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Tchouang Tseu : citations du maître taoïste

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Voici une liste de citations de Tchouang Tseu (ou Zhuangzi), célèbre maître du taoïsme.

Le taoïsme est une philosophie religieuse chinoise fondée par Lao Tseu au VIème siècle avant J-C.

Le taoïsme se fonde sur le refus du dualisme, de la technique et de la morale. Il appelle à la spontanéité et à l’acceptation des choses telles qu’elles sont, dans une vision qui rappelle celle des stoïciens grecs.

Le taoïsme est la philosophie du tao, grande source éternelle à l’origine de toutes les choses.

Le canon taoïste se compose de trois livres :

  1. le Tao Te King de Lao Tseu (Livre de la Voie et de la Vertu),
  2. les œuvres de Tchouang Tseu (Zhuangzi, Classique véritable de Nanhua),
  3. les œuvres de Lie Tseu (Vrai classique du vide parfait).

C’est le deuxième livre qui nous intéresse ici, celui de Tchouang Tseu, sage chinois du IVème siècle avant J-C.

Son oeuvre est un texte en prose composé de 33 chapitres :

  • 7 chapitres “internes”,
  • 15 chapitres “externes”,
  • 11 chapitres “divers”.

Le livre de Tchouang Tseu comporte des pensées, des dialogues et des paraboles comportant beaucoup de paradoxes.

Voici quelques citations de Tchouang Tseu.

Lire aussi : Le taoïsme : définition et principes fondamentaux.

Citations de Tchouang Tseu tirées des 7 chapitres “internes”.

Les grands esprits voient large, les petits mesquin, les grands discours embrassent et les petits excluent. Citation de Tchouang Tseu, Chapitre 2

C’est pourquoi je dis que tout “cela” naît du “ceci” et que tout “ceci” suppose un “cela”. De là découle la théorie de l’engendrement réciproque du “ceci” et du “cela”. Au moment où nous naissons nous sommes déjà moribonds, moribonds nous sommes encore des nouveaux-nés ; en vérité notre linceul nous sert de langes, nous pourrions tout aussi bien vagir dans la tombe qu’au berceau. Chapitre 2

Le lieu où le “ceci” et le “cela” ne rencontrent plus leur contraire constitue le pivot du Tao. Chapitre 2

Toute dénomination juste est en même temps fausse et, réciproquement, toute dénomination fausse est en même temps juste. Chapitre 2

C’est pourquoi j’ai dit que le mieux était encore de revenir à l’intuition. Chapitre 2

Gigantesques, belles, trompeuses ou étranges, toutes les choses obéissent à un principe commun qui les rassemble dans une seule et même unité. Chapitre 2

Suivre le cours des choses et achever son oeuvre sans même en avoir conscience, tel est, pour moi, le mode de fonctionnement des choses. Tandis que fatiguer son esprit à distinguer les choses une à une sans voir qu’elles sont identiques c’est ce que j’appelle “trois le matin”. Qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien ceci : un éleveur de singes dit un jour à ses pensionnaires en leur distribuant des châtaignes : “Désormais vous en aurez trois le matin et quatre le soir.” Fureur chez les singes. “Bon alors, fait l’homme, ce sera quatre le matin et trois le soir.” Et les singes de manifester leur contentement. Chapitre 2

Rien n’est plus vaste que la pointe d’un cheveu, même le mont T’ai-Chan paraît petit en comparaison, nul n’a une plus grande longévité qu’un enfant mort-né, même P’eng-tsou est mort jeune à côté. L’univers existe en même temps que moi-même et je fais un avec les dix mille êtres. Chapitre 2

Ce qui en dehors des bornes du monde, le saint l’a présent à l’esprit, mais se garde d’en disserter ; ce qui se trouve compris dans les bornes du monde, le sage en disserte sans porter de jugement. Chapitre 2

Disputer c’est ne rien voir. Chapitre 2

Le Tao n’a pas de nom, l’éloquence se passe de mots, la bonté n’est pas charitable, la probité est sans raideur, la vaillance n’est pas violente. Chapitre 2

Un Tao manifeste n’est pas le Tao ; une parole diserte n’atteint pas l’auditeur, une bonté constante fatigue, une probité trop pure n’inspire pas confiance, une vaillance violente n’arrive à rien. De telles vertus sont comme des cercles qui voudraient être carrés. Chapitre 2

S’abstenir de chercher à connaître ce que la connaissance ne peut connaître, voilà le mieux. Chapitre 2

Qui connaît l’éloquence sans paroles et le discours muet, qui vraiment les connaît, atteint au trésor du Ciel. Chapitre 2

L’homme accompli est divin. Toute la campagne peut s’embraser sans qu’il en ressente la chaleur, le fleuve Jaune et la Han peuvent geler sans qu’il ressente le froid. L’éclair peut fendre la montagne, le vent soulever l’océan sans qu’il en éprouve de la frayeur. Un tel homme chevauche les nuages, monte le soleil et la lune, et s’ébat en dehors des bornes de l’univers, vie et mort sont sans effet sur lui. Que lui importe donc ce qui est profitable ou non ? Chapitre 2

Côtoie le soleil et la lune, étreins le temps et l’espace, fusionne dans leur totalité, dissous-toi dans leur obscurité fluctuante, et tu ne feras plus la distinction entre les esclaves et les nobles ! Chapitre 2

Ce n’est qu’à l’issue du Grand Réveil que nous réaliserons que nous nous éveillons d’un long sommeil traversé de cauchemars. Seuls les sots demeurent persuadés qu’ils sont toujours en état de veille, jusqu’au moment où, soudain, la Grande Transformation les décille ! Chapitre 2

Supposons que nous ayons une discussion. Tu as le dessus sur moi et je n’ai donc pas pu l’emporter sur toi. Cela signifie-t-il que tu as raison et que j’ai tort ? Chapitre 2

C’est en oubliant les années qui passent et le sens de toute chose que l’on arrive à se fixer dans l’illimité et à en faire son logis. Chapitre 2

Rêve du papillon :
Un jour, Tchouang Tseu rêva qu’il était un papillon froufroutant, qui, tout à sa joie, donnait libre cours à ses désirs, sans savoir qu’il était Tchouang Tseu ; puis, brusquement, il s’éveilla, retrouvant la lourdeur de son corps ; il se demanda s’il était Tchouang Tseu qui avait rêvé qu’il était un papillon ou un papillon qui se rêvait Tchouang Tseu. Il y a certainement une différence entre Tchouang Tseu et un papillon ; mais tel est l’effet de la transformation des êtres. Chapitre 2

La vie est limitée, la connaissance sans limites. Citation de Tchouang Tseu , chapitre 3

N’écoute pas avec tes oreilles mais avec ton esprit. N’écoute pas avec ton esprit mais avec ton souffle. L’ouïe se limite aux sons, l’esprit aux représentations, tandis que le souffle forme un creux apte à accueillir le monde extérieur. La maxime de l’action ne se pose que sur ce vide. Citation de Tchouang Tseu, chapitre 4

Chacun doit accomplir sa tâche en oubliant sa personne, sans se laisser un seul instant troubler par l’amour de la vie et la peur de