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Frappez et l’on vous ouvrira : interprétation

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Frappez et l’on vous ouvrira : comment interpréter cette phrase de Jésus ? Quel sens caché ? Tentative d’explication.

Dans Matthieu, 7 (Nouveau Testament), on peut lire :

7) Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.
8) Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.
9) Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ?
10) Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ?
11) Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
12) Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.

Pour énigmatique qu’elle soit, la formule “frappez et l’on vous ouvrira” manifeste une sorte de générosité bienveillante : celui qui frappe à la porte sera immédiatement accueilli.

Mais de quelle porte s’agit-il ? Qui donne l’entrée ? Que peut bien se trouver derrière cette porte ?

Jésus dit que de “bonnes choses” seront données à ceux qui les demandent : il s’agit sans doute de nourritures de l’esprit. De quoi s’agit-il exactement ?

Voici une tentative d’interprétation de la formule “frappez et l’on vous ouvrira”.

Lire aussi notre article sur le symbolisme de la porte.

“Frappez et l’on vous ouvrira” : interprétation.

Dans Matthieu 7, 7, “frapper” est synonyme de “demander” et de “chercher”.

C’est donc le cherchant qui frappe à la porte, celui qui se pose des questions sur le sens de la vie, sur Dieu, sur le monde et sur lui-même.

Le cherchant s’est lui-même placé sur le chemin de la connaissance. Loin d’être passif, il fait preuve de volonté : s’il frappe à la porte, c’est qu’il est prêt à recevoir la vérité.

De quelle porte s’agit-il ?

Il s’agit d’une porte qui marque l’entrée dans un nouveau niveau de conscience, un nouveau monde spirituel.

Cette porte est certainement un point de passage décisif : passer de l’autre côté, c’est renoncer à son ancien “moi” pour devenir un être nouveau, plus éveillé.

Il faudra donc abandonner la part sombre de nous-mêmes, autrement dit nos vices et nos défauts.

“Frappez et l’on vous ouvrira“… Qui donne l’entrée ?

On pourrait penser que c’est Dieu qui donne l’entrée à ce nouveau monde. D’ailleurs, Jésus évoque à plusieurs reprises le Royaume de Dieu : Dieu miséricordieux accueille dans son royaume les hommes qui s’y sentent prêts.

Le Royaume de Dieu est en quelque sorte un paradis retrouvé : il symbolise la délivrance, la fin des illusions, la paix intérieure, le pardon, l’Amour et le bonheur.

En réalité, nous nous donnons nous-mêmes l’entrée dans ce monde. Car la porte s’ouvre presque automatiquement lorsque nous frappons. Frapper, c’est vouloir accéder, c’est s’autoriser à pousser la porte et à pénétrer.

Un alignement est nécessaire pour que la porte s’ouvre. L’être illusionné (orgueilleux, décentré, non-éveillé) ne comprend pas l’utilité de la porte ; il ne la voit même pas.

Cet alignement consiste à cesser de nous voir comme le centre du monde. Il s’agit de renoncer à posséder, à contrôler, à juger et à avoir raison. En renonçant à l’idée que nous sommes des êtres autonomes, séparés et supérieurs aux autres, nous nous soumettons à la loi universelle ; nous retrouvons notre véritable place dans le cosmos, tout près de l’arbre de vie ou axe du monde.

Ainsi, nous nous rachetons nous-mêmes : nous renonçons à nos fausses idées pour nous mettre en conformité avec la loi divine, ce qui nous permettra de réintégrer le paradis perdu.

Comment en arrive-t-on à frapper à la porte ?

Celui qui frappe à cette porte le fait parce qu’il ressent en lui un authentique désir de comprendre et de se raccrocher au Tout.

Le porte ne s’ouvre que parce qu’on le désire ardemment ; elle se dérobe à ceux qui ne manifestent pas l’intention de s’élever.

Autrement dit, la porte s’ouvre uniquement à ceux qui souhaitent entrevoir la vérité ainsi que les secrets de la connaissance, non pas pour eux-mêmes, non pas pour dominer ou régner, mais parce qu’ils y aspirent profondément.

Cachés au fond de nous, l’Amour et la Justice nous incitent à pousser la porte. D’ailleurs, seuls les justes pénétreront dans le Royaume :

33) Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
34) Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Matthieu, 6

Ici, ne pas s’inquiéter du lendemain, c’est renoncer à se projeter, c’est se défaire de ses attentes, de ses peurs et de ses illusions. C’est retrouver la connexion avec l’univers en s’ancrant dans le moment présent : le Royaume de Dieu est ici et maintenant, il est là devant nous, “au-dedans de nous” comme le dit Jésus.

Que peut-on trouver de l’autre côté de la porte ?

On l’a compris, on ne frappe pas à la porte par curiosité. Frapper doit être un acte volontaire et sincère.

Et ce qui est dévoilé apparaît alors comme une évidence. Les choses sont telles qu’elles doivent être. S’il y a désordre, il ne peut exister que dans notre esprit. Le mal n’existe pas en lui-même. Rejeter est un mensonge. Haïr est une impasse. Refuser de comprendre est une erreur. L’Amour est la grande loi du monde car tout est solidaire et interconnecté.

Derrière la porte, il y a nous-mêmes, cette fois dans notre dimension universelle, absolue et illimitée. C’est la part de nous qui est prête à fusionner avec le cosmos tout entier, dans un bonheur total. La mort et la souffrance ont disparu. Seule subsiste la joie infinie d’être au monde.

“Je suis la porte”.

Jésus Christ, qui grâce à la force de son amour a vaincu la mort et l’idée même du mal, symbolise la porte et ce qui se cache derrière.

Citons Jean, 10 :

1) En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. (…)
7) Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. (…)
9) Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages.
10) Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance.

Frappez et l’on vous ouvrira en franc-maçonnerie.

“Frappez et l’on vous ouvrira” est une phrase souvent citée et commentée en loge, sans doute parce qu’elle rappelle la démarche du profane qui ressent en lui le besoin de s’élever.

La sincérité de la démarche est la clé du succès : là encore, le chemin se dévoile à celui qui est prêt à l’emprunter.

Lors de sa première entrée dans le Temple, le néophyte aura à franchir la porte basse : il devra se baisser en signe d’humilité pour entrer dans l’espace sacré, consciemment soumis aux lois du Grand Architecte de l’Univers.

Suggestion de lecture :

  • La petite voix, d’Eileen Caddy. Un petit livre de méditation quotidienne : une pensée à lire chaque soir.

Modif. le 12 septembre 2020

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