Press "Enter" to skip to content

Zénith, nadir, débir : définition et symbolisme

4.55/5 (11)

Que sont le zénith, le nadir et le débir ? Quel est leur symbolisme en franc-maçonnerie ? Comment interpréter ces trois directions ou espaces ?

Zénith, nadir et débir sont trois mots fondamentaux du symbolisme maçonnique. Leur complémentarité ouvre un chemin de progression aussi bien vers le haut que vers le bas, dans l’espoir d’un point de convergence central évoquant la réconciliation de toutes les oppositions.

En astronomie, zénith et nadir évoquent l’axe vertical partant d’un lieu donné.

Définitions :

  • Le zénith (du latin zenit provenant de l’arabe samt, sommet) est le point imaginaire le plus élevé qui surplombe l’observateur à la verticale. Le zénith donne donc la direction verticale ascendante. A noter qu’il ne correspond pas toujours au plus haut point du soleil dans le ciel.
  • Le nadir (de l’arabe nazir, opposé) est le point imaginaire situé le plus bas sous l’observateur, à la verticale. Le nadir pointe donc la direction verticale descendante.
  • Le débir correspond au Saint des saints du Temple de Jérusalem (Temple de Salomon). Le débir est le lieu le plus saint, celui qui abrite l’Arche d’alliance dans les traditions hébraïque et maçonnique. Il peut être considéré comme le centre, la Source.

Zénith et nadir représentent deux points en apparence opposés, mais qui forment une seule et même verticale. Le débir quant à lui évoque un point de rencontre décisif.

Entrons dans le symbolisme du zénith, du nadir et du débir.

Lire aussi notre article : Débir et Hekhal, les deux lieux saints du Temple de Salomon

Le symbolisme du zénith et du nadir en franc-maçonnerie.

La loge est une représentation du cosmos. Elle est surmontée d’une voûte étoilée représentant la sphère céleste, rappelant que la construction du temple de Salomon est loin d’être terminée.

Les pieds sur terre, le franc-maçon doit s’orienter et trouver sa place. Le plan vertical lui ouvre les différents degrés qui l’amèneront à s’élever vers de nouveaux niveaux de conscience tout en approfondissant ses connaissances.

Zénith et nadir n’ont de sens que par rapport à l’observateur, ce dernier étant situé à équidistance des deux points, à l’exact Milieu.

D’autre part, le zénith et le nadir évoquent un outil important du Premier degré : le fil à plomb.

L’axe vertical et le fil à plomb évoquent :

  • la rectitude,
  • l’introspection : il s’agit de descendre en soi pour mieux se connaître, ou encore visiter la matière pour y trouver la “pierre cachée”. Cette pierre peut être vue comme l’esprit universel qui vibre au fond de tout être humain, trace de sa nature divine.
  • l’axe du monde, qui relie le Ciel et la Terre, l’esprit et la matière.
  • ou encore l’échelle spirituelle (cf l’échelle de Jacob du Livre de la Genèse) permettant d’accéder au Ciel comme par une porte.

La verticalité invite donc à la connaissance de soi, afin, paradoxalement, d’accéder au secret du Très-Haut.

C’est une invitation à ôter nos voiles (nos prédispositions, nos passions, nos préjugés, nos déterminismes, notre ego…) pour arriver à ressentir ce qu’il y a de plus universel et de plus parfait en nous.

Le débir : un point de réconciliation décisif.

L’homme éclairé est celui qui a plongé en lui pour savoir qui il est. S’étant confronté au mécanisme de son psychisme, il a entraperçu le lieu le plus sacré de son temple intérieur : le débir.

Le débir est le lieu dans lequel s’épanouit l’homme lucide : c’est un espace de connaissance, d’acceptation, de paix, de sérénité, de bonheur, de compassion et d’Amour.

Le débir est le point de réconciliation de toutes les oppositions, au-delà de la dualité, au-delà du bien et du mal, à l’image du centre de la croix (lire notre article sur le symbolisme de la croix).

C’est le paradis intérieur, le Royaume de Dieu “au-dedans de nous”, ou encore le nirvana bouddhique.

Au final, le débir symbolise une clé de compréhension essentielle. Je sais que je ne sais rien… Je sais que je suis tout et rien à la fois…

Pour votre bibliothèque :

  • Dictionnaire des symboles, de Gheerbrant et Chevalier. Avec ses 1600 articles, cet ouvrage est une référence dans l’étude des symboles.
  • Dictionnaire maçonnique, de Roger Richard. Ce dictionnaire comporte 29 biographies et près de 2000 définitions de mots puisés dans les rituels.

Modif. le 10 octobre 2020

Vous pouvez noter cet article !

%d blogueurs aiment cette page :