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Les grands initiés : planche de compagnon

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Les grands initiés : planche de compagnon. Qui sont les grands initiés et que symbolisent-ils ? En quoi leur exemple éclaire-t-il la démarche maçonnique ?

C’est lors du 4ème voyage, accompli avec l’équerre, que le récipiendaire découvre le cartouche des grands initiés.

Les noms de ces personnages peuvent varier selon les rites et obédiences. Au REAA, on retrouve Moïse, Pythagore, Socrate, Jésus et Koung-Fou-Tseu (Confucius). Ailleurs, il est aussi fait mention de Bouddha, Zoroastre, Hermès ou Mohamed. On aurait pu ajouter à cette liste Aristote, Lao-Tseu, et tant d’autres…

En réalité, la liste des grands initiés n’est pas limitative. Il ne s’agit pas ici de rendre un culte à des philosophes et encore moins à des prophètes, mais de reconnaître leur effort et leur persévérance en direction de la vérité et de la sagesse.

A noter que certains de ces grands initiés ont eux-mêmes été initiés : Pythagore par les Egyptiens, Jésus par les Esséniens… Mais dans leur capacité à renouveler et mettre en perspective l’enseignement reçu, ils peuvent être considérés comme des fondateurs.

Quoi qu’il en soit, ces personnages ont pour point commun d’avoir dépassé les limites humaines pour accéder à de nouveaux niveaux de conscience. En ce sens, leur parole est révolutionnaire et nécessite un saut spirituel pour être comprise, ce qui renvoie à la nécessité d’une démarche initiatique plutôt qu’exotérique. Car souvent, proclamer la vérité ne suffit pas : il faut provoquer une transformation à l’intérieur même du cherchant.

Au REAA, le cartouche des grands initiés est introduit de la manière suivante :

Mon Frère récipiendaire, ce voyage vous a fait connaître les noms de quelques Grands Initiés qui constituent les maillons de la chaîne symbolique formée par les Initiés de tous les temps.
L’Initiation a débuté à l’aube de l’humanité pensante par l’intuition que l’Univers, malgré ses apparences changeantes, est soumis à un plan, à des lois morales et physiques que l’homme doit s’efforcer de découvrir.

Tentons d’aborder l’apport de ces grands initiés.

Moïse

Moïse est le libérateur et le législateur des Hébreux, renouvelant l’alliance du Dieu unique avec son peuple.

Le récit de la vie de Moïse peut être abordé de façon symbolique et initiatique : le sauvetage des eaux (l’âme brouillée), l’ascension de la montagne (la quête), le buisson ardent (la perception de la Lumière éternelle), la traversée de la mer Rouge (la libération des lois physiques), etc.

Sur le mont Sinaï, lors de l’Exode, Moïse reçoit le Décalogue : dix commandements civils et religieux, parmi lesquels : « Un seul Dieu tu adoreras » et « Tu ne tueras point ».

Au-delà de l’affirmation du monothéisme, c’est-à-dire d’un centre commun à toute chose, le judaïsme développera une tradition ésotérique très profonde : la Kabbale.

Pythagore

Pythagore, philosophe et mathématicien au VIe siècle avant JC, fonde à Crotone (Italie du Sud) une communauté intellectuelle et religieuse dont la maçonnerie revendiquera l’héritage. Pythagore est parfois même considéré comme le premier franc-maçon.

Le pythagorisme s’intéresse au cosmos et à l’Homme, mais aussi à l’ensemble des sciences et des arts. Il vise la purification de l’être par la Connaissance, avec une composante initiatique très forte : les nouveaux initiés sont soumis à une période probatoire et silencieuse de 5 ans avant d’accéder aux enseignements ésotériques en présence du Maître.

Le fondement principal de la métaphysique pythagoricienne repose sur le nombre, qui traduit l’essence universelle des réalités. Ici le nombre n’est pas arithmétique mais symbolique. Le serment des initiés se faisait sur la sainte tétraktys, le quaternaire étant l’image de Dieu et de la manifestation harmonieuse (lire notre article sur le symbolisme du chiffre 4).

A noter que le pentagramme était le signe de reconnaissance des Pythagoriciens.

