Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Le cheval : symbolisme, signification spirituelle

5/5 (1)

Le cheval : symbolique et signification spirituelle. Comment interpréter les qualités du cheval ? Quelle interprétation en psychologie ?

Majestueux, fougueux, impétueux, puissant et rapide, le cheval apparaît comme la plus belle conquête de l’homme.

Animal noble, fidèle serviteur, le cheval est une monture qui élève l’être humain : sans lui, le « chevalier » perdrait son titre, sa stature, son prestige. Le cheval incarne le courage face à l’adversité, la loyauté indéfectible, mais aussi l’élégance et la grâce.

En réalité, le symbolisme du cheval est double, à la fois noir et blanc, yin et yang, sauvage et maîtrisé, féminin et masculin. Il possède deux facettes contradictoires qui constituent le reflet de notre personnalité :

  • dans son côté sombre, le cheval représente la force de la Nature indomptée, voire indomptable : voilà une énergie non maîtrisée qui renvoie aux désordres du monde et à notre chaos mental. Le cheval noir est associé à la nervosité, à la colère, à la violence, aux instincts et à l’inconscience,
  • dans son côté lumineux, le cheval symbolise la Nature domptée, soumise à un principe, à un centre ordonnateur. En ce sens, le cheval blanc évoque la pureté, la noblesse et la maîtrise.

Les qualités du cheval ont toujours fasciné les hommes. Longtemps, la consommation de viande de cheval (hippophagie) était vue comme un moyen d’acquérir les pouvoirs de cet animal.

Dans les épopées et les récits héroïques, les chevaux et leurs cavaliers partagent les mêmes qualités (intelligence, force, bravoure…), ce qui fait du cheval l’animal le plus « humain » de tous. Au Moyen âge, le thème de l’amour entre le chevalier et son cheval est fréquent. D’autre part, les fouilles archéologiques ont montré que certains chevaliers se faisaient inhumer avec leur destrier.

Remarque : Au Moyen âge, le destrier est un cheval de guerre ou de tournois, habitué à porter les chevaliers en armure. Ce cheval se distingue du palefroi, utilisé pour les cérémonie et l’apparat.

Entrons dans le symbolisme du cheval et sa signification spirituelle.

Voir aussi notre article sur le symbolisme des animaux de A à Z

Le cheval : symbolisme et signification spirituelle

Le symbolisme du cheval doit être abordé à travers son rapport à l’homme. Le cheval est d’abord une conquête de l’être humain, et cet effort de domestication de la Nature se traduit, sur le plan spirituel, par le fait que le principe masculin (la force ordonnatrice) parvient à dompter le principe féminin (la spontanéité de la Nature, la dualité, le conflit).

Le cheval devient alors le meilleur serviteur de l’homme : il l’assiste pour la chasse, les travaux, les transports ou la guerre. Mieux, il valorise l’homme en affirmant sa stature, comme dans les statues ou les portraits équestres. Il devient alors symbole de pouvoir.

louis XIV au siège de besançon
Louis XIV au siège de Besançon, 1674

Le cheval, une énergie à canaliser

Dans son aspect féminin et chthonien, le cheval est sauvage, livré à lui-même et à son instinct de survie, et donc à la peur. Dans la Nature, le cheval est une proie : il met sa force et sa rapidité au service de la fuite. Dans sa panique, il est inarrêtable : sa course infernale et aveugle le mène vers l’inconnu.

Longtemps, les chevaux sauvages, violents et nerveux, ont été jugés terrifiants avec leurs yeux marqués par la peur. Le cheval est alors associé à la nuit et à ses mystères, à la Lune, aux eaux et à la sexualité. Il est encore assimilé au sang, à la couleur rouge, aux Enfers et à la course infinie du temps.

Mais une fois capturé, dompté, domestiqué, cet aspect féminin s’adoucit et devient intelligence, beauté et pureté. Le cheval se transforme alors en vecteur de lumière : blanc, parfois ailé, il s’élève vers les cieux, vers les hautes sphères spirituelles. Il accomplit une noble mission, il assiste les héros.

