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Les deux énergies spirituelles fondamentales : l’amour et la haine

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Les deux énergies spirituelles fondamentales : que sont l’amour et la haine ? Quel fonctionnement cosmique et quelle interprétation métaphysique ?

La plupart des traditions spirituelles parlent de deux énergies spirituelles fondamentales, l’une positive, l’une négative. C’est par exemple le yin et le yang du taoïsme ou encore le soleil et la lune de l’alchimie spirituelle.

Nous appellerons ces deux énergies amour et haine, mais nous aurions pu les appeler union et séparation, amitié et discorde (Empédocle), ou encore unité et dualité.

Dans notre approche, amour et haine n’ont pas de connotation bonne ou mauvaise, ils sont simplement le constat de deux fonctionnements différents, qui finiront par se rejoindre.

Voici les caractéristiques de ces deux énergies :

  • l’amour est ce qui rassemble, relie, harmonise, unifie : c’est une énergie ordonnatrice,
  • la haine est ce qui sépare, rejette, lutte, dévore : c’est une énergie conflictuelle et chaotique.

Ces énergies sont facilement perceptibles au quotidien : face à une situation ou une épreuve donnée, certaines personnes pencheront pour le conflit, d’autres pour le dépassement du conflit et la conciliation.

Ce sont donc deux chemins possibles, deux forces différentes, l’une tendant à l’harmonie et l’autre au chaos, mais un chaos qui devra forcément retrouver un jour la voie de l’harmonie.

Tentons de décrire l’amour et la haine, ces deux énergies spirituelles fondamentales.

Lire aussi notre article : Les 10 grands secrets spirituels.

Les deux énergies spirituelles amour et haine : description et fonctionnement.

Symboliquement, l’amour peut être associé à la lumière et la haine aux ténèbres. En alchimie spirituelle, l’amour serait le soleil alors que la haine correspondrait à la lune (astre des ténèbres, changeant, mystérieux) ou encore à l’eau versatile.

L’amour est une force positive, active, attractive, alors que la haine est une force négative, passive dans le sens d’un laisser-aller, d’un abandon, d’une rupture, d’un mouvement vers le bas.

Entrons un peu plus dans les détails.

La haine.

La haine correspond à un état de séparation, elle est donc fondée sur la dualité, une dualité dans laquelle chaque partie affronte l’autre.

Dans la Nature, la haine est fréquente : les êtres vivants se concurrencent, s’entre-dévorent, luttent pour leur survie. L’être humain est bien sûr concerné : il utilise souvent la haine dans sa relation aux autres humains mais aussi dans ses rapports avec les autres espèces vivantes.

Chez l’être humain, la haine est produite par le mental, lui-même alimenté par l’ego, autrement dit l’individualité, ou sentiment d’être séparé du reste du monde. La haine provient de nos instincts naturels : conservation, survie, attachement, peur, colère, crainte de l’avenir, isolement, etc. Sur le plan social, elle est parfois justifiée par la morale. En effet, la haine fonctionne à travers le jugement : bon ou mauvais, gentil ou méchant, dangereux ou inoffensif. La haine conduit à séparer, à pointer du doigt, à rejeter tout ce qui nous semble contraire à nos valeurs… ou à nos intérêts égoïstes.

Notons que le mécanisme de la haine n’est pas mauvais en soi, puisqu’il est présent dans la nature, et qu’il garantit notre survie. La haine n’est pas méchanceté gratuite, et nous avons toujours de bonnes raisons de pratiquer le rejet.

Mais force est de constater que la haine cause beaucoup de souffrance. Chez l’homme, il s’agit avant tout d’une souffrance psychique.

Le mécanisme de la haine comporte un nécessaire rééquilibrage.

Nous l’avons vu, le mécanisme de la haine consiste en deux forces opposées qui s’affrontent, chacune essayant de défendre ses propres intérêts et de prendre le dessus sur l’autre.

En réalité, cette opposition débouche nécessairement sur un juste retour des choses et un nouvel équilibre. En effet, aucun individu ou groupe d’individu ne peut espérer dominer durablement les autres.

Dans la nature, une colonie d’insectes qui se multiplie de manière exponentielle finit toujours par décliner, ne serait-ce que parce que les réserves de nourriture s’épuisent. De même, un empire ou une civilisation qui s’étend finit toujours par se disloquer. Un individu qui sème la terreur finit toujours par être neutralisé.

Toute expansion annonce une crise, toute progression annonce un recul. Trop d’ambition aboutit à l’échec, trop de violence mène à l’auto-destruction.

Plus généralement, le mécanisme de la haine repose sur les cycles, le changement, l’impermanence, le juste retour, la roue qui tourne. Il y a ici une idée de mouvement, une dynamique de mort et de renaissance, de décomposition et de recomposition des équilibres. Nous venons de décrire les lois de la Nature et de la matière, dans lesquelles l’homme est pris, et dont il reste prisonnier jusqu’à ce qu’il s’élève spirituellement.

On l’a compris, le chaos et la haine sont en réalité soumis à l’ordre cosmique : l’harmonie et l’amour pointent déjà leur nez, de la même manière que la lune reflète, certes imparfaitement, l’éclat du soleil.

