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Les neuf Maîtres Elus : planche au 9ème degré REAA

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Les neuf Maîtres Elus : qui sont-ils ? En quoi consiste leur élection et que signifie-t-elle ? Voici une planche au 9ème degré REAA.

Au neuvième degré, un inconnu fait irruption dans le palais. Il vient livrer une information capitale au roi Salomon. Ce dernier sort de la salle d’audience avec hâte pour s’entretenir avec lui. Salomon regagne ensuite la salle d’audience et annonce aux maîtres que l’étranger connaît l’endroit où se cache l’un des assassins d’Hiram. L’inconnu est prêt à guider ceux qui seraient prêts à le suivre :

Tous les Maîtres, dans un grand élan du cœur, se déclarèrent prêts à l’accompagner.
Salomon en ressentit une profonde satisfaction, mais il déclara que neuf Maîtres suffiraient et que le sort désignerait ceux qui allaient poursuivre les meurtriers.
Des billets portant les noms de tous les Maîtres furent placés dans une urne et les neuf dont les noms sortirent furent ainsi élus.

Le rituel précise qu’à ce moment-là, les maîtres étaient plus de 90. Or Salomon décide que seuls 9 seront élus. Le chiffre 9, omniprésent à ce degré comme au précédent, symbolise le triple ternaire, les attributs divins, la triple nature de Dieu et de l’homme (corps, âme, esprit).

Le mode de sélection des maîtres destinés à se lancer à la poursuite du premier meurtrier d’Hiram peut paraître étonnant. Salomon aurait pu désigner les maîtres les plus dévoués, zélés ou courageux, mais il refuse de choisir et s’en remet aux résultats d’un tirage au sort, à partir de bulletins placés dans une urne. Rappelons qu’aux degrés précédents, le coeur d’Hiram était contenu dans une urne…

Ici, le « sort » peut être abordé de deux manières différentes :

  • on peut y voir le fait du hasard,
  • on peut aussi l’interpréter comme la destinée, dans le sens de quelque chose qui serait déjà écrit et qui s’imposerait à nous.

Dans ce dernier cas, l’élu est celui qui est désigné par Dieu (ou « l’ordre cosmique ») pour subir les épreuves et tenter de percer les secrets.

Les neuf Maîtres Elus : voici donc une planche au 9ème degré REAA.

Voir aussi le rituel de Maître Elu des neuf

Q. – Êtes-vous Maître Élu des Neuf ?
R. – Le sort en a décidé, la caverne m’est connue.

Les neuf maîtres élus, tirés au sort, ont vocation à visiter la « caverne », peut-être parce qu’ils possèdent en eux un potentiel de progression suffisant. Leur destin (ou leur propre nature) les place donc sur le chemin de la Connaissance, en l’occurrence celui de la connaissance de soi.

La caverne représente notre âme, notre psychisme dans son côté inconscient, inconnu, non maîtrisé. Nous devons entrer dans la sombre caverne, pénétrer notre labyrinthe mental pour tenter d’y déceler les forces cachées qui déterminent nos pensées. Parmi ces forces, il y a nos mauvais compagnons, eux qui tirent les ficelles et se font passer pour notre être véritable alors qu’ils ne représentent que le « partiel » en nous. Les mauvais compagnons (notre ego) veulent régner en maître sur notre vie, nous coupant ainsi de toute spiritualité, nous fermant le chemin de Dieu et de la vérité.

Lire aussi la planche : « La caverne m’est connue »

Au troisième degré, nous avons démasqué ces mauvais compagnons et résisté à leurs assauts. Mais ils conservent leur pouvoir de nuisance. Désormais, il s’agit de les anéantir, ce qui demande un effort considérable, un véritable saut existentiel.

Il serait plus facile de laisser le contrôle de notre vie aux mauvais compagnons, eux qui ne s’embarrassent pas du doute, de la vérité, ni de la présence des autres… Les neuf maîtres sont « élus » dans le sens où ils comprennent ce qui se joue au fond d’eux, et semblent pouvoir trouver les ressources suffisantes pour envisager de sacrifier une part importante d’eux-mêmes.

L’élection dont il s’agit n’est pas simplement une façon de choisir les maîtres qui partiront à la poursuite d’Abiram. C’est aussi la promesse d’un accomplissement :

Q. – Comment votre élection fut-elle accomplie ?
R. – Par la vengeance, la désobéissance, la clémence et huit et un.

Q. – Expliquez cela.
R. – Par la vengeance, j’ai détruit le traître ; par la désobéissance, j’ai outrepassé les ordres du roi ; par la clémence, grâce à l’intercession de mes Frères, j’ai obtenu le pardon du roi ; enfin, par huit et un puisque nous fûmes seulement neuf choisis pour accomplir cette mission.

L’élection consiste donc en un processus d’accomplissement personnel : c’est le destin de ceux qui sont prêts à se confronter à eux-mêmes, à leurs propres défauts, limites et imperfections. Les élus sont ceux qui osent se mettre en danger. L’échec ou les erreurs (inévitables) leur révèleront de nouveaux points à corriger, de nouveaux éléments à combattre.

L’élection promet de dévoiler ce qui est au plus profond de nous : elle fera ressortir la colère, l’orgueil, la désobéissance, le décentrage ; elle fera aussi émerger le besoin de clémence, de pardon à soi-même…

Au final, être élu signifie : j’accepte l’épreuve.

Les neuf maîtres élus partent en quête d’eux-mêmes. Les neuf peuvent représenter neuf forces intérieures, neuf points d’appui, neuf enseignements, peut-être tout simplement les leçons reçues aux degrés précédents : l’instrospection (1er degré), l’ouverture (2ème), le sens du sacrifice (3ème), l’espérance (4ème), la recherche de la perfection (5ème), la saine curiosité (6ème), la justice (7ème) et la charité (8ème).

Il manque à cette liste une neuvième force : l’ego, dont il faut bien reconnaître qu’il constitue l’un des moteurs essentiels de la quête, et en tous cas le thème central du neuvième degré. Précisément, parmi les neuf élus, il y a Johaben, dont le comportement est marqué par un excès d’individualité et de colère.

Si Johaben tue le scélérat, les huit autres frères parviennent eux-aussi à l’objectif. Ils entrent dans la caverne et boivent à la fontaine ; il ne manquent pas de reprocher à Johaben sa précipitation, sous-entendant qu’ils auraient laissé Abiram en vie :

Johaben s’apprêtait à retourner vers ses Frères quand ceux-ci le rejoignirent. Voyant la tête coupée du traître, ils lui reprochèrent d’avoir, par excès de zèle, commis une faute en tuant le criminel et en lui épargnant ainsi le supplice que Salomon avait décidé de lui infliger. Ils lui dirent que le Roi ne lui pardonnerait pas cette désobéissance à ses ordres et voudrait certainement l’en punir, mais qu’ils tenteraient d’intercéder en sa faveur. Puis, ils burent à leur tour l’eau de la fontaine.

Ces huit maîtres joueront un rôle capital en intercédant en faveur de Johaben, intercession qui est, rappelons-le, l’un des cinq points de fidélité au grade d’Intendant des Bâtiments (huitième degré).

A ce stade, la question est : les huit maîtres auraient-ils pu se passer de Johaben ?

Johaben est, parmi les neuf élus, celui qui transgresse la loi et les consignes, rompant la force du collectif. Il représente cette instance qui, dans notre quête intérieure, est encore impossible à domestiquer : ici, l’orgueil combat l’orgueil.

La précipitation de Johaben, son caractère détaché, transgressif, insubordonné, se retrouve dans la batterie du grade, par huit coups plus un : huit coups réguliers, ordonnés, et un coup détaché, déréglé.

Pourtant, c’est bien Johaben qui met à mort le traitre. Rien ne dit que les huit autres maîtres, malgré leurs qualités, auraient trouvé la force et le courage de capturer Abiram et de le ramener à Salomon, avec les risques que cela comporte, notamment celui d’une nouvelle fuite.

S’appuyant sur son ego, Johaben n’a pas été faible, il a trouvé les ressources et la volonté pour trouver le traitre et l’anéantir : à ce titre, il est non seulement l’un des neuf maîtres élus, mais surtout l’élu parmi les neuf.

Voir aussi notre liste de planches du 5ème au 12ème degré

Modif. le 15 mai 2024

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