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La conscience est-elle locale ou non locale ?

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Qu’est-ce que la conscience ? La conscience est-elle localisée dans le cerveau ? Quelles sont les preuves que la conscience est locale ou non locale ?

La question de savoir si la conscience est locale ou non locale relève à la fois de la physique, de la biologie, de la philosophie et de la spiritualité.

On considère que la conscience est locale lorsqu’on la rattache à l’activité cérébrale. A l’inverse, on la considère comme non localisée lorsqu’on la perçoit comme un phénomène qui dépasse l’être humain : il y aurait alors une conscience universelle, le cerveau n’étant qu’un outil permettant d’y accéder, de s’y rattacher de manière imparfaite.

Dès l’Antiquité, on se pose la question de la nature de la conscience. Aristote pensait que le cœur était le siège de l’âme et de la raison : une manière d’affirmer que la conscience ne correspond pas au seul psychisme, mais à quelque chose de plus large.

Longtemps, la distinction entre âme et esprit (philosophie grecque, christianisme, spiritualités orientales…) a nourri cette idée :

  • l’esprit peut être vu comme la lumière universelle ou divine, on dirait aujourd’hui le « champ de conscience fondamental »,
  • l’âme correspond à la conscience humaine, c’est-à-dire l’ensemble des états psychiques de l’individu. Or l’âme peut être attirée vers le bas (l’ego, les attachements matériels) ou vers le haut (l’esprit).

Sur le plan des doctrines philosophiques, on distingue :

  • l’idéalisme, selon lequel la conscience serait primaire et la matière secondaire,
  • le matérialisme, selon lequel la conscience serait issue de la matière,
  • l’immatérialisme (Berkeley), qui affirme la non-existence de la matière,
  • le dualisme cartésien, selon lequel conscience et matière sont deux substances distinctes et irréductibles,
  • ou encore le spiritualisme, selon lequel l’esprit transcende la matière.

Enfin, sur le plan scientifique, il n’y a aujourd’hui aucun consensus permettant d’affirmer que la conscience est locale ou non locale…

La plupart des neuroscientifiques abordent la conscience comme un processus qui émerge du cerveau : la conscience serait issue de l’activité neuronale, laquelle peut être observée, entre autres, à travers des techniques d’imagerie médicale.

On constate par exemple que les lésions cérébrales modifient ou suppriment la conscience. Dans cette perspective, la conscience est locale, c’est-à-dire produite par le système cérébral.

Mais peut-on réduire le concept général de « conscience » à l’activité cérébrale ? Ce serait prendre notre cerveau, ce que nous sommes, et ce que nous sommes en mesure d’observer, pour la réalité tout entière.

Autrement dit, l’approche selon laquelle la conscience humaine est le résultat de processus cérébraux ne doit pas occulter le fait qu’il pourrait exister d’autres dimensions de la conscience.

Différentes approches de la conscience proposent une alternative à la vision matérialiste que nous venons d’exposer. Ces approches, qu’elles soient religieuses, philosophiques, psychologiques ou scientifiques, convergent vers l’idée d’un Tout conscient, d’une conscience universelle, ou encore d’une réalité sous-jacente partagée.

Cette approche est sous-tendue par le constat d’un ordre universel : le cosmos étant ordonné et régi par des principes immuables, il doit exister une forme d’intelligence globale qui fonde le Tout et le maintient en cohérence.

L’être humain, du fait de son caractère limité et partiel, du fait de son ignorance, n’aurait pas la possibilité d’accéder à ce champ de conscience universelle. Mais il peut s’en approcher par l’exercice de la raison et la quête des lois universelles, ce qui nécessite ouverture et dépassement de soi.

Nous l’avons vu, certaines approches suggèrent que la conscience ne serait pas confinée au cerveau mais serait une propriété fondamentale de l’univers, partout présente, c’est-à-dire non locale.

Pour certains, tout est conscience : la « conscience » au sens le plus large correspondrait alors à la réalité ultime. Dans cette hypothèse, un être qui serait omniscient (« Dieu ») vivrait dans un monde immatériel, un monde de conscience pure. A l’inverse, l’être humain, par définition limité et contraint, n’a pas accès à la réalité ultime : ce qu’il perçoit comme étant le monde, ou la « matière », est déterminé par son niveau d’ignorance.

Dès lors, notre cerveau pourrait être vu, non pas comme ce qui produit la conscience, mais comme ce qui interprète et déforme le champ de conscience fondamental, notamment afin de répondre à nos besoins individuels fondés sur la survie, la lutte et la séparation.

On pourrait même dire que notre conscience humaine fait obstacle à l’expression de la conscience universelle. Toutefois, la conscience humaine peut aussi nous aider à entrevoir l’interconnexion entre toutes les choses, et donc nous permettre d’accéder au champ de conscience universel.

Des chercheurs tels Maria Stromme (physicienne norvégienne de l’université d’Uppsala, en Suède) soutiennent l’idée que la conscience précéderait la matière, preuves mathématiques à l’appui. Selon eux, le temps, l’espace et les phénomènes physiques ne seraient que des manifestations secondaires d’un champ de conscience fondamental. En ce sens, la matière devrait être abordée comme un certain niveau d’interprétation de la réalité.

Ces scientifiques s’appuient sur les principes de la mécanique quantique, laquelle a permis de comprendre que la réalité se fondait non pas sur des particules élémentaires isolées, mais sur des manifestations ondulaires d’un tout indivisible. Or, c’est l’observation qui crée l’effondrement des potentialités du tout en un état en particulier, créant ainsi une réalité matérielle. Ce principe de l’influence de l’observateur sur l’objet observé est central en physique quantique.

En d’autres termes, la conscience serait nécessaire au processus de création de la réalité physique. La conscience n’est plus un produit accessoire de la matière, mais une propriété essentielle de la réalité. On parle alors de panpsychisme, théorie selon laquelle la conscience détermine tous les niveaux de la matière, tous les niveaux de réalité.

Au final, notre cerveau serait un système d’interaction avec la « mer quantique », provoquant des effondrement de cette mer de potentialités en différents états, plus ou moins purs.

La conscience, sur un plan purement biologique, désigne la capacité de notre cerveau à appréhender notre place dans l’environnement : c’est la conscience au sens classique, perceptive et récursive, œuvrant d’abord au service de nos intérêts individuels.

Mais notre conscience a aussi la possibilité de s’élargir et de dépasser notre individualité. Elle atteint alors des niveaux plus élevés : elle se fait plus fine, plus pure, certains diront qu’elle vibre en harmonie avec le champ de conscience fondamental.

Les grandes traditions spirituelles associent ce champ de conscience fondamental ou ce « fond cosmique » au son primordial Aum, au souffle, au Verbe, au Saint-Esprit, au Soi ou encore à l’âme du monde… Ces concepts de sagesse millénaire n’ont jamais perdu de leur intérêt.

Le monde est-il une machine à produire de la conscience, comme l’affirmait Hubert Reeves, ou la conscience est-elle une machine à produire des mondes ?

Il n’existe pas aujourd’hui de preuve directe de l’existence d’un champ de conscience fondamental dans lequel s’inscrirait toute expérience et toute réalité. Mais les scientifiques sont de plus en plus ouverts à cette hypothèse, notamment à travers les principes de la physique quantique.

Certains physiciens estiment même que l’univers aurait pu naître d’une autoréflexion : l’esprit universel se serait différencié en souhaitant se connaître, en souhaitant prendre conscience de lui-même. La science serait-elle en train de se rapprocher de la spiritualité ?

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Modif. le 17 février 2026

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