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Mémento du grade de Maître Elu des Neuf (9ème degré)

4.83/5 (6)

Voici le résumé du grade de Maître Élu des Neuf, 9ème degré du REAA, et son interprétation. Cet article vient après le grade d’Intendant des bâtiments (8ème degré).

Le Maître Élu des Neuf est aussi appelé “Élu de Pérignan” ou “Élu de l’Inconnu”.

Ce grade est le premier des grades d’Élu, ou grades de vengeance, qui relatent le châtiment des assassins d’Hiram. Ces grades, apparus en France dès 1740, forment la “troisième classe”.

Au-delà de l’assouvissement d’une pure vengeance, ce grade représente un idéal de justice et d’équité triomphant de l’ignorance et du fanatisme, grâce au progrès de la Connaissance et de la morale.

Si les grades de la classe précédente apportent le temps de la méditation, de l’étude et de la réflexion, les grades d’Elu ouvrent celui de l’action, de l’accomplissement d’une mission d’une haute valeur morale. Ainsi la légende, sans occulter la réalité du crime qui endeuille le Temple, achemine vers un nouveau stade de réflexion et un autre niveau de conscience.

Etes-vous Maître Élu des Neuf ? Le sort en a décidé, la caverne m’est connue.

Rappelons que la mort d’Hiram a interrompu les travaux jusqu’à ce que l’on retrouve les assassins morts ou vifs.

A ce grade, les mots-clés sont vengeance, désobéissance, zèle et clémence.

Voici l’essentiel sur le grade de Maître Élu des Neuf, 9ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Le Maître Élu des Neuf et les officiers en loge.

Le Président représente le roi Salomon et prend le titre de “Très Souverain Maître”. Le seul Surveillant représente Stolkin, qui découvrit le corps d’Hiram.

Le candidat représente Johaben, chef des Neuf Elus envoyés à la poursuite des assassins d’Hiram.

9ème degré : les décors et le tableau de loge.

La loge se nomme Chapitre et se tient dans la salle d’audience du palais de Salomon. Elle est tendue de noir, parsemé de flammes rouges, et décorée de colonnes alternativement rouges et blanches (le blanc symbolise l’ardeur et la pureté des Elus).

Un poignard est placé à côté de la Bible. Sur le plateau du Président, un sceptre et un poignard sont placés sur un coussin rouge feu. Le Président n’utilise pas de maillet, mais son seul sceptre. L’Inspecteur frappe les coups avec un poignard qu’il tient constamment en main.

La loge est éclairée de 9 étoiles blanches (huit en octogone autour de l’autel et une entre l’autel et l’Orient).

Le tablier est blanc tacheté de rouge, bordé et doublé de noir ; sur la bavette, un bras tenant un poignard. Le cordon est noir orné de neuf rosettes rouges (4 par devant, 4 par derrière, la dernière servant d’attache au bijou).

Le bijou qui pend du cordon est un poignard à poignée d’or et à lame d’argent. Ce bijou est commun aux 9ème, 10ème et 11ème degrés.

Le tableau de loge est une peinture qui représente la caverne au bord de la mer, avec à l’intérieur une lampe, un poignard, et à l’entrée un buisson ardent et une fontaine. Au loin sur la mer, un arc-en-ciel.

La cérémonie de réception de Maître Élu des Neuf.

Tout d’abord, Salomon demande au récipiendaire s’il est prêt à venger Hiram et à se laisser conduire par l’Etranger jusqu’à l’endroit où se cache le coupable. On lui bande les yeux. Lorsqu’il entend frapper 9 coups, on lui retire le bandeau et il voit le tableau de loge éclairé.

Salomon révèle que l’Etranger est un inconnu venu jusqu’au palais pour lui révéler le secret de la cachette d’un des meurtriers d’Hiram : Abiram. Salomon fait procéder à un tirage au sort dans une urne afin de choisir les 9 maîtres chargés de poursuivre les meurtriers. Johaben fait partie des Neuf.

Salomon ordonne ensuite aux Neuf de suivre l’Etranger vers la caverne et de s’emparer du meurtrier. Sur la route, Johaben, assoiffé de vengeance, devance les autres maîtres. Il passe par des “chemins obscurs et difficiles d’accès”. Il trouve la caverne et aperçoit le meurtrier couché sur le dos, un poignard à ses pieds. Oubliant les instructions de Salomon, Johaben se saisit du poignard et frappe le suspect au front puis au coeur. Abiram tombe en prononçant NEKAM (“vengeance”). Johaben lui coupe la tête et boit à la fontaine.

