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Je suis tout et rien à la fois

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Je suis tout et rien à la fois : qu’est-ce que ça signifie ? En quoi peut-on dire que notre existence est insignifiante ou au contraire essentielle ?

L’individu naïf a le sentiment d’être important. Son illusion le conduit à considérer qu’il est un être central, autonome, décidant par lui-même.

C’est l’ego qui est à la base de ce sentiment. L’ego est la représentation que tout individu a de lui-même : c’est le “moi” qui permet à chacun de se positionner par rapport aux autres et au monde, en tant qu’être indépendant.

Pourtant, le chemin de l’éveil spirituel et de la connaissance de soi conduit à réaliser que nous ne sommes pas séparés des autres et du monde, mais au contraire le résultat d’un enchaînement de causes dont nous ne maîtrisons presque rien.

Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. Genèse, 3, 19.

Je ne suis rien.

Chaque individu est la conjonction d’un nombre infini de causes et de déterminismes, aussi bien sur le plan physique que psychique. Parmi ces causes : l’ADN, les prédispositions génétiques, l’éducation reçue, la culture, les conditions de vie, les circonstances, les relations, ou encore le vécu.

Nous ne sommes rien d’autre que le point de rencontre de tous ces facteurs qui nous influencent sans que nous en ayons réellement conscience.

Réaliser ce qui précède mène à l’extinction de nos illusions : 

  • notre vision de la réalité est réduite du fait que nous n’avons pas la parfaite connaissance des causes qui nous déterminent et qui régissent le monde,
  • nos jugements en bien et en mal sont imparfaits : ils proviennent de notre incapacité à comprendre l’ordre du monde,
  • notre libre-arbitre est extrêmement limité puisque nos décisions sont conditionnées,
  • notre existence peut à tout moment changer ou être remise en cause : nous ne sommes pas des êtres stables,
  • tous les phénomènes du monde concourent à nous influencer sans que nous puissions véritablement agir ou résister.

De ce fait, l’être humain n’a aucune épaisseur : il semble ne rien être.

De même, la philosophie bouddhiste insiste sur le fait que tous les phénomènes du monde sont interdépendants et impermanents : tout est déterminé, tout change, tout évolue sans cesse, rien n’existe en soi de manière définitive : c’est l’impermanence et le non-soi (lire notre article).

Faut-il pour autant en conclure que “je ne suis rien” ?

Je suis tout.

Nous l’avons vu, en tant qu’être humain, je n’ai presque aucune épaisseur, aucune liberté, aucune autonomie, aucune permanence. Je ne suis rien.

Mais en même temps, je suis point de rencontre de toutes les causes de l’univers : à ce titre, ne suis-je pas le reflet de l’univers tout entier ?

Autrement dit, c’est l’ensemble de l’univers qui résonne en notre être : nous sommes la combinaison de toutes les forces de l’univers. Notre existence embrasse le cosmos tout entier. Nous portons en nous l’éternel, l’essentiel, nous sommes la quintessence de la matière.

Vous êtes la lumière du monde (Matthieu 5, 14). Cette phrase évoque cette part divine que nous portons en nous. En effet, le microcosme humain possède toutes les valeurs du cosmos, toutes les caractéristiques du macrocosme. L’homme contient en lui tout l’ordre de l’univers.

Je suis tout et rien à la fois.

Etre tout et rien à la fois : voilà notre véritable nature, paradoxale.

Nous sommes un courant continu de changement, pris dans les cycles du temps, de la matière et des événements. Nous faisons partie intégrante de la marche du monde.

Nous l’avons vu, l’éveil spirituel amène à se rendre compte que notre espace de liberté est très restreint, pour ne pas dire nul. Mais il permet surtout à notre conscience de s’ouvrir sur le réel, et à ce titre il constitue un véritable chemin de libération :

  • nous sommes enclins à accepter toute chose,
  • nous nous acceptons tels que nous sommes et abandonnons tout sentiment de culpabilité,
  • nous ne sommes plus dans le jugement,
  • nous aimons tout être et toute chose (lire notre article sur la loi d’amour), ce qui nous amène naturellement à l’entraide et à l’empathie,
  • nous n’avons plus peur du changement ou de la mort,
  • nous ne désirons plus rien pour nous-mêmes.

Cette voie de paix et de sérénité mène à l’action juste, et donne accès à la vie éternelle. C’est peut-être de cette manière que nous pouvons nous changer nous-mêmes et changer le monde.

Lire aussi notre article : Qui suis-je ? Que suis-je ?

Pour votre bibliothèque :

  • La petite voix, d’Eileen Caddy. Un petit trésor de méditation quotidienne : une pensée à lire chaque soir.

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