Press "Enter" to skip to content

Comment distinguer le bien et le mal ?

5/5 (2)

Que sont le bien et le mal en religion ou en philosophie ? Comment distinguer le bien et le mal ? Faut-il voir le bien et le mal partout ?

La question du bien et le mal est un problème typiquement humain. Les animaux et les végétaux, eux, ne connaissent pas le bien et le mal. Ils ne jugent pas, ils n’interprètent pas, même s’il leur arrive de souffrir.

Voyons s’il est possible de distinguer le bien et le mal, et si oui comment.

Voir aussi l’article : Faut-il combattre le mal par le mal, ou le mal par le bien ?

Le bien ne peut exister sans le mal.

Le temps et l’espace sont la source de la différenciation, qui fait que notre monde est marqué par la dualité : toute chose a été créée avec son contraire. Il y a l’ombre et la lumière, le blanc et le noir, le plein et le vide, l’addition et la soustraction, le bien et le mal.

Ainsi, le bien ne peut exister sans le mal.

Mais contrairement à l’ombre et à la lumière que nous percevons tous de la même manière, le bien et le mal n’existent que dans l’intimité de notre psychisme. Ils relèvent de notre analyse et de notre interprétation propre. Le bien et le mal sont subjectifs : ils sont engendrés par notre égo, ils sont le jugement que nous portons sur nous-même, sur les autres et sur le monde.

Ainsi le bien et le mal n’existent pas dans l’absolu. Ce qui sera jugé « bon » pour une personne pourra être jugé « mauvais » par une autre. Ce qui est inacceptable pour l’une sera peut-être normal pour l’autre. Cette différence d’interprétation est à l’origine de la plupart des conflits et des guerres.

La perception du bien et du mal.

Nous l’avons compris, le bien et le mal ne peuvent relever que d’un jugement personnel. Et personne ne peut prétendre détenir la vérité. Chercher à distinguer le bien du mal serait donc, dans l’absolu, chimérique.

Pourtant, il existe une autre voie pour tenter de distinguer le bien et le mal. Puisque la voie du raisonnement intérieur (centré sur sa propre personne) semble insuffisante, une autre solution consisterait à se détacher de soi-même pour tenter de percevoir le bien véritable.

Comment distinguer le bien et le mal ? En se détachant de soi-même.

Pour distinguer le bien et le mal, il faut se libérer de soi-même. Mais comment procéder ?

1) D’abord, en cherchant à se connaître soi-même, c’est-à-dire en prenant du recul sur sa personnalité, son passé, son éducation, sa psychologie, ses défauts… brefs tous ces biais qui font obstacle au discernement. A ce titre, la psychologie distingue plusieurs couches de personnalité :

  • le ça : les pulsions archaïques qui ne connaissent pas le bien et le mal,
  • le moi : lieu d’une certaine conscience, de l’angoisse, de la honte, de la peur, de la culpabilité, du masque social, des mécanismes de défense,
  • le surmoi : idéal intérieur, juge suprême qui dicte ce qui est bien ou mal, censurant le moi,
  • et le soi : notre être véritable, dénué de toutes ses impuretés, celui vers lequel nous devrions tendre…

Il faudrait donc chercher à faire la distinction entre nos pulsions, nos pensées construites, nos intuitions, nos émotions et notre raison.

2) Ensuite, en essayant de se mettre à la place des autres. En multipliant les points de vue. En prenant en compte la position et l’avis de nos semblables. Les organisations démocratiques permettent cela. Il s’agit d’être compréhensif et tolérant. Pour aller plus loin encore, on peut considérer que l’Amour est un formidable moyen de se libérer de soi-même et de se mettre à la place des autres.

3) Et puis en observant la marche du monde. En contemplant, en étudiant, en expérimentant, de manière humble, sans préjugé, l’esprit ouvert.

Pour distinguer le bien et le mal, il conviendra donc d’abandonner nos préjugés, nos postures, nos exigences, nos désirs, nos angoisses, nos regrets et nos mécanismes de défense.

Au final, il apparaît que les véritables causes du mal sont l’ambition, l’ignorance et le fanatisme. Le mal et la souffrance naissent de notre orgueil, de notre intolérance, de notre certitude de bien penser et de bien faire. Ces déviances égocentriques concernent les autres comme nous-même.

Le bien serait au contraire l’humilité, la tolérance, le questionnement (plutôt que la réponse), la quête d’un certain équilibre dans les points de vue et la recherche désintéressée des lois naturelles qui nous gouvernent.

Le bien et le mal sur le plan sociétal.

L’homme a ressenti la nécessité de distinguer le bien et le mal à partir du moment où il a eu conscience de lui-même et des autres, où il a expérimenté la liberté de penser et d’agir. Entre questionnement légitime, peur, honte et orgueil, il s’est alors posé la question du bien-agir et du bien-penser, notamment par rapport à ses semblables. L’homme s’est alors fixé des devoirs, conformes à ce qu’il pensait être la volonté de Dieu, à l’éthique ou encore à la Nature.

Il a alors pensé que le bien consiste à se conformer aux lois divines ou aux lois naturelles qui nous gouvernent, traduites autant que faire se peut dans les lois de la société.

Pour tenter de résoudre le problème, les hommes se sont rassemblés pour fonder un pacte social définissant le bien et le mal. Ils se fixent des règles et des devoirs, une éthique de vie. Ils punissent les contrevenants. Ils transmettent leurs valeurs à leurs enfants.