Précisément, dans la mythologie grecque, Pégase est le cheval ailé divin qui se met au service de Zeus. Pégase transporte les héros pour vaincre les monstres ; il est aussi porteur de la foudre de Zeus. Son accession à l’Olympe peut symboliser l’ouverture spirituelle. Pégase est aussi psychopompe : il élève les âmes vers ce qu’il y a de plus haut et de plus noble.

Conquête de l’homme, le cheval aide à son tour l’homme dans ses conquêtes. Il le conduit vers son but à travers les épreuves et les obstacles : il lui ouvre le chemin de la Connaissance et de la liberté. Car, guidé par son instinct, le cheval est clairvoyant : il instruit l’homme, il lui révèle les secrets.

Ici, le symbolisme du cheval est étroitement lié au voyage et à l’épopée. La chevauchée représente une quête, matérielle ou spirituelle. Le chevalier part en quête du Graal, de la vérité ou de lui-même. Sa monture l’aide au dépassement de soi.

La chevauchée peut aussi représenter le passage d’un état à un autre, notamment de la vie à la mort. La chevauchée des Walkyries, thème de la mythologie nordique popularisé par Wagner, symbolise en particulier la mort héroïque : ces guerrières divines, montées sur des chevaux volants, choisissent les âmes des hommes morts au combat pour les emmener au Valhalla, paradis des héros. Leur course dans le ciel évoque la gloire posthume, la puissance du destin et l’appel vers un au-delà où la mort est moins une fin qu’une élévation.

On classe habituellement les chevaux en trois groupes de sang : sang chaud, sang froid et demi-sang. Ces notions sont liées à la race mais surtout au tempérament.

Le cheval à sang chaud ou « cheval de sang » est une race de chevaux légers au tempérament vif, à laquelle on associe parfois le Pur-sang et l’Arabe. Ce sont des animaux se selle et de sport, réputés pour leur vivacité, leur finesse, leur élégance et leur caractère émotif, avec une tendance à la panique. Symboliquement, ce type de cheval est associé aux courses de voiture et aux écuries sportives : on pense au cheval cabré de la marque Ferrari.

Le cheval à sang froid est lourd, charpenté, robuste et musclé. Descendant de l’antique cheval des forêts, il est utilisé pour la traction, l’agriculture ou le débardage, à l’instar du cheval de trait ou du roncin du Moyen âge. Il symbolise la force tranquille et le dévouement.

Quant aux demi-sang, ils sont issus de croisements entre les deux catégories précédentes. Ils sont employés pour divers travaux, pour l’attelage ou encore affectés aux sports hippiques. Ils symbolisent la polyvalence et la persévérance.

Dans l’astrologie chinoise, le Cheval est le septième signe du zodiaque, qui revient tous les douze ans. Il symbolise la liberté, l’énergie et l’aventure. Il incarne un tempérament dynamique, optimiste et sociable, mais qui peut aussi être impulsif. L’individu né sous le signe du Cheval est charismatique et passionné ; il a constamment besoin de mouvement.

Le signe du Cheval est yang ; il est associé à l’élément feu, signe d’enthousiasme et de créativité, mais aussi d’instabilité et d’impatience.

Combiné avec le cycle des cinq éléments (métal, bois, eau, feu, terre), le calendrier astrologique chinois crée des cycles de soixante ans pour voir réapparaître, par exemple, le Cheval de métal ou encore le Cheval de feu.

En l’occurrence, le Cheval de feu annonce une année néfaste, en tous cas sujette à de nombreux bouleversements. En effet, selon une croyance, les femmes Cheval de feu seraient destinées à détruire leur mari, ce qui se traduit concrètement par un effondrement démographique ces années-là. A noter que 2026 est une année Cheval de feu.