Puis Johaben s’endort, avant d’être rejoint par ses frères, qui lui reprochent alors son geste et sa désobéissance. Il boivent aussi à la fontaine. Tous retournent à Jérusalem, Johaben portant la tête du meurtrier dans sa main.

Les Neuf Elus sont ensuite conduits dans la salle d’audience du roi Salomon. Salomon est furieux en voyant Johaben avec à la main la tête d’Abiram ; il demande à Stolkin de le mettre à mort. Mais les autres Elus se mettent à genoux pour demander sa grâce. Salomon finit par pardonner à Johaben.

Le symbolisme du 9ème degré.

Le récit du 9ème degré nous apporte plusieurs révélations :

  • la vengeance poursuit toujours le crime. Autrement dit, le crime ne reste jamais impuni : tôt ou tard, le coupable sera châtié,
  • outrepasser les ordres reçus comporte de grands risques,
  • il est nécessaire d’avoir de vrais amis pour intercéder en notre faveur,
  • enfin, le récit met en évidence la clémence et la sagesse d’un bon Roi.

Abiram.

Abiram est le meurtrier exécuté dans la caverne par Johaben. Abiram est l’anagramme de Hiram Abi, sa face sombre.

Le symbolisme de la caverne.

En poursuivant le meurtrier, Johaben cherche en réalité à dévoiler une face sombre de sa personnalité, autrement dit le mauvais compagnon qui dort en lui. Cela peut expliquer sa précipitation à entrer dans la caverne, qui peut être vue comme le fond de son âme, son propre cabinet de réflexion.

Le lieu géographique.

La caverne est située près de la mer, symbole de l’eau (l’âme humaine). L’eau est un élément changeant, tantôt attiré vers le bas, tantôt vers le haut. L’eau peut être calme ou agitée.

La caverne est près de Joppé (Jaffa, aujourd’hui près de Tel Aviv), le port où arrivait le bois de cèdre livré par Hiram de Tyr à Salomon pour la construction du Temple.

Le poignard, la lampe et la fontaine.

La violence du geste de Johaben peut s’expliquer par la rage vis-à-vis de ce qu’il déteste en lui. La lampe lui permet de voir la réalité de ce qu’il est : c’est la petite lumière intérieure. Le poignard est l’arme du combat rapproché, du corps à corps qui nous oppose à nous-mêmes. Lorsqu’il frappe au front, Johaben cherche à atteindre le siège symbolique de ses mauvaises pensées, et lorsqu’il frappe au cœur, il atteint le siège de ses passions. En coupant la tête il cherche à anéantir l’intellect mal maîtrisé. Son action effectuée, Johaben peut alors boire à l’eau de la fontaine et étancher sa soif de pureté. Johaben peut alors renaître et retourner dans le monde en brandissant la tête coupée pour montrer qu’il est libéré de toute passion.

Le Buisson Ardent.

C’est une référence biblique à Moïse. Ce buisson flambe mais ne se consume pas. Il sert à signaler la présence divine. Il peut évoquer l’Amour ou la substance véritable de la Lumière que nous portons en nous.

L’Etranger.

L’Etranger est un inconnu qui guide les neuf Elus vers la caverne. Il est accompagné d’un chien qui peut symboliser notre intuition qui nous guide vers la Vérité : c’est le bon guide, toujours fidèle. Mais il peut aussi représenter nos plus bas instincts.

Conclusion sur le grade de Maître Élu des Neuf.

La légende du grade nous invite à pénétrer dans les mystères de notre psychisme et de notre conscience. Nos mauvais compagnons sont toujours là, tapis dans l’ombre. Nos instincts, les illusions de notre mental, nos désirs, nos passions et nos envies coexistent avec notre morale intérieure. Mais cette dernière peut aussi être vaniteuse et passionnée, en particulier lorsqu’elle nous pousse à la vengeance sans procès.

Cette lutte intérieure s’oppose à la vertu, à la rigueur et à la sagesse. Johaben, par sa précipitation, montre que sa conscience est encore envahie par les impuretés de l’ego.

Cependant, Salomon, après s’être mis en colère, le pardonne. Ce pardon rappelle la miséricorde et l’Amour divins. Salomon reconnait implicitement le courage de Johaben qui est parti à la recherche des profondeurs de son âme. Certes, Johaben a répondu à la violence par la violence, et c’est une faute, la seule vertu étant celle du pardon et de l’amour.

Enfin, la légende décrit aussi le parcours qui nous conduit jusqu’à nos mauvais compagnons. Le chemin est tortueux et difficile, et nous devons nous laisser guider par des inconnus…

Lire aussi : L’essentiel du degré d’Illustre Élu des Quinze (10ème degré du REAA).

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Modif. le 8 octobre 2020

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