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La soumission à Dieu : aliénation ou libération ?

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La soumission à Dieu est-elle synonyme d’asservissement ou au contraire de libération ? Comment le rapport à Dieu est-il abordé dans l’Islam, le judaïsme et le christianisme ?

Les religions monothéistes insistent sur l’importance de se soumettre à Dieu et à ses lois.

Cette incitation peut être vue comme une aliénation : il faudrait renoncer à sa liberté personnelle pour se soumettre à une autorité et un dogme dont la légitimité et la véracité ne sont pas prouvés.

Pour les athées et les anticléricaux, la soumission à Dieu est synonyme d’obscurantisme : elle emprisonnerait l’individu en lui ôtant toute possibilité de réfléchir par lui-même.

Pourtant, nous allons voir que la soumission à Dieu peut constituer un véritable chemin d’épanouissement, de libération et d’élévation, pour peu qu’elle soit libre et éclairée.

Voyons ce que signifie se soumettre à Dieu.

La soumission à Dieu dans l’Islam.

Islam signifie “se soumettre à Dieu”. Une définition plus précise serait : se soumettre à Dieu en conscience et en confiance, ou encore s’en remettre volontairement à Dieu.

Cette soumission est la reconnaissance de l’existence d’une loi supérieure : la loi divine ou loi cosmique. Allah est l’expression de l’ordre universel, il préside à la destinée de toute chose, il est partout présent et garantit l’harmonie cosmique.

Ainsi, se soumettre à Dieu, c’est comprendre que toute chose est conforme à ce qu’elle doit être. C’est renoncer à l’illusion de la liberté, au sens où l’on pourrait décider de tout, s’affranchir de ce qui nous gouverne. C’est donc renoncer à soi-même, à son orgueil et à ses fausses ambitions. C’est cultiver humilité, ouverture et tolérance. C’est aussi accepter les épreuves sans colère.

La soumission à Dieu n’a donc pas d’aspect négatif, ni même passif ; elle constitue paradoxalement un chemin de libération, puisque l’illusion née du décentrage originel (ou de l’ego) s’estompe.

Se soumettre à Dieu, c’est donc lâcher prise, se livrer totalement et inconditionnellement à l’ordre des choses. Nous ne sommes plus le centre du monde : c’est ainsi que nous pouvons retrouver notre vraie place au sein du Tout.

C’est la voie de la paix intérieure, de l’espérance et de la charia (littéralement le “chemin vers la source d’eau claire”).

La soumission à Dieu dans le judaïsme et le christianisme.

La soumission à Dieu est centrale dans l’Ancien Testament (Bible hébraïque) :

Tu craindras ton Dieu.
Lévitique 19, 32

Mais vous craindrez l’Eternel, qui vous a fait monter du pays d’Egypte avec une grande puissance et à bras étendu ; c’est devant lui que vous vous prosternerez, et c’est à lui que vous offrirez des sacrifices.
IIème Livre des Rois 17, 36

Dans ces versets, la soumission se double de crainte. Craindre Dieu revient à reconnaître sa vraie puissance, et incite à obéir à ses lois.

Respecter les commandements divins, c’est corriger le geste orgueilleux d’Adam et Eve qui, en croquant du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ont provoqué leur propre chute et leur entrée dans un monde de mensonge, de peur et de souffrance.

La soumission à Dieu se retrouve aussi dans le Nouveau Testament, par exemple :

Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous.
Jacques 4, 7

Le terme de soumission peut être remplacé par celui plus positif d’alliance : ainsi, l’Ancien Testament décrit l’alliance première entre Dieu et les hommes, alors que le Nouveau Testament propose une nouvelle alliance à travers la personne de Jésus.

Je traiterai avec eux une alliance de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux ; je les établirai, je les multiplierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours.
Ézéchiel 37, 26

A noter que l’alliance est aussi un thème central du Coran : Dieu propose un pacte à Adam, par lequel il le récompense s’il respecte ses commandements, et le punit s’il les transgresse.

Se soumettre à Dieu : aliénation ou libération ?

La soumission à Dieu peut causer de graves dérives, en particulier lorsqu’elle est prônée par des groupes religieux intégristes ou des régimes théocratiques qui affirment détenir la vérité. Elle aboutit à des systèmes liberticides dans lesquels l’individu est constamment soupçonné, contrôlé, soumis.

Dans certains cas, ceux qui déclarent se soumettre volontairement à Dieu le font sans savoir ce que cela signifie. Ils s’auto-illusionnent et sombrent dans le fanatisme.

Lorsqu’elle n’est pas éclairée, la soumission à Dieu débouche sur le prosélytisme, le dogmatisme, l’intolérance et le conflit, qui vont de pair avec l’ignorance des lois universelles.

La soumission à Dieu doit donc se faire en conscience. Elle doit être volontaire : c’est d’abord une volonté de s’ouvrir, de comprendre, de s’améliorer. Cela consiste en un chemin d’élévation et d’épanouissement, un chemin qui ne peut être que personnel. Se soumettre à Dieu, c’est donc faire le choix de travailler à devenir libre, au-delà de ses préjugés et de ses peurs.

Celui qui se soumet à Dieu formule le souhait sincère de connaître et de rencontrer l’Etre suprême : une démarche qui ne peut passer que par un profond et total dépouillement.

Lire aussi notre article : Qui est Dieu ?

Enfin, notons que les philosophies orientales appellent elles-aussi, à leur manière, à se soumettre à Dieu : il s’agit d’emprunter la voie qui mène à la libération de la souffrance (le Noble sentier octuple du bouddhisme), ou encore de marcher sur le chemin de la vérité (le tao de Lao-tseu).

Pour aller plus loin :

Lire aussi notre article : Les religions sont-elles dangereuses ?

Modif. le 17 septembre 2020

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