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Du géomètre à l’astronome

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Du géomètre à l’astronome : planche maçonnique au REAA, 4ème degré, Maître Secret.

A l’origine, la géométrie est la science de la mesure de la terre. Aujourd’hui, la géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures du plan et de l’espace.

Née dans l’Egypte ancienne, la géométrie était utilisée pour la répartition équitable des parcelles entre les paysans. On le voit déjà, la géométrie porte en elle la Justice…

Avec les Grecs, la géométrie devient une science destinée à tester et à développer la capacité d’abstraction de l’homme.

« Nul n’entre ici s’il n’est géomètre » était la phrase gravée à l’entrée de l’Académie de Platon. Pour les Grecs, la géométrie invite à dépasser le stade des sensations pour s’élever vers l’intelligible.

La géométrie, avec les mathématiques, ouvre donc la voie au raisonnement et à la logique, sans interférence des sens. L’être humain s’extirpe de sa caverne…

La géométrie a ensuite traversé les siècles, devenant l’art des architectes et des bâtisseurs de cathédrales.

En tant que francs-maçons, nous avons été initiés géomètres. Par sa maîtrise de l’espace, le franc-maçon se fait architecte et maçon. Par la maîtrise de son espace personnel, il se bâtit lui-même.

Les outils qu’il utilise sont la règle, l’équerre, le compas, la perpendiculaire et le niveau. Le terme même de géométrie n’apparaît vraiment qu’avec le deuxième degré ; c’est d’ailleurs au cours de ce deuxième degré que le franc-maçon a accès au plan, grâce au “pas de côté”.

Pour nous franc-maçons, la géométrie est l’autre nom de l’Art Royal :

  • La géométrie est un raisonnement logique qui permet d’accéder à la connaissance du Vrai. A l’image d’un théorème, tout ce qui est affirmé peut être démontré : ainsi l’édifice ne peut être que stable,
  • La géométrie symbolise la rectitude de la pensée et de l’esprit,
  • La géométrie symbolise la Loi infaillible, l’équilibre et la Justice,
  • La géométrie est la source des arts et du Beau.

Seul le géomètre sait tracer la perpendiculaire, la parallèle, la verticale et le cercle.

Lui seul peut, grâce aux instruments qu’il a lui-même confectionnés, relier les points de manière harmonieuse, équilibrée et juste, afin d’avancer dans la bonne voie.

Voilà donc le franc-maçon tel qu’il se présente à son entrée en loge de Perfection. Mais peu à peu, un autre monde s’ouvre à lui.

Rituel du 4ème degré :

« La Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain; il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais. »

« Quelque admiration que vous inspire le spectacle de l’Univers, du macrocosme au microcosme, souvenez‑vous que vous ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse en présence de son immensité. »

Ces passages laissent le géomètre désemparé et impuissant. En réalisant que la Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain, le franc-maçon comprend que la géométrie, même si elle est indispensable, ne sera pas suffisante.

Car au-dessus du Temple que le franc-maçon bâtit, s’élève un autre monde, symbolisé par la voûte céleste.

Le franc-maçon lève les yeux vers les étoiles et découvre un monde infiniment complexe, infiniment grand, infiniment beau, un monde qu’il ne comprend pas, même s’il se sent attiré par lui.

La construction du Temple n’est pas une fin en soi. Le Temple n’est qu’un outil pour accéder aux étoiles, au cosmos. Encore faut-il trouver et actionner la clé qui en ouvre le passage… Ainsi devons-nous apprendre à passer du géomètre à l’astronome.

La marche de l’astronome.

Positionné au centre de son Temple intérieur, apaisé, l’esprit libre et ouvert, le franc-maçon est disposé à accéder au cosmos. De géomètre, il tend à devenir astronome.

Née en Egypte et dans la Grèce Antique, l’astronomie est la science qui étudie les positions relatives, les mouvements, la structure et l’évolution des astres. L’astronomie est la science de ce qui change, de ce qui est mouvant.