Mais les lois faites par les hommes sont imparfaites ; leur application et leur interprétation pose des problèmes sans fin. En outre, les lois sont différentes d’un pays à l’autre. Et dans certains cas, elles peuvent créer de l’injustice et du malheur. Dans d’autres cas encore, elles sont incomprises, critiquées, voire jugées illégitimes.

Il faut cependant souligner les efforts de l’humanité pour tenter de se doter de règles universelles dépassant tous les clivages, telles la déclaration universelle des droits de l’homme ou encore la déclaration des droits de l’enfant.

Quel est l’intérêt de distinguer le bien et le mal ?

Allons plus loin et posons-nous la question de l’utilité de la quête du bien et le mal.

Au fait, que sont le bien et le mal ? Comment les définir ? Le bien est-il forcément bien et le mal forcément mal ? N’y aurait-il pas du mal dans le bien et du bien dans le mal, comme il y a un point noir dans la partie blanche du symbole du yin et du yang, et vice-versa ?

Ce qui est sûr, c’est qu’en voulant définir le bien, on crée le mal, alors que la Nature, elle, ne connaît ni le bien ni le mal. Par exemple, les virus, les bactéries et les parasites font partie de la vie, ils sont même indispensables à la marche du monde, alors qu’ils ont longtemps été jugés mauvais. L’action a priori mauvaise de certains individus déclenche toujours une réaction et un retour à l’équilibre. Les horreurs de la Seconde guerre mondiale ont fait émerger l’organisation universelle la plus puissante dont les hommes se soient jamais dotés : l’ONU.

Alors pourquoi opposer le bien et le mal ? Vouloir distinguer le bien et le mal ne nous éloigne-t-il pas du bonheur et de la vérité ?

Pourtant, certains hommes commettent des actes inacceptables, des choses révoltantes que nous ne pouvons pas accepter. Les expériences faites sur les enfants juifs dans les camps de concentration ne sont-elles pas le mal absolu ? Sans doute.

Jésus (une fois crucifié) dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.  Luc 23, 34

Comment approcher le bien véritable et être heureux ?

Le bien et le mal se nourrissent l’un l’autre. Pour sortir de ce cercle vicieux, une solution : l’acceptation. Le bonheur est d’accepter les choses telles qu’elles sont. Il s’agit d’arrêter d’interpréter la réalité, de nous libérer de notre mental, de vivre l’instant présent.

C’est un chemin de paix et de sérénité. La connaissance du bien et du mal se fait ainsi plus claire, plus spontanée. Le bien est le bonheur d’accepter le monde tel qu’il est. Le détachement permet d’épouser toute chose. La souffrance, née de l’égo, disparaît. L’harmonie s’impose car la Nature, dont nous faisons partie, est perfection. Le mal n’est plus fondé sur notre jugement égoïste, mais est le constat d’un trouble par rapport aux grandes lois de l’Univers, un trouble que l’Univers se chargera en dernier lieu de réparer.

Cet état d’esprit nous amènera naturellement à placer notre action dans l’ordre des choses, sans objectif, sans regret.

Le taoïsme, comme le bouddhisme, sont des exemples de philosophies ou de spiritualités qui peut aider en cela. Le bouddhisme nous éclaire sur la mécanique de la souffrance mentale, ce mensonge duquel il faut s’éloigner. Le taoïsme, voie de la Vie et de la Vérité, mène lui-aussi au bonheur. L’effacement de l’égo laisse place à l’Amour inconditionnel, à la fusion complète avec le tout.

Agir ou ne pas agir ?

Étant donné que le bien le mal sont relatifs, pouvons-nous nous permettre d’agir ? Est-il licite de vouloir faire le bien ?

Selon le taoïsme, « le sage travaille à non-agir ». Ce paradoxe apparent nécessite une explication. Il ne s’agit pas d’arrêter d’agir, mais d’arrêter de vouloir agir en bien. Il s’agit de lâcher prise, d’avoir confiance dans le déroulement de toutes les choses et dans les lois de la nature.

De la même manière que le sage ne doit pas chercher à « bien penser » mais à précisément à se détacher de ses pensées, par exemple par la méditation.

Ne pas juger : le bien véritable ?

 « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés » a dit Jésus, « car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. »  Matthieu 7, 1-2

Pour lutter contre l’ombre, il est inutile de pointer l’ombre du doigt. Il faut au contraire allumer la lumière.

En ne jugeant pas, je laisse un Amour infini s’installer. Cet Amour dissoudra automatiquement le mal. Le non-jugement est le bien véritable.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, mais qu’il faut chercher la lumière partout.

Comment se comporter au quotidien ?

Voici quelques pistes pour inscrire son comportement dans le bien véritable :

  • ne pas juger (« que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre »),
  • essayer de comprendre pourquoi quelqu’un a agi tel qu’il a agi,
  • se mettre à la place des autres,
  • être humble,
  • être persévérant,
  • pardonner,
  • aider, accompagner, rassurer,
  • aimer,
  • en présence d’un « mal » flagrant, tenter de l’encercler, de le circonscrire et de le raisonner plutôt que de le juger ou de le punir,
  • éduquer et transmettre la connaissance à tous,
  • etc.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez noter cet article !

Mission News Theme by Compete Themes.