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La roue du karma : signification, interprétation

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Qu’est-ce que la roue du karma ou roue des existences ? Que représente-t-elle ? Que signifient les cercles concentriques qui la composent ?

Définition : La roue du karma, dite aussi roue de la vie ou roue des existences, représente la situation des êtres pris dans le cycle des renaissances successives : le samsara.

Les êtres pris dans le samsara sont mus par le désir, l’attachement et/ou la haine. Leur état d’ignorance ne leur permet pas de réaliser leur condition.

Remarque : La roue du karma aurait été utilisée par le premier Bouddha comme un outil pédagogique à l’attention des illettrés.

Voyons comment interpréter la roue du karma.

Lire aussi notre article sur la mort dans le bouddhisme.

Description de la roue du karma.

La roue est tenue par un monstre aux pattes griffues : Yama, le dieu de la mort et seigneur des enfers. Il tient la roue par les dents. Ce dieu représente notre enfermement au quotidien.

La roue du karma est composée de 4 parties principales, ou 4 cercles concentriques :

  • au centre, les Trois Poisons du bouddhisme forment le moyeu de la roue ; ils sont représentés par les trois animaux : le porc (ignorance), le coq (attachement) et le serpent (aversion),
  • autour des Trois Poisons, un cercle représente les êtres évoluant en fonction de leur karma vers le haut ou vers le bas. Ce cercle est souvent scindé en deux parties : une partie sur fond noir (êtres avec un karma négatif) et une partie sur fond blanc (êtres bénéficiant d’un karma positif),
  • la roue se subdivise ensuite en 6 grandes sections représentant les six mondes, ou les six classes d’êtres (voir plus bas) pouvant être rassemblés en 3 plans,
  • enfin, la roue se termine par la représentation des 12 liens d’interdépendance, qu’il s’agit de connaître pour arriver à se libérer du cycle infernal du samsara.

Cliquez sur la roue du karma pour l’agrandir :roue du karma bouddhisme

3 plans et 6 mondes.

Intéressons-nous d’abord aux parties principales de la roue du karma. Les 6 mondes représentés à l’intérieur la roue peuvent être rassemblés en trois plans :

  • le plan du désir, qui comprend :
    • les êtres des enfers,
    • les esprits avides,
    • les animaux,
    • et les humains,
  • le plan de la forme, qui comprend la seule catégorie des demi-dieux exempts de désirs,
  • le plan du sans-forme, qui comprend la seule catégorie des dieux, libérés de la matérialité et du mental.

Six mondes forment donc la partie principale de la roue du karma (les séparations entre ces mondes forment les rayons de la roue), qui sont associés aux 6 catégories d’êtres dans lesquelles les individus peuvent renaître.

Parmi ces 6 mondes, on peut distinguer 3 mondes inférieurs, et 3 mondes supérieurs.

Les trois mondes inférieurs :

  • le monde des enfers, peuplés d’êtres en état d’extrême souffrance – au bas de la roue. Ces êtres se trouvent dans un état très avancé de frustration, de dépression ou de folie.
  • le monde des esprits avides tourmentés par la soifà droite juste au-dessus du monde des enfers. Les esprits avides sont mus par un désir maladif et insatiable, sans aucun rapport avec la réalité.
  • le monde des animaux, êtres caractérisés par l’opacité mentale et par un désir lié à leurs besoins primaires – à gauche juste au-dessus du monde des enfers.

Les trois mondes supérieurs :

  • le monde des humains, caractérisé par un état de conscience limité mais doté d’un vrai potentiel – en haut à droite de la roue.
  • le monde des demi-dieux ou titans, êtres libérés du désir pur mais qui restent attachés à des sensations telles la jalousie, l’égoïsme, la haine ou la lutte ; ils sont belliqueux et coléreux, ils veulent dominer et prendre la place des dieux (représentés en lutte permanente contre ces derniers) – en haut à gauche de la roue.
  • le monde des dieux, êtres heureux, libérés de la matière et des pensées, appartenant au plan du sans forme – en haut dans la roue. Attention, ici, le terme “dieu” ne doit pas être pris au pied de la lettre ; les dieux sont simplement des êtres certes détachés de la matérialité, mais toujours trop attachés au bonheur procuré par la méditation.

A noter enfin que dans chacun de ces mondes, un bouddha ou bodhisattva (être éveillé) est parfois représenté, symbolisant l’espoir de sortir de l’enfermement cyclique. Chaque bouddha tient dans ses mains un objet utile aux êtres du monde concerné :

  • un bouddha blanc apparaît dans le monde des dieux, tenant un luth pour jouer la musique de l’impermanence qui manque encore aux dieux pour accéder définitivement au nirvana,
  • un bouddha vert apparaît dans le monde des demi-dieux, tenant l’épée de la sagesse,
  • un bouddha rouge se tient dans le monde des esprits avides, qui distribue nourriture et boisson,
  • un bouddha gris se tient dans le monde des enfers, donnant du nectar, symbole d’apaisement,
  • un bouddha bleu apparaît dans le monde des animaux, tenant un livre, symbole de savoir et de connaissance,
  • un bouddha couleur safran se tient dans le monde des hommes ; il porte un bol et un bâton à trois anneaux, symbolisant l’éveil spirituel.

La voie qui permet d’accéder au nirvana.

Les 12 liens d’interdépendance qui se trouvent représentés à l’extérieur de la roue peuvent nous aider, si nous les comprenons, à rompre le samsara et à accéder au nirvana. Ce sont en effet ces facteurs qui causent le samsara.

Il s’agit de 12 facteurs de coproduction conditionnée : autrement dit, chacun des douze maillons est dépendant du précédent, ou est conditionné par lui.

Ces 12 liens d’interdépendance sont, dans l’ordre (chacun entraînant le suivant) :

  • l’ignoranceen haut dans le cercle extérieur de la roue,
  • les formations karmiques (induites par nos modes de pensée, nos automatismes),
  • la conscience,
  • le nom et la forme (corps physique),
  • les six domaines d’expansion des sens (les cinq sens et le mental), qui nous permettent d’avoir l’expérience du monde extérieur,
  • le contact (facultés sensorielles),
  • la sensation (relation avec les objets),
  • la soif ou désir,
  • la saisie (attachement, appropriation),
  • le devenir,
  • la naissance,
  • le vieillissement et la mort.

Le premier pas pour sortir du samsara consiste donc à reconnaître ces douze liens ou maillons.

Par ailleurs, il existe dans certaines représentations de la roue du karma une image du nirvana, qu’il est possible d’atteindre en empruntant un chemin qui part de la roue elle-même (voir en haut à gauche du dessin ci-dessus).

Roue du karma et roue du dharma.

Il ne faut pas confondre la roue du karma avec la roue du dharma.

La roue du dharma (roue de la loi ou de l’enseignement) est une roue de chariot stylisée dotée de huit rayons voire plus. Elle symbolise en particulier le Noble Sentier Octuple, menant à la cessation de la souffrance et au nirvana.

roue du dharma

Lire aussi notre article sur l’interdépendance.

Ouvrages en rapport avec le bouddhisme :

Modif. le 28 juin 2020

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