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L’équanimité : définition selon le bouddhisme

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L’équanimité : définition dans le bouddhisme. Comment parvenir à l’équanimité ? En quoi est-ce un état de bonheur durable ?

L’équanimité est la traduction des termes upekkha (pali) ou upeksa (sanskrit), couramment utilisés dans le bouddhisme, et décrivant un état de sagesse et de sérénité durable, synonyme de bonheur, d’imperturbabilité, de tranquillité d’âme, de paix intérieure, d’égalité d’humeur, de lâcher-prise ou encore de détachement par rapport à soi et aux choses matérielles.

Plus qu’un sentiment, il s’agit d’un niveau de conscience ou d’une qualité morale à cultiver. C’est dans tous les cas un signe d’éveil.

L’équanimité s’oppose au trouble mental et à la souffrance. Elle rappelle beaucoup l’ataraxie des philosophes grecs, stoïciens, sceptiques et épicuriens (lire notre article dédié).

Voyons la définition de l’équanimité dans le bouddhisme.

Lire aussi notre article : La sérénité, définition philosophique.

L’équanimité : définition dans le bouddhisme.

Définition : L’équanimité est l’état d’esprit de celui qui demeure dans la paix et l’équilibre intérieur. C’est aussi le souhait que tous les êtres puissent parvenir à un tel état.

Concrètement, demeurer dans l’équanimité, c’est :

  • ne pas éprouver de peur, d’angoisse, de regret, de culpabilité, de frustration, d’envie, de désir, d’attachement, de jugement, de colère ou de haine. Tous ces sentiments sont dus à l’ignorance des lois cosmiques fondamentales (l’interdépendance, l’impermanence, la vacuité), c’est-à-dire à la méconnaissance des causes de la souffrance,
  • éprouver une forme de bonheur pur.

L’équanimité est rendue possible par le détachement de son soi égoïste. Il en résulte une libération, une ouverture aux autres et au monde, signe d’une conscience qui s’éveille.

L’équanimité peut encore être décrite comme la voie du milieu, celle de l’équilibre, au-delà de la dualité.

C’est une démarche d’acceptation des choses telles qu’elles sont : il n’y a plus de préférence ou de différenciation. Mais il ne s’agit pas pour autant d’une indifférence.

C’est un état fermement ancré dans le présent, loin des regrets du passé et des craintes de l’avenir.

A noter que l’équanimité est l’une des quatre qualités (brahmavihara) qui doivent être méditées et cultivées dans le bouddhisme :

  1. Maitri : la bienveillance, ou le souhait que tous les êtres trouvent le bonheur et les causes du bonheur,
  2. Karuna : la compassion, ou le souhait que tous les êtres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance,
  3. Mudita : la joie, et le souhait que tous les êtres puissent connaître la joie,
  4. Upeksa : l’équanimité.

L’équanimité est surtout décrite comme l’un des sept facteurs d’éveil (bojjhanga), aux côtés de la présence d’esprit, de la persévérance, de la joie, de la tranquillité ou encore de la concentration.

Comment parvenir à l’équanimité ?

Parvenir à l’équanimité implique de ne plus s’attacher à ses pensées négatives, notamment celles qui consistent :

  • à juger les autres,
  • à croire que les choses devraient être autrement,
  • à penser que nous détenons la vérité,
  • à nous imaginer meilleur ou plus fort,
  • à désirer que les autres soient différents ou se comportent autrement,
  • à croire que nous pouvons posséder les êtres ou les choses.

Or la difficulté réside dans le fait qu’il est très difficile voire impossible d’arrêter nos pensées automatique, car cela reviendrait à éteindre le mécanisme de notre ego. Mais il est possible d’identifier ces pensées et de les laisser passer, pour ne plus s’y attacher. La méditation permet cela.

Au-delà de la méditation, il s’agira d’adopter une éthique de vie conforme à celle du Noble Sentier Octuple tel que décrit par le Bouddha : pratiquer la parole juste, se conduire selon les lois morales essentielles, porter attention à toute chose, etc.

Lire aussi notre article : Les quatre nobles vérités du bouddhisme.

De l’équanimité au nirvana.

Le nirvana est un état d’éveil complet et permanent, une sagesse pleine et entière. Il correspond à l’accès à la réalité, à la fin de la souffrance et du karma.

Si l’équanimité n’est pas le nirvana, il est un facteur qui permet de l’atteindre. On pourrait même décrire l’équanimité comme la principale qualité du nirvana.

Ouvrages pour comprendre le bouddhisme :

Modif. le 20 novembre 2020

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