Le symbolisme du cheval en psychologie

Dans son côté sauvage, le cheval est le symbole de l’inconscient, des instincts et des désirs aveugles et impétueux. A l’inverse, le cheval dompté par l’homme représente l’instinct contrôlé, maîtrisé : l’animal dépasse sa peur et se laisse guider par le cavalier vers un but précis.

Mais parfois, c’est le cavalier qui se laisse guider par sa monture, preuve que l’instinct est nécessaire pour se diriger dans les ténèbres et vaincre les épreuves. Cet instinct-là est synonyme d’intuition ou de clairvoyance, qualités dont le cheval est doté dans nombre de mythes, cultures et civilisations. C’est la raison pour laquelle les chamanes voyaient dans le cheval l’animal le mieux à même de les accompagner leurs voyages mystiques ou divinatoires.

Nombreuses sont les adolescentes qui nouent une relation d’amour avec les chevaux, tapissant leur chambre de posters d’étalons et pratiquant l’équitation. Le rapport au cheval est alors l’occasion de dompter les pulsions inconscientes : violence, peur, angoisse, colère, sexualité, peur du père ou du mâle…

L’équitation permet d’accepter les règles, de se socialiser, de devenir adulte tout en se préparant à la fusion érotique.

Plus généralement, le rapport au cheval permet à la jeune femme ou au jeune homme de se construire face à un animal à la fois doux et fort, empathique et puissant. Autrement dit, le cheval nous aide à conquérir notre équilibre psychique.

Citons quelques chevaux célèbres :

  • Tornado est le cheval de Zorro, noir et fougueux, dont la puissance est au service de la justice. Il se cabre toujours dans une atmosphère nocturne et orageuse. Cheval puissant et rapide, Tornado n’obéit qu’à son maître. Selon la légende, Tornado est au départ un cheval sauvage ayant grandi dans les collines,
  • Veillantif (« éveillé, vigilant ») est le cheval de Roland cité dans les chansons de geste et reconnu pour son courage, sa fidélité et son intelligence. Selon les versions, il serait mort près de son maître à Roncevaux, ou aurait ramené le corps de son maître pour qu’il soit dignement enterré,
  • Bucéphale est le cheval noir d’Alexandre le Grand, connu pour sa bravoure et son lien unique avec son maître. Ayant réussi à dresser Bucéphale, Alexandre est le seul à pouvoir le monter,
  • Marengo est le cheval blanc de Napoléon, connu pour ses performances remarquables et sa fidélité,
  • Rocinante (de Rocín, « cheval de bas-rang ») est le cheval placide de Don Quichotte dans le roman de Cervantes,
  • Gringalet est le cheval de Gauvain dans la légende arthurienne,
  • Jolly Jumper est le cheval de Lucky Luke, intelligent mais au caractère parfois difficile.

Le symbolisme du cheval est à mettre en parallèle avec le symbolisme :

  • de l’âne,
  • de la mule,
  • de la licorne,
  • du sang,
  • de la voiture,
  • des courses,
  • des armes,
  • de l’épée (le cheval peut lui-aussi être considéré comme une arme),
  • des étriers (symbole de stabilité),
  • le l’écuyer (le jeune homme chargé de soigner et préparer le destrier du chevalier),
  • du char solaire,
  • etc.

Tantôt bénéfique, tantôt maléfique, le cheval combine les aspects mâle et femelle, lumière et ténèbres, sagesse et désir.

Une fois dompté, le cheval devient le serviteur de l’homme, son auxiliaire indispensable. Mieux, il s’impose comme un guide. Il perd alors son caractère passif et devient essentiel à la destinée humaine.

Ainsi, le cheval est la monture privilégiée de la quête spirituelle : il aide l’homme à se transformer ; il constitue le vaisseau qui le transporte vers les sommets, qui le porte vers la plus haute Connaissance.

Modif. le 30 janvier 2026

Vous pouvez noter cet article !