Socrate

Socrate (470-399 avant JC) est un philosophe grec du grand siècle d’Athènes, dont la pensée est principalement connue à travers les oeuvres de Xénophon et de Platon.

Socrate pratique la maïeutique, l’art d’accoucher la pensée par des questionnements successifs visant à faire surgir des vérités intuitives dans l’esprit du cherchant.

Contrairement aux Sophistes, Socrate affirme qu’il « sait qu’il ne sait rien », posant là une première vérité fondamentale qui permet de vaincre toute illusion. Cette idée, complétée du « Connais-toi toi même », constitue une base sûre pour espérer accéder à la réalité, mais aussi au bien, au juste et au beau.

Socrate feint l’admiration face à ceux qui pensent détenir la vérité : c’est l’ironie socratique.

« Laissant la nature aux dieux », Socrate préfère se consacrer à la recherche et à la pratique de la vertu, qu’il assimile à la sagesse et à la tempérance. Pour Socrate, nul n’est mauvais volontairement, la méchanceté provenant de l’ignorance.

Jésus

Jésus (Yéchoua) nait en Judée sous l’occupation romaine. Dans une époque où la pensée juive se renouvelle, il se présente comme le « messie » et annonce la « bonne nouvelle », exaltant l’esprit de sacrifice, de pauvreté, de paix et d’amour. A ce titre, Jésus est l’un des grands fondateurs de l’humanisme. Son précepte est : « aimez-vous les uns les autres ».

Du fait de sa double nature, Jésus joue le rôle de médiateur entre Dieu et les hommes. A travers lui, Dieu se fait l’égal des hommes, allant jusqu’à s’humilier sur la croix, épousant la souffrance terrestre : c’est la kénose. Dans l’autre sens, Jésus vient ouvrir la pensée humaine au verbe divin.

Koung-Fou-Tseu

Koung-Fou-Tseu, dit Confucius (551 – 479 avant JC) est un philosophe chinois, fondateur du confucianisme, l’une des trois écoles de pensée chinoise traditionnelle, les deux autres étant le taoïsme et le bouddhisme.

Le confucianisme est une voie d’épanouissement dont le but est de devenir un homme honorable vivant en harmonie avec son prochain. L’importance attachée aux rites et aux cérémonies lui donne l’aspect d’une religion, même si Confucius n’évoque aucun dieu.

Confucius décrit une morale positive, structurée par les rites, l’art de se conduire avec loyauté et sincérité, valeurs qui doivent fonder la société. Il prône ainsi une morale du « juste milieu », de l’équilibre et du devoir. Sa philosophie s’ordonne autour de l’humanisme et de l’équité.

Lire ici quelques citations de Confucius

Chaque grand initié peut être vu comme l’expression de la même vérité, bien qu’abordée différemment :

  • Moïse l’aborde par l’alliance et la loi divine,
  • Pythagore par les nombres et les figures géométriques,
  • Socrate par la philosophie de la connaissance de soi,
  • Jésus par l’amour,
  • Koung-Fou-Tseu par la morale du juste milieu,
  • Mohamed par le recentrage sur la loi divine,
  • Bouddha par le non-soi,
  • Lao-Tseu par le tao,
  • etc.

Il est par ailleurs intéressant d’associer et de recouper le message de chacun de ces grands initiés : un fil conducteur se dessine alors, qui ouvre de nouvelles voies de compréhension.

Soulignons le parallèle presque évident entre les grands initiés et l’étoile flamboyante : chaque grand initié peut être vu comme un homme debout, éveillé, rayonnant, ce que l’image de l’étoile traduit bien. La lettre G en son centre pourrait alors renvoyer à « Grand Initié », lesquels possèdent la Gnose.

Au final, nous avons là des exemples d’Hommes universels, transmetteurs du verbe éternel, de la raison et du logos. Si la forme du message varie, la signification est la même : si nous arrivons à nous défaire de nos voiles, alors nous pouvons nous laisser traverser par la Lumière universelle.

Voir aussi notre liste de planches au grade compagnon, 2ème degré REAA

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Modif. le 15 avril 2024

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