En entrant dans l’univers de l’astronomie, le franc-maçon se projette dans un monde ténébreux, évolutif, un monde d’hypothèses plus que de vérités démontrables.

Les théorèmes laissent place à des constructions théoriques changeantes.

  • Le fini devient infini
  • L’absolu devient relatif
  • Le connu devient inconnu
  • La forme devient point
  • Le chemin devient lumière
  • La matière devient énergie
  • Les réponses deviennent des questions…

Dans ce monde majestueux et mystérieux, simplement éclairé par de faibles étoiles, le franc-maçon prend la mesure de sa faiblesse. Il cherche à retrouver de la stabilité à l’aide de ses outils archaïques mais éprouvés. Il cherche, misérable mais courageux, à tracer de nouvelles lignes. Il relie les points entre eux, créant des constellations, dans un environnement sans limite.

Il établit des ponts de lumière, dont les voûtes imaginaires chassent peu à peu l’obscurité de la grande voûte céleste.

L’astronome est celui qui ouvre ces chemins de lumière.

De la conscience à l’Alliance.

« À ce qu’assurent les doctes pythagoriciens, le ciel et la terre, les Dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté, faite d’amitié et de bon arrangement, de sagesse et d’esprit de justice, et c’est la raison pour laquelle, à cet univers, ils donnent le nom de cosmos, d’arrangement, et non celui de dérangement non plus que de dérèglement. » Platon

Le franc-maçon astronome est en communion avec ce qui l’entoure.

  • Il ne cherche plus pour trouver
  • Il construit moins qu’il ne contemple
  • Il agit moins qu’il ne lâche prise
  • Il accède, par brefs instants, à la pleine conscience.

L’astronome lève les yeux et la surface de son œil cherche à épouser la voûte étoilée. Il remarque les phénomènes célestes, l’alignement ponctuel des astres, les majestueux triangles d’étoiles, même s’il n’en comprend pas le sens.

Il laisse libre cours à son imagination et s’ouvre à la signification des choses, décloisonnant les sciences à l’image du grand astronome et astrologue grec Ptolémée. Ce dernier a véritablement fondé la science de l’observation des astres, en lien avec les nombres, le calcul et la mesure, mais aussi en lien avec l’art et une certaine idée de notre destinée.

Suivant son intuition, Ptolémée décrit les effets astrologiques des étoiles et des planètes (chauffant, rafraîchissant, mouillant, séchant) en fonction de leur apparence, de leur nature, de leur conjonction avec d’autres planètes et de leur position dans le ciel. Les liens avec la mythologie sont évidents.

A l’image de Ptolémée et d’Ulysse, l’astronome franc-maçon se sert de sa conscience pour ouvrir son propre chemin au milieu des ténèbres. Il crée plus qu’il ne bâtit. Il tente de recréer l’ordre supérieur grâce au reflet de sa propre image.

En conclusion : ne pas opposer le géomètre à l’astronome.

Opposer le géomètre à l’astronome serait bien entendu une erreur.

Le franc-maçon doit savoir reconstruire son temple géométrique à tout endroit, à tout moment, dès lors qu’il souhaite s’extraire du quotidien. C’est sur ces bases qu’il pourra s’élever vers ce qui est plus haut.

Le franc-maçon doit maîtriser la géométrie pour reconstruire à chaque instant le temple, rétablir les fondations, se replacer dans un volume protégé et sacré, rempli d’amour, de bonheur et d’espérance, en laissant à l’extérieur l’ignorance, l’ambition, la peur et l’injustice.

Ainsi placé au centre, le franc-maçon accède à un premier niveau de conscience, maîtrisé.

C’est alors qu’il peut s’élever vers la sphère supérieure, par une sorte de magie indéfinissable.

La géomètre fait alors naître l’astronome, en même temps qu’un nouvel espace-temps.

S’il est difficile d’agir en géomètre, il l’est encore plus de se comporter en astronome. La vision de ce qui semble être un chaos peut nous désespérer. L’absence apparente de sens peut nous attrister.

Pourtant, chacun de nos efforts est une lame de lumière qui transperce les ténèbres.

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