L’amour.

Contrairement à la haine, l’amour se fonde sur l’idée qu’il est préférable de coopérer, d’échanger et de dialoguer plutôt que de s’affronter. L’amour permet de gagner du temps et de diminuer les risques en garantissant à chacun sa place dans le Tout.

L’amour est très présent dans la Nature : les individus et les espèces se protègent, s’entraident, fonctionnent en symbiose ou mutualisent leurs interactions afin de devenir plus performants.

Mais au-delà de ça, l’amour est le constat d’un ordre qui existe derrière le désordre apparent. C’est la reconnaissance que tout est en réalité lié, interdépendant, solidaire et unitaire. C’est la compréhension du fait que même les rapports conflictuels s’inscrivent dans un ordre supérieur cohérent, globalisant.

La question de la conscience.

En réalité, l’amour n’est rien d’autre qu’une prise de conscience qu’une force ordonnatrice, supérieure, régit l’univers.

La question de la conscience est centrale. Cette conscience peut être symbolisée par la lumière solaire qui éclaire le fonctionnement de toute chose : c’est la compréhension de la mécanique cosmique.

Prendre conscience que tout est solidaire, indissociable, consubstantiel, c’est entrer dans l’amour universel : c’est comprendre que le destin de chaque chose est lié à toute chose, que rien n’existe véritablement en soi puisque chaque élément dépend du Tout. Rien de séparé ne peut gagner contre le reste : si la haine existe, elle ne peut exister en elle-même.

Sur le plan humain, cette prise de conscience mène à la tolérance, à l’acceptation, à la sérénité et à l’espérance. L’ego passe au second plan, chacun voit l’autre comme un autre soi-même, animé de la même énergie cosmique, relié au même centre.

Conscience et absence de conscience.

Si l’amour est conscience, la haine est absence de conscience.

Dans la nature, la haine s’exprime en effet de manière inconsciente : les animaux s’entredévorent naturellement, spontanément, sans se poser de question, sans se juger les uns les autres.

Chez l’homme, la haine s’appuie parfois sur la loi ou la morale, prenant des habits plus civilisés. Mais elle repose toujours sur l’ignorance de la loi l’amour. Nos vies restent alors centrées sur le jugement, la condamnation et la peur.

Bien sûr, il est tout à fait possible de survivre sans comprendre la loi d’amour. Mais la prise de conscience de cette loi permet une libération intime et une diminution de la souffrance. Il s’agit alors de vivre plutôt que de survivre.

Réconcilier les deux énergies spirituelles que sont l’amour et la haine.

L’amour et la haine paraissent opposés, mais ce n’est qu’une apparence.

Le symbole qui traduit le mieux le lien entre l’amour et la haine est certainement celui de l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue :

ouroboros

Le serpent dévore : sa gueule ouverte évoque une force désordonnée et chaotique ; c’est l’énergie vitale aveugle, la spontanéité de la Nature, la haine à l’état pur.

Mais c’est lui-même que le serpent dévore, car tout est lié (“je suis l’autre”). En effet, le cosmos forme un tout, un cercle fermé, par conséquent dévorer quelqu’un c’est se dévorer soi-même. Le cercle infernal de la haine est donc voué à s’arrêter : lorsqu’il dépassera un certain niveau de souffrance, le serpent libérera la partie de lui-même qu’il avait engloutie. L’équilibre et l’harmonie seront automatiquement rétablis.

Quant à l’amour, il est représenté par le côté circulaire de l’ouroboros. En effet, le cercle a le pouvoir de tout englober, de tout embrasser, de tout unifier. Le serpent est un, et ce ne sont pas ses luttes intestines qui remettront en cause cette unité.

Nous avons donc les deux aspects, haine et amour, réconciliés dans un même symbole.

La même analyse peut être faire pour le taijitu, ou symbole du yin et du yang :

symbole yin yang

Ce symbole taoïste représente la parfaite intégration de la dualité dans l’unité.

Conclusion sur les deux énergies spirituelles fondamentales : amour et haine.

On aurait tort d’opposer les deux énergies amour et haine entre elles, ou d’affirmer que l’une serait bonne et l’autre mauvaise.

La haine ne remet pas l’ordre cosmique en question ; elle est simplement l’ignorance du lien qui existe entre toutes les choses.

Beaucoup d’êtres humains vivent dans la haine, faute de prise de conscience de l’unité cosmique, faute d’éveil spirituel. Mais le fait est qu’on ne peut combattre la haine frontalement. Haïr la haine serait en effet imiter la haine dans son mécanisme. Il ne s’agit pas de rejeter, mais bien de comprendre, d’aider, d’accompagner, d’éveiller.

Comprendre la haine revient à la relier à l’amour. Car l’amour est cette force qui embrasse toute chose, y compris la haine. C’est ainsi que la haine finit par se dissoudre.

En réalité, les deux énergies que sont l’amour et la haine n’existent que dans notre esprit. Les plantes et les animaux, eux, respectent l’ordre cosmique sans le savoir…

Lire aussi notre article sur la loi d’Amour et sur la haine.

Modif. le 16 novembre 2020

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