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La “hiérophanie” : définition, signification

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Hiérophanie : définition et signification spirituelle. Qu’est-ce que le sacré ? Comment se manifeste-t-il ?

Hiérophanie (du grec hieros : “sacré” et phainein : “révélé”) est un mot inventé par Mircea Eliade en 1949 et qui désigne la manifestation du sacré.

Mircea Eliade (1907-1986) est un célèbre philosophe et historien des religions roumain. Il est notamment connu pour ses travaux sur le sacré et le profane, deux concepts qui correspondent à deux mondes, ou à deux manières d’être au monde.

Mircea Eliade considère que toute religion se fonde sur le récit d’un événement d’ordre magique ou surnaturel, en tous cas transcendantal, autrement dit une manifestation du sacré, ou hiérophanie. Les religions cultivent le souvenir de cet événement fondateur ; elles se posent comme les gardiennes de la tradition et du sens.

Le mot “hiérophanie” apparaît pour la première fois dans le Traité d’histoire des religions, puis est repris dans Le sacré et le profane de Mircea Eliade.

On associe parfois à hiérophanie les mots “numineux” ou “numinosité”, introduits par Rudolf Otto en 1917 pour décrire la puissance agissante de la divinité sur l’esprit humain.

Entrons dans la définition et la signification de la hiérophanie.

Lire aussi notre article sur la différence entre le sacré et le profane.

Hiérophanie : définition, signification.

D’abord, nous définirons le sacré comme tout ce qui a trait au divin. A l’inverse, le profane est tout ce qui n’est pas sacré, bien qu’étant conforme au plan divin.

La hiérophanie décrit la manifestation ou l’irruption du sacré dans le monde des hommes. Le plus souvent, il s’agit de la manifestation de Dieu, qu’elle se fasse aux yeux de tous ou par le biais d’un témoin ou prophète : on parle alors de théophanie.

En tant que révélation du mystère divin, la hiérophanie introduit un ordre, un sens, une orientation, une vérité et une morale. Les pensées, actes et rites qui se conforment à cet ordre supérieur peuvent être qualifiés de sacrés. A l’inverse, le profane désigne la sphère qui n’est pas consciente de l’ordre qui la sous-tend : il n’y a donc pas de morale à suivre, pas de sens apparent.

La hiérophanie décrit un mouvement du haut vers le bas, de nature transcendantale : c’est Dieu qui vient dans le monde, ou l’Esprit saint qui vient se poser sur les hommes.

Mais la hiérophanie pourrait aussi être décrite comme un mouvement du bas vers le haut : c’est l’homme qui s’ouvre au sacré, qui élève son niveau de conscience, qui change son regard sur le monde, qui laisse parler son intuition, dans un mouvement cette fois immanent.

C’est ainsi que la hiérophanie n’est pas seulement une manifestation extérieure, mais aussi une révélation intérieure qui permet l’ouverture d’un espace sacré en soi, à savoir une conscience aboutie de l’ordre divin, ou de l’ordre cosmique, et une reconnaissance que cet ordre est présent partout dans la manifestation.

Ce regard neuf a pour conséquence d’élargir la sphère du sacré jusqu’à recouvrir totalement la sphère du profane. C’est ainsi qu’on pourra percevoir le sacré dans la Nature, dans le cosmos, ou dans n’importe quel acte ou pensée du quotidien.

Quelques exemples de hiérophanie.

Citons quelques exemples de hiérophanie :

  • l’épisode du Buisson ardent, par lequel Moïse rencontre le Créateur,
  • la nuée qui descend sur l’Arche d’alliance,
  • la naissance de Jésus,
  • le baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain, conformément à la prophétie,
  • la résurrection de Jésus, dont les disciples sont les témoins directs,
  • la révélation des paroles de Dieu à Mahomet,
  • etc.

Parallèles symboliques.

Le concept de hiérophanie décrit l’existence de deux mondes, l’un sacré, l’autre profane. La sphère sacrée est celle qui contient le sens et la valeur : elle correspond à l’ultime réalité. Elle est organisée autour d’un point fixe, invariable et absolu auquel l’Homme tente de se rattacher.

Ainsi, on peut mettre le concept de hiérophanie en relation avec les notions ou symboles suivants :

Pour votre bibliothèque :

  • Le sacré et le profane, de Mircea Eliade. Un incontournable pour comprendre ce qui sous-tend les mythes et des religions.

Modif. le 13 avril 2021

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