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La Lumière en franc-maçonnerie

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La lumière en franc-maçonnerie : que représente-t-elle, que signifie-t-elle ? Comment comprendre le symbolisme de la lumière lors de l’ouverture des travaux ?

Rituel du 1er degré REAA :

Le Vénérable Maître : Frère Premier Surveillant, qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans la Loge ?
Le Premier Surveillant : La Lumière, Vénérable Maître.
Le Vénérable Maître : Que cette Lumière nous éclaire !

Le démarrage des travaux marque l’entrée de la lumière dans la Loge. Mais que symbolise cette lumière ?

Le symbolisme de la lumière en franc-maçonnerie.

Voyons d’abord les différentes étapes par laquelle la lumière entre en Loge.

L’allumage des petites étoiles et l’ouverture du Volume de la Loi Sacrée.

Après avoir appelé la Lumière à nous éclairer, le Vénérable Maître demande au Maître des Cérémonies de procéder à l’allumage des petites étoiles. Les petites étoiles sont ces grandes vertus qui seront nécessaires à chacun de nous lors de la construction du Temple, c’est-à-dire de notre Temple intérieur : la Sagesse, la Force et la Beauté, ces grands courants cosmiques qui, en descendant dans l’atelier, guident nos pas.

Puis le Vénérable Maître demande au Frère Expert d’ouvrir le Volume de la Loi Sacrée au prologue de Jean et de disposer sur celui-ci le compas et l’équerre. Ces éléments forment les “trois grandes lumières de la franc-maçonnerie”.

Le prologue de Jean lui-même invite à recevoir la lumière :

  1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
  2. Il était au commencement en Dieu.
  3. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.
  4. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
  5. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.
  6. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.
  7. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui :
  8. non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
  9. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.
  10. Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.
  11. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
  12. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
  13. Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.

Enfin, l’éclairage du Delta lumineux, symbole du Grand Architecte de l’Univers, et le déploiement du tapis de loge marquent la dissipation définitive des ténèbres et l’ouverture d’un espace sacré.

La lumière est donc omniprésente lors de l’ouverture des travaux maçonniques. Mais que représente-t-elle ?

La lumière : le Verbe, la vie, la conscience.

La lumière est ce qui permet de voir : sans lumière, il n’est pas possible d’appréhender les choses. C’est donc une invitation à voir, à écouter, à toucher, à sentir, à connaître et à comprendre. La lumière est donc Connaissance, ou plutôt chemin de Connaissance, comme un lien qui permet la rencontre entre l’âme humaine et l’Esprit supérieur.

Dans le prologue de Jean, la lumière est associée au Verbe et à la vie. Le Verbe est la parole divine, l’expression du plan de Dieu. Le prologue nous invite à recevoir cette parole, et au-delà, à la comprendre, à l’intérioriser afin de ne pas demeurer dans les ténèbres.

Le Verbe est tel un rayon solaire qui part du centre (le Principe invisible, non créé, non manifesté) pour rencontrer la périphérie du cercle (le monde déployé, manifesté). Ce rayon fait le lien entre Dieu et la Création, entre Dieu et nous-même : il symbolise un point de contact, une alliance.

En loge, l’ouverture des travaux est un appel à accueillir la lumière. Il s’agit d’ouvrir notre conscience afin qu’elle rencontre la conscience universelle. Cette superposition, ou fusion des consciences, constitue l’exacte définition de notre alliance avec le divin.

L’objectif est donc d’accéder à un niveau de conscience supérieur. Il s’agit de prendre du recul, de dépasser notre individualité pour rencontrer l’univers, l’universel, le Tout.

Rencontrer le Tout, c’est tout accepter. C’est abandonner nos jugements en bien et en mal pour accueillir le monde tel qu’il est. C’est reconnaître et accepter l’ordre universel. C’est aimer toute chose, tout événement, tout être. Tel est donc le chemin de vie proposé.

Toute la difficulté réside dans notre capacité à nous laisser pénétrer par la lumière, qui est vérité et évidence…

Lire aussi notre article : La lumière luit dans les ténèbres : interprétation.

Les ténèbres.

A l’inverse, les ténèbres représentent les obstacles à la lumière, donc à la vérité. C’est le refus d’ouvrir notre conscience, par manque de travail ou de volonté.

Les ténèbres représentent l’attachement à nos illusions, à nos préjugés, à nos habitudes, à nos instincts, à nos automatiques appris. Les obstacles à la lumière sont intérieurs.

Pourtant, on aurait tort d’opposer ténèbres et lumière. La lumière n’est pas en lutte contre les ténèbres, elle cherche au contraire à les embrasser, à les aimer, à pénétrer l’obscurité pour la dissoudre.

Il ne s’agit pas de rejeter nos instincts, qui sont naturels, ou de réprouver notre éducation, qui est nécessaire. Il s’agit au contraire de comprendre notre fonctionnement, de dépasser nos conditionnements pour accéder à la part universelle de nous-même. Il s’agit de nous aimer nous-même, et d’aimer les autres tels qu’ils sont.

Les ténèbres sont le fait de pas vouloir recevoir la lumière : c’est l’attachement à l’ignorance, le refus d’ouvrir sa conscience.

De midi à minuit.

En loge, les travaux se font de midi à minuit. Midi représente la plénitude de la lumière, un point d’équilibre furtif, un instant de vérité qu’il faut essayer de prolonger. C’est le point d’accès au zénith, à l’éternité.

Mais la nuit finira par se réinstaller, avec ses mystères et ses doutes. L’épreuve de l’obscurité ravivera le souvenir de la lumière dans notre intériorité. Elle nous rendra plus fort.

Lire notre article complet : “de midi à minuit”.

La lumière en franc-maçonnerie : conclusion.

L’annonce de l’entrée de la lumière dans la loge invite à une métamorphose de nous-même par la renaissance initiatique. L’ouverture d’un espace sacré nous incite à pénétrer le mystère de la vie.

Il ne tient qu’à nous de marcher sur le chemin de la vérité. Les ténèbres s’évanouiront naturellement par notre lâcher-prise. Nous découvrirons alors, peut-être, les secrets de l’existence…

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Modif. le 29 septembre 2020

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