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Le symbolisme de Noël

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Le symbolisme de Noël : comment l’interpréter ? En quoi la fête de Noël évoque-t-elle la paix, la joie, le partage et l’espérance ?

Noël est une tradition à la fois païenne et chrétienne, vieille de plusieurs millénaires.

Avant l’avènement du christianisme, différents rites célébraient le solstice d’hiver, par exemple Yule chez les peuples germaniques ou Mithra chez certaines communautés de l’Empire romain. A la même époque, les Romains fêtaient les Saturnales (dédiées au Dieu Saturne) ainsi que la naissance du Sol Invictus (le Soleil Invaincu).

En 354, les Romains récemment convertis au christianisme fixent la célébration de la naissance du Christ au 25 décembre, reprenant et transformant ainsi la fête du Sol Invictus.

Le mot Noël vient du latin natalis dies, qui signifie “jour de la naissance”.

Noël est le “jour de la naissance” (de Jésus), mais aussi “la naissance du jour” : le solstice marque en effet le début des jours qui rallongent, c’est-à-dire le retour de la lumière.

Noël vient clôturer l’année ; un cycle nouveau commence, porteur d’espoir.

Noël a lieu en hiver, dans le froid et la nuit, période sombre dans laquelle les êtres vivants luttent pour leur survie. Mais au coeur de l’épreuve, Noël est un feu qui brille. Les foyers s’illuminent, signe que la lumière intérieure est à son apogée. Cette lumière intérieure remplace celle du soleil disparu ; c’est la lumière du coeur.

Le symbolisme de Noël est riche et composite. Il évoque la paix, la joie, le partage et l’espérance. On y retrouve les éléments symboliques tels que la bûche, le sapin, les cadeaux, l’étoile, la crèche, la lumière ou encore la magie.

Les couleurs associées à Noël sont le vert (la vie, la Nature) et le rouge (l’énergie intérieure, le feu spirituel).

Entrons dans le symbolisme de Noël.

Lire aussi notre article sur l’Epiphanie et son symbolisme.

Le symbolisme de Noël : interprétation, signification.

Noël est avant tout un événement familial où l’on communie dans la joie et le partage. C’est une fête qui a lieu à l’intérieur, dans la sécurité des foyers. C’est grâce à cette concentration d’énergie intérieure que les valeurs les plus nobles pourront bientôt s’épanouir à l’extérieur.

La paix, la joie, le partage.

Durant les Saturnales romaines, toutes les barrières sociales étaient abolies. Maîtres et esclaves partageaient repas et cadeaux ; des jouets et des figurines étaient offerts aux enfants.

Dans la droite ligne des célébrations antiques, Noël est un moment de trêve, de paix, de joie et de partage. Un partage qui se fait d’abord autour du repas de Noël, dont le symbolisme rappelle celui de l’Eucharistie. Le vin et les mets constituent une seule et même nourriture : les convives partagent la même matière, donc la même nature. Ils boivent à la même source spirituelle.

On s’offre ensuite les cadeaux, signes d’attention envers les autres : l’égoïsme cède la place à l’altruisme. L’autre devient un “autre soi-même”.

Autrefois, chaque participant au repas arrivait avec une bûche pour nourrir le feu. Aujourd’hui, la bûche de Noël est un gâteau, mais le symbolisme du partage est toujours le même.

La bûche symbolise aussi le feu, le foyer et la chaleur humaine. C’est le feu de la nouvelle année. Remarquons que la tradition de la bûche ou du tronc à brûler au moment du solstice d’hiver existait bien avant le christianisme, notamment en Scandinavie (Yule) et en Provence (Cacho fio).

Les couronnes, le sapin de Noël et l’étoile.

Dans la lointaine Antiquité, le solstice d’hiver était fêté en décorant un épicéa de fruits et de blé. Ce rite symbolisait le retour de la vie qui accompagnait la renaissance de la lumière. Ceci marquait le début de l’attente du printemps.

Le symbolisme est le même pour ce qui est des couronnes décorées, présentes depuis très longtemps en Scandinavie. De même, lors des Saturnales, les Romains décoraient leurs maisons de lierre, de houx, de gui ou de laurier, le tout accompagné de bougies.

Avec le développement du christianisme, la tradition de l’arbre du solstice est devenue celle de l’arbre de Noël. Il s’agit toujours d’un arbre aux feuilles persistantes, symbole de la vie qui résiste. C’est à la fin du Moyen-Age que le sapin de Noël s’est imposé dans la culture populaire, en particulier en Scandinavie, en Allemagne et en Alsace. L’arbre était alors décoré de pommes et d’hosties.

L’arbre de Noël évoque l’arbre de vie du jardin d’Eden (livre de la Genèse). Se tenir près de cet arbre, c’est épouser l’axe du monde, c’est retrouver l’alignement avec la loi cosmique. L’arbre est porteur d’espérance : il montre la direction, il agit comme un bouclier. Croquer du fruit de cet arbre, c’est vivre éternellement.

Dans le livre de la Genèse, l’arbre de vie semble se confondre avec l’arbre de la connaissance du bien et du mal, objet du péché originel. Ce qui semble dire que l’intention compte au moment de croquer le fruit : si l’intention est pure, il s’agit du fruit de l’arbre de vie ; si elle est égoïste, il s’agit du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

L’arbre de Noël est toujours décoré : les boules rouges peuvent représenter les pommes de l’arbre de vie, les guirlandes quant à elles font penser au serpent tentateur. Les bougies ou lumières sont le symbole du soleil qui revient.

Remarque : le houx est une sorte d’arbre de Noël en miniature, avec ses feuilles persistantes et ses boules rouges.

L’arbre de Noël peut aussi évoquer aussi la Croix de Jésus dressée : c’est l’entrée dans un temps nouveau, marqué par la rédemption et l’amour.

Par ailleurs, la forme du sapin de Noël est triangulaire, ce qui évoque la Trinité ou le delta lumineux (la réconciliation de la dualité, l’équilibre parfait).

Enfin, depuis la fin du Moyen-Age, l’Étoile de Bethléem (ou étoile de Noël) trône au sommet de l’arbre de Noël. Dans l’Evangile de Matthieu, c’est le signe qui annonce aux mages la naissance de Jésus, et qui les guide vers Jérusalem et Bethléem. Cette étoile symbolise l’espérance ; elle montre autant la voie intérieure que le chemin vers ce qui nous dépasse.

Selon la Bible, l’étoile brille à l’Orient, direction du soleil levant. Elle est le plus souvent représentée sous le forme d’un pentagramme, symbole de l’homme debout, éveillé.

Le symbolisme de Noël : la lumière.

La lumière est au coeur du symbolisme de Noël ; elle est intimement liée au solstice d’hiver et à l’image de Jésus naissant. Elle rappelle aussi le feu de minuit (la bûche) ou l’étoile de Noël qui brille dans l’obscurité.

Fin décembre, la lumière solaire est au plus bas. Ne reste que le souvenir intérieur de cette lumière extérieure. Noël est donc le moment de l’introspection, de la plongée en soi, de la spiritualité. C’est en effet l’intériorisation des énergies cosmiques qui permettra à l’Homme de se relever pour continuer à vivre.

La lumière de Noël annonce une naissance ou une renaissance : Noël est une porte en train de s’ouvrir sur un nouveau monde, une nouvelle vie, une nouvelle chance.

Remarque : Noël est parfois associé à la fête juive de Hanouka ou “fête des Lumières” durant laquelle on allume chaque jour une flamme supplémentaire du chandelier à neuf branches (la ménorah de Hanouka).

La naissance, l’enfance, la famille, la vie.

Noël est la fête de la nativité, mais aussi de la maternité, de l’enfance et de la famille. Le nouveau-né représente la vie nouvelle, l’espoir nouveau.

A Noël, les enfants sont chéris, adorés ; la plupart des cadeaux leur sont destinés. Le noyau familial se refonde dans l’amour et la paix. La famille est soudée, recentrée, réunie dans le foyer, sorte d’espace sacré.

La famille représente la force vitale qui se recompose, se reconcentre. Elle constitue un pont entre l’intérieur et l’extérieur. L’ouverture à l’autre se fait dans un cadre maîtrisé, qui a vocation à l’élargir.

La tradition de la crèche apparaît au XIIIème siècle. La crèche met en scène les circonstances de la naissance de Jésus. Le mot crèche désigne la mangeoire dans laquelle l’Enfant-Jésus est déposé après sa naissance. Rappelons que Joseph et Marie se rendaient à Bethléem pour se faire recenser ; n’ayant pas trouvé de lieu pour résider, Marie accouche dans une étable, possiblement située dans une grotte.

6) Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,
7) et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

Luc 2, 6-7

La crèche offre une image de fragilité, de dépouillement voire de pauvreté, mais aussi de lumière et de force. En effet, la force de cette famille réside dans son caractère soudé et dans son amour.

Humilité et amour formeront plus tard le coeur du message de Jésus, ce qui évoque directement la kénose (le fait que Dieu abandonne ses attributs de puissance pour devenir un simple humain).

Le récit de l’adoration des bergers figure dans le chapitre 2 de l’Evangile de Luc. Quant au récit des mages, il figure dans le chapitre 2 de l’Evangile de Matthieu. Les mages viennent adorer l’Enfant et lui offrir des présents, signe d’une famille qui s’élargit pour épouser bientôt toute l’humanité.

La magie et la féérie de Noël.

Noël évoque la magie et la féérie. C’est d’abord l’image d’un paradis retrouvé, où toute chose peut être prise comme une chance ou un cadeau du destin.

Noël est une parenthèse de bonheur et d’authenticité. L’innocence est représentée par l’enfance, dont la spontanéité évoque l’état adamique avant le péché originel. Le malheur est absent, les jugements s’estompent, le mal n’existe plus.

La magie de Noël est faite d’émerveillement et de gratitude, preuves que la conscience est en train de s’ouvrir.

Une magie qui est aujourd’hui associée au repas de Noël, aux cadeaux, mais aussi au Père Noël, personnage issu d’un mélange de traditions folkloriques. Notons que le costume du père Noël, traditionnellement vert (symbole de la vie) est devenu rouge au début du XXème siècle.

Lire aussi notre article sur la Saint-Jean d’hiver et le solstice d’hiver.

Modif. le 6 janvier 2021

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