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Le salaire du compagnon

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Qu’est-ce que le salaire du compagnon franc-maçon ? En quoi consiste le salaire du compagnon, que représente-t-il sur le plan symbolique ?

Le Vénérable Maître : Frère Second Surveillant, où les Compagnons Franc-Maçons reçoivent-ils leur salaire ?
Le Second Surveillant : A la colonne J, Vénérable Maître.
Le Vénérable Maître : Frère Premier Surveillant, les ouvriers sont-ils contents et satisfaits ?
Le Premier Surveillant : Vénérable Maître, ils le témoignent sur l’une et l’autre colonne.

A la fin des travaux, les compagnons reçoivent leur salaire, ce qui les rend le plus souvent “contents et satisfaits”.

“Ce soir, j’ai reçu un bon salaire”, entend-on parfois à la fin des tenues dans la bouche des frères visiteurs.

Mais qu’est-ce que le salaire du compagnon ? Que représente-t-il sur un plan symbolique ?

Le salaire du compagnon et son symbolisme.

Dans le monde profane, le salaire est une rétribution pour un travail accompli. Le salaire procède d’un échange matériel : l’ouvrier vend sa force de travail pour en tirer les moyens de sa subsistance. L’employeur en tire une plus-value. L’ouvrier “s’exploite” lui-même, et le donneur d’ordre “exploite” son employé. Il est donc question d’une ressource à épuiser, la fatigue étant un signe d’affaiblissement de la ressource.

En franc-maçonnerie, les choses sont différentes : notre salaire découle de notre travail personnel ou de la connaissance acquise grâce au travail et à la générosité des autres.

  • Nous travaillons pour nous-même : le salaire est le fruit de notre propre réflexion. Il représente notre cheminement, notre avancée spirituelle.
  • Nous travaillons aussi pour les autres : nous réfléchissons ensemble, nous partageons nos découvertes et nous contribuons à la construction de l’édifice spirituel universel.

Ici, les notions d’égalité et de fraternité sont essentielles : nous travaillons sur la même matière, avec les mêmes outils, dans une perspective commune. Le but est de construire ensemble, d’aider, d’échanger, de partager points de vue, méthodes et pratiques.

C’est l’idée que l’édifice nécessite le travail de tous pour pouvoir grandir au bénéfice de tous. Le travail est commun, désintéressé ; les fruits sont partagés. Rappelons que le compagnon est celui qui partage son pain : sa nourriture spirituelle.

Le salaire maçonnique n’est donc pas issu d’un échange binaire ou inégalitaire : il vient au contraire du partage désintéressé de la Connaissance : plus on partage, plus on donne, plus on enrichit les autres et soi-même.

Le salaire du franc-maçon : une réponse à un besoin essentiel.

Si le salaire profane permet d’obtenir des moyens de subsistance, le salaire maçonnique répond à un autre type de besoin essentiel : le besoin spirituel.

Le besoin spirituel est un besoin vital pour tout être humain. Il permet d’éclairer plusieurs questions :

  • le sens de la vie,
  • la transcendance (qui concerne le mystère de la cause extérieure à l’existence des choses),
  • l’identité : c’est le besoin de se connaître, sur un plan aussi bien individuel qu’universel,
  • les valeurs et les comportements à adopter.

Le salaire du compagnon est d’autant plus élevé qu’il permet à l’individu d’obtenir des réponses (ou des débuts de réponses) à ces questions.

Comment se concrétise le salaire du compagnon ?

Sur un plan individuel, le salaire du compagnon consiste en une ouverture de la conscience, un enrichissement intérieur et une élévation spirituelle.

Concrètement, il peut prendre les formes suivantes :

  • sérénité (absence de jugement, abandon des illusions),
  • paix intérieure (absence de culpabilité),
  • lâcher-prise,
  • acceptation,
  • sagesse (parole juste, comportement juste, humilité, absence d’ambition),
  • joie,
  • bonheur,
  • amour,
  • espérance,
  • alliance avec le divin,
  • clairvoyance,
  • etc.

La progression spirituelle doit mener en particulier à l’extinction de toute souffrance psychique grâce à une meilleure connaissance de soi.

Sur le plan collectif, le salaire est partage. C’est le plaisir de se retrouver, de se parler, de s’écouter, de transmettre et d’apprendre. C’est la joie de construire ensemble de l’édifice spirituel universel, qui consiste en la communion fraternelle des consciences.

Au final, le salaire se concrétise par une forme de bonheur, de vérité, de connaissance, de perfectionnement, de sérénité, de satisfaction humble, d’amour de soi et des autres.

Recevoir et rendre.

Le salaire du compagnon est en grande partie reçu des autres compagnons : les nouveaux initiés reçoivent avant de donner, la progression des uns se fait grâce à la sagesse des autres, les ouvriers se relaient sans cesse sur le chantier de la vérité.

Recevoir donne envie de rendre : c’est le cercle vertueux de l’amour fraternel.

Le salaire est donc cet échange fraternel, cet enrichissement mutuel, cette construction à plusieurs. Donner, c’est donner à voir. Recevoir, c’est voir et se perfectionner, pour se préparer à rendre.

L’augmentation de salaire.

En franc-maçonnerie, le “salaire” est aussi la récompense du Frère pour le passage d’un degré à l’autre. On parle d’ailleurs de planche d’augmentation de salaire pour accéder à chaque degré supérieur : un travail est là encore nécessaire.

Le salaire est alors ce qui concrétise l’avancement sur la voie.

Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas d’une accumulation de savoirs supplémentaires, mais plutôt d’un dépouillement (abandon des croyances, des illusions, des préjugés, de l’orgueil…).

Le salaire spirituel est donc inversement proportionnel au salaire profane…

Voir aussi : Liste de planches maçonniques au grade de compagnon.

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