que “Pachamama”.

Le terme Pachamama possède aujourd’hui un caractère universel : il désigne la Nature, la terre nourricière, l’environnement qu’il faut protéger, ou encore l’harmonie qu’il faudrait rétablir entre l’homme et la Nature.

Le concept a été intégré dans la constitution de l’Equateur et de la Bolivie, en lien avec celui du Vivir bien (ou Sumak Kawsay). Il s’agit d’instaurer une relation harmonieuse avec la Nature en adoptant un mode de vie sobre, simple et solidaire.

Entrons dans la définition et la signification de la Pachamama.

La Pachamama : définition chez les peuples d’Amérique du sud.

En langues aymara et quechua, Pacha signifie “terre, temps ou époque” (les notions de temps et d’espace étant confondues) et mama signifie “maman”.

La Pachamama est donc la Terre-Mère, perçue comme un être vivant évolutif, un macrocosme qui génère et pourvoit aux besoins de tout ce qui le compose : humains, animaux, végétaux, minéraux. L’eau qui coule sur Terre peut être assimilée au sang qui irrigue ce grand organisme.

Croire en la Pachamama et la vénérer, c’est donc reconnaître l’existence d’un être rassemblant tous les êtres. Ce grand être peut être appelé “la Nature”, le cosmos (c’est-à-dire l’univers organisé et vivant), ou encore “la vie” dans son ensemble.

Derrière cela, il y a l’idée que tout est lié : au même titre que les plantes et les animaux, nous faisons partie intégrante de ce grand ensemble. Ainsi, respecter la Pachamama, c’est se respecter soi-même ainsi que toute chose. Au contraire, ne pas la respecter serait s’auto-détruire.

La Pachamama pose la question de la relation entre l’humanité et la Terre : c’est là tout son intérêt. Il en découle une spiritualité et une philosophie globale qui touche autant à la métaphysique qu’à la morale ou à l’éthique.

Ainsi, la Pachamama véhicule une vision particulière de la vie en société. L’harmonie est recherchée sur tous les plans : avec la Nature, avec les autres et avec soi-même.

La Pachamama aujourd’hui : un concept universel.

A l’heure du réchauffement climatique, de la pollution, de l’effondrement de la biodiversité et des tensions politiques et sociales, le concept de Pachamama semble plus que jamais d’actualité. Il a, depuis quelques décennies déjà, acquis une dimension universelle.

Le modèle occidental s’est imposé presque partout. Fondé sur la production de masse, la surconsommation, l’exploitation des êtres vivants, la soumission et la domination, il détériore l’environnement et cause des désordres globaux. Il devient urgent de redéfinir les rapport entre l’Homme et la Nature.

Le concept de Pachamama nous rappelle que nous faisons partie d’un seul et même écosystème : la Terre-Mère est un être en soi, un système cohérent, organisé et intelligent, dont nous sommes l’émanation. Nous ne pouvons nous épanouir que dans la Nature, conscients de notre véritable nature.

Plus qu’une liste de droits pour la Nature et de devoirs pour l’être humain, le concept de Pachamama nous invite à ouvrir notre conscience au Tout. En tant que faisant partie de ce Tout, nous devons considérer la Terre non pas comme un bien à exploiter mais comme notre propre corps.

Concrètement, il s’agit de lutter contre notre tendance à nous considérer comme des êtres autonomes, séparés de Nature, ou supérieurs à elle : ces illusions ne peuvent mener qu’à la souffrance et au malheur.

C’est ainsi que de nouvelles valeurs émergent, constituant le socle de la société de demain, fondée sur la sobriété, le respect de tous les êtres vivants, l’équité, le partage et la solidarité.

Sur le plan spirituel, la gratitude, l’émerveillement et l’espérance s’imposent.

Autres parallèles symboliques.

La Pachamama peut être mise en relation avec d’autres divinités, mythes ou symboles :

  • “Dame Nature” : dans de nombreuses cultures, des allégories représentent la Nature sous la forme d’une femme féconde ou d’une mère nourricière,
  • la Vierge Marie : sous l’influence des colons, la Vierge Marie a été associée au culte de la Pachamama dans plusieurs pays d’Amérique du sud,
  • Gaïa : dans la mythologie grecque, Gaïa est la personnification de la Terre. Gaïa enfante la plupart des créatures et des divinités. Elle est la déesse-Mère qui, unie à Ouranos (le dieu du Ciel), complète le Tout cosmique,
  • le Jardin d’Eden : dans le Livre de la Genèse (Ancien Testament), la Jardin d’Eden est le lieu paradisiaque où Adam et Eve évoluent avant qu’ils croquent le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Le mythe du péché originel et du paradis perdu est sans doute celui qui éclaire le mieux les problèmes actuels de l’humanité. En croquant du fruit défendu, Adam et Eve ont voulu “devenir comme des dieux”, ce qui leur fermera les portes du paradis. Ce décentrage provoquera leur entrée dans un monde de souffrance et les condamnera au travail et à la honte.

Conclusion sur la Pachamama et sa définition moderne.

Par orgueil et ambition, l’homme s’est éloigné du paradis terrestre. Il s’est littéralement “déraciné”. Le concept de Pachamama nous reconnecte à ce paradis perdu, nous rappelant que nous faisons partie du Tout.

La Pachamama éclaire le sens de la vie ; elle nous remet à notre vraie place, au sein de la Nature, au milieu des nôtres. A nous d’ouvrir notre conscience et de retrouver notre authenticité primordiale, afin de vivre pleinement.

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Modif. le 1 février 2021

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