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L’inconscient collectif : qu’est-ce que c’est ?

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L’inconscient collectif : définition. Qu’est-ce que l’inconscient collectif ? Quelle différence avec l’imaginaire collectif ? Quelques exemples.

L’inconscient collectif est un concept créé par Carl Gustav Jung (fondateur de la « psychologie analytique ») pour désigner un imaginaire commun aux membres d’un même groupe social.

Rappelons qu’en psychologie, l’inconscient est l’ensemble des phénomènes psychiques qui échappent à notre conscience : ce sont les instincts, les pulsions refoulées, les préjugés, les automatismes, les règles intériorisées, la morale, etc. L’inconscient ne connaît ni l’analyse ni la réflexion : il est spontané et impulsif.

Il y aurait donc un inconscient individuel, et un inconscient collectif, plus profond et plus ancré dans la psyché. Ce dernier aurait la faculté de se reproduire et de perdurer dans la société, apparaissant sous différentes formes.

Du fait de son caractère transpersonnel, le concept d’inconscient collectif relève autant de la psychologie que de la sociologie, de la philosophie ou de la métaphysique.

On peut aussi le rattacher à la spiritualité : il serait alors une sorte de « mémoire universelle » permettant à l’homme d’entrer en contact avec lui-même mais aussi avec l’âme du monde en tant qu’unité organique pensante.

Tentons une définition de l’inconscient collectif.

Lire aussi notre article : Inconscient, subconscient : définition et différence.

L’inconscient collectif : définition.

L’inconscient collectif représente la partie transpersonnelle de notre inconscient.

Contrairement à l’inconscient personnel, l’inconscient collectif ne comporte pas de pulsions refoulées : il ne véhicule aucun antagonisme intérieur, il est neutre, il touche même à l’harmonie universelle.

Tentons cette définition : L’inconscient collectif est l’inconscient partagé entre les individus d’un même groupe social. C’est un ensemble de représentations, d’idées et d’images communes à un groupe humain, transmises de génération en génération.

L’inconscient collectif plonge ses racines dans des temps immémoriaux ; c’est la raison pour laquelle Carl Gustav Jung parle d’un « inconscient archaïque » comme socle de l’inconscient collectif :

psychologie analytique Jung inconscient collectif

Ainsi, chaque individu serait l’héritier d’une longue chaine de souvenirs inconscients formant la mémoire de l’espèce. Cet héritage provient de l’évolution génétique mais aussi de la culture dans laquelle baigne l’individu, elle-même le résultat des différents épisodes de l’Histoire humaine.

Cette culture innée, intériorisée, est au coeur du concept d’inconscient collectif.

Ce que contient l’inconscient collectif.

L’inconscient collectif est constitué :

  • d’instincts partagés : peur, survie, transmission, etc,
  • d’une forme de mémoire et d’expérience accumulée au fil des générations,
  • de croyances et d’idéologies ancrées dans le passé et largement partagées,
  • d’un imaginaire collectif qui offre une certaine interprétation du monde, une certaine vision de la réalité ; à ce titre, l’inconscient collectif est proche de la doxa antique (opinion publique, ensemble des préjugés populaires),
  • de stéréotypes : systèmes de pensée, opinions toutes faites,
  • d’archétypes, c’est-à-dire de personnages, de récits, d’images ou de symboles universels pouvant apparaître, entre autres, dans les contes, les mythes, les légendes, le folklore, les rites, etc. Ces images archétypales sont profondément inscrites dans notre inconscient,
  • de projections : l’inconscient collectif ayant une influence considérable sur le conscient, il invite celui-ci à se projeter dans des schémas magiques, mystiques voire surnaturels.

Ainsi, l’inconscient collectif est un réservoir d’expériences humaines et d’archétypes qui se manifestent et s’amplifient dans nos pensées, nos raisonnements, nos rêves et nos créations concrètes.

Le rapport avec le conscient.

L’inconscient collectif dialogue avec le conscient : il l’influence et le dirige ; Jung dit même qu’il le nourrit, le submerge et le renouvelle. Il occupe une place essentielle dans le rapport de l’individu à la réalité.

Mais la conscience peut parfois dompter l’inconscient collectif, par exemple par l’étude historique ou l’analyse des mythes et des symboles.

Exemples d’inconscient collectif.

L’inconscient collectif influence nos pensées, nos rêves, notre imagination, nos opinions. Il inspire les arts et la littérature. Il sous-tend nos valeurs et nos idéaux.

Voici quelques exemples d’inconscient collectif :

  • l’inconscient familial, parfois mis en valeur par des techniques de psychogénéalogie,
  • l’inconscient lié à l’ethnie ou au groupe culturel,
  • l’instinct de survie du groupe,
  • les mythes anciens, qui peuvent être définis comme des « rêves collectifs » touchant à la fondation, à la disparition ou à la renaissance des sociétés humaines,
  • le souvenir des civilisations disparues, pouvant par exemple conduire à la peur de l’effondrement,
  • le souvenir des drames nationaux (par exemple, en France : la débâcle de 1940),
  • le souvenir de drames ayant marqué l’humanité tout entière (les guerres mondiales, la Shoah…),
  • le désir de voir arriver un leader charismatique (dû au souvenir des grands hommes),
  • l’instinct de révolte ou de libération,
  • les fantasmes collectifs, par exemple les croyances menant à la peur de l’autre,
  • la nostalgie du passé : images d’Epinal, roman national,
  • les croyances en des phénomènes occultes ou supranaturels : extraterrestres, reptiliens, sorcières, diable, Enfers, légendes urbaines, théories du complot,
  • etc.

En conclusion.

Le concept d’inconscient collectif éclaire les pensées et les réactions de l’individu dans toute sa dimension sociale. Il est important de visiter cet inconscient, de le décortiquer pour comprendre le rôle qu’il joue dans notre rapport à la réalité. C’est ainsi que nous pourrons nous détacher des stéréotypes qui déforment nos perceptions.

Cependant, le concept d’inconscient collectif reste difficile à cerner. Il semble qu’il n’y ait pas un inconscient collectif, mais des inconscients partagés à différents niveaux : famille, communauté, nation, espèce humaine…

De plus, l’inconscient collectif se rapproche de la notion de culture au sens anthropologique, c’est-à-dire l’ensemble des éléments communs à un groupe social : arts, usages, modes de socialisation, valeurs communes, idéologies, pratiques sociales et économiques… Ainsi l’inconscient collectif ne serait rien d’autre que la culture intériorisée, si évidente qu’elle est invisible aux yeux de celui qui l’incarne.

Enfin, il faut relativiser le poids de l’inconscient collectif dans le fonctionnement de l’individu, ce dernier étant largement dominé par son propre inconscient, constitué de pulsions refoulées et de règles intériorisées. Chacun développe sa propre personnalité, son propre rapport à sa culture d’origine et à la société. La psychologie doit rester la science de la connaissance de l’individu, et non le moyen d’explorer une « âme du monde » qui reste bien difficile à définir.

Lire aussi notre article : Le ça, le moi et le surmoi selon Freud.

Modif. le 20 mai 2022

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