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Le samsara : définition (bouddhisme)

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Le samsara : définition et interprétation. A quoi correspond cette forme de réincarnation ou de renaissance dans le bouddhisme ?

Dans le bouddhisme, tout ce qui existe se trouve soit dans le samsara, soit dans le nirvana. Le samsara est notre état d’existence présent. Le nirvana, quant à lui, est atteint lorsqu’on arrive à percevoir la réalité telle qu’elle est.

Le samsara est un concept-clé du bouddhisme (et de l’hindouisme), qui a trait au flux des existences qui se succèdent : c’est le cycle des renaissances causé par l’attachement, empreint de souffrance.

En réalité, le samsara est une illusion, un simple rêve.

Tentons de donner une définition précise du samsara et de sa logique de fonctionnement.

Lire aussi notre article sur la roue du karma.

Samsara : définition dans le bouddhisme.

Définition : le samsara est le cycle des renaissances successives qui concerne les seuls les êtres non-éveillés. Ces derniers sont pris dans le flux du samsara, perpétué par l’accumulation du karma.

Le samsara a pour essence la vacuité, pour apparence l’illusion et pour attribut la souffrance.

Le samsara se manifeste à travers six mondes (ou six classes d’êtres) représentés comme étant les six sections de la roue des existences :

  • trois mondes inférieurs d’êtres sensibles :
    • enfers (êtres caractérisés par une souffrance extrême),
    • esprits avides (fantômes, mauvais esprits),
    • animaux,
  • trois mondes supérieurs :
    • humains,
    • demi-dieux,
    • dieux (qui se manifestent dans le royaume du désir, dans le royaume de la forme ou dans le royaume sans formes).

D’autre part, le samsara se manifeste à travers trois plans :

  • le plan du désir, qui comprend les êtres qui peuplent les enfers, les esprits avides, les animaux et les humains,
  • le plan de la forme, qui comprend les divinités (demi-dieux) exemptes de désirs,
  • le plan du sans-forme, qui comprend les dieux, êtres libérés de la matière et des pensées (seule la conscience subsiste).

Définition du samsara : différences entre bouddhisme et hindouisme.

Dans l’hindouisme, le samsara est intimement lié à la réincarnation : c’est la transmigration des âmes de vie en vie. L’individu hérite d’une vie qui correspond à la nature de ses actes passés (karma ou destin). L’âme, ou le Soi, est la partie de l’être qui demeure invariable et qui s’incarne dans différentes créatures mortelles. L’objectif est la libération du Soi, notamment à travers le yoga.

De même, dans le bouddhisme, le samsara désigne cycle des existences conditionnées successives, soumises à l’ignorance, à l’attachement et à la souffrance. Ces états sont là encore conditionnés par le karma.

Mais à la différence de l’hindouisme, la notion d’âme ou de Soi n’existe pas dans le bouddhisme (lire notre article sur le non-soi) : le samsara n’est donc pas une réincarnation d’une âme éternelle, mais la continuation des phénomènes corporels et mentaux conditionnés. Le passage d’une vie à l’autre est simplement dû au karma qui continue sans fin.

Le samsara du bouddhisme n’est donc pas un phénomène réel de transmigration de l’âme : ce serait plutôt une continuation de l’activité mentale et physique d’un individu, causant l’apparition de nouveaux phénomènes mentaux et physiques après sa mort. C’est le désir ardent de cet individu de continuer à exister qui le fait se manifester à travers un nouveau corps chargé du karma de ses vies antérieures. 

Rappelons que dans le bouddhisme, tout être est un agrégat d’énergies matérielles et mentales. Il n’y a pas d’âme éternelle à proprement parler, car rien n’est éternel.

Les causes et la continuité du samsara.

Dans le bouddhisme, le samsara est intimement lié à la souffrance, laquelle est causée par les Trois Poisons : l’ignorance, l’attachement et l’aversion. Les Trois Poisons forment d’ailleurs le moyeu central de la roue des existences.

Ce sont donc nos illusions qui sous-tendent le samsara.

D’autre part, la roue des existences décrit dans son cercle externe l’enchaînement des douze facteurs interdépendants qui font la continuité du samsara :

  1. l’ignorance,
  2. les formations karmiques (induites par nos modes de pensée, nos automatismes),
  3. les consciences,
  4. le nom et la forme,
  5. les six domaines d’expansion des sens (les cinq sens et le mental),
  6. le contact (facultés sensorielles),
  7. la sensation (relation avec les objets),
  8. la soif ou désir,
  9. la saisie (attachement),
  10. le devenir,
  11. la naissance,
  12. le vieillissement.

Lire aussi notre article sur la mort dans le bouddhisme.

La fin du samsara.

Il existe dans le bouddhisme tibétain quatre pensées qui permettent de se détourner du samsara :

Joyeuse à posséder une telle naissance humaine, difficile à trouver libre et pleine de dons.
Mais la mort est une réalité, elle vient sans prévenir. Ce corps deviendra cadavre.
Inéluctables sont les lois du karma : causes et effets ne peuvent être évités.
Le samsara, un océan de souffrance insupportable, d’une insoutenable intensité.
Reconnaissant tout cela, puisse mon esprit se tourner vers la pratique.

Par ailleurs, le nirvana désigne la cessation de la succession infinie des existences : c’est le salut, la libération, la délivrance de la nécessité de renaître et mourir sans cesse. C’est la fin de la souffrance.

Ouvrages en rapport avec le bouddhisme :

Modif. le 17 juillet 2020

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