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« Ainsi soit-il » : signification spirituelle

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« Ainsi soit-il » : signification spirituelle. Quel est le sens profond de cette formule de prière ? Comment interpréter le « amen » ?

Dans le christianisme, « ainsi soit-il » est la formule qui conclut les prières adressées à Dieu ou aux saints. Cette expression constitue le plus souvent une réponse de l’assistance pour acquiescer aux mots qui viennent d’être prononcés.

« Ainsi soit-il » équivaut à amen en latin, mot qui vient de l’hébreu amen (« que cela soit vrai, se vérifie », « en vérité »), de la même racine que emouna (« foi ») et qui comporte une notion de solidité, de fermeté. Dans la liturgie juive, amen est prononcé par ceux qui entendent la prière, comme pour y souscrire.

En arabe, « ainsi soit-il » se dit amine, le mot ayant la même racine que l’hébreu.

« Ainsi soit-il » a une signification forte, qui va bien au-delà du rite liturgique. Certaines traditions spirituelles ont repris cette formule en lui donnant le sens d’acceptation.

Entrons dans la signification spirituelle de la formule « ainsi soit-il ».

« Ainsi soit-il » : signification spirituelle.

Au sens chrétien, « ainsi soit-il » est une manière de sceller la prière qui vient d’être prononcée. C’est aussi une façon de la faire sienne, de l’intérioriser tout en la partageant avec les autres. En effet, amen est prononcé par tous en même temps, dans une sorte de communion ayant pour effet de renforcer les vœux sacrés.

On notera que le « ainsi soit-il » vient toujours en conclusion : c’est le dernier mot, celui qui résume tout, qui rassemble tout et tout le monde. La formule clôt le moment sacré de la prière, qui se trouve ainsi protégé, sanctuarisé. Loin d’être oubliés, les souhaits formulés durant la prière resteront vivants dans le coeur de ceux qui les ont prononcés.

« Ainsi soit-il » constitue enfin une marque de foi et de fidélité envers le divin : la formule permet de réaffirmer les valeurs spirituelles et incite à renouveler l’Alliance avec Dieu.

Acceptation et espérance.

Certaines traditions spirituelles donnent un sens un peu différent à la formule « ainsi soit-il », plus tourné vers l’acceptation.

« Ainsi soit-il » signifie alors « tout est en ordre » ou « j’accepte les choses telles qu’elles sont », ou encore « je m’en remets à l’ordre des choses ». Or cette acceptation n’est pas résignation, car la formule sous-entend que « tout est bien ».

Rendue possible par le lâcher-prise, cette philosophie de vie nous incite à sortir des illusions dues à notre ego. En effet, notre « moi » nous fait croire que nous avons un rôle déterminant à jouer, partout et tout le temps : il nous place au centre, nous rendant responsable de tout ce qui advient et de l’état du monde. Il nous pousse à juger, à prendre position, à nous battre. Il nous met en tension et nous confronte à toutes les forces de l’univers. Il nous fait croire que les choses devraient être autrement, il nous culpabilise et crée de faux-espoirs.

Au contraire, « ainsi soit-il » est la reconnaissance que les choses sont telles qu’elles doivent être, et qu’elles ne peuvent être que cela, puisqu’elles sont issues d’une chaine de causes et de nécessités. Inclus dans cette chaine causale, nous sommes nous-mêmes le résultat d’influences que nous ne connaissons pas et que nous ne maîtrisons pas.

Reconnaissant notre faiblesse et notre ignorance, abandonnant notre orgueil et nos vaines ambitions, nous nous en remettons à la mécanique céleste. Nous acceptons notre destin. Nous renonçons à savoir mieux que les autres.

Fais confiance à la vie telle qu’elle est.
Aime le monde comme toi-même.
Tao Te King, 13

Ainsi, la formule « ainsi soit-il » nous amène à consentir au réel. Débarrassés de nos illusions, nous pouvons enfin vivre dans la sérénité et la joie, ce qui rappelle directement la philosophie taoïste ou encore celle des stoïciens.

Cet état d’esprit est aussi teinté d’espérance, définie comme une confiance pure et désintéressée en l’avenir. L’espérance neutralise les faux-espoirs ; elle est la source de l’acceptation et de l’émerveillement.

Au final, « ainsi soit-il » nous réconcilie avec le monde tel qu’il est, mais aussi avec les autres et avec nous-mêmes : nous pourrions y voir un « ainsi suis-je » et un « ainsi es-tu ». Or cette acceptation est une formidable source de paix et de bienveillance : la base d’un monde meilleur.

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Modif. le 30 novembre 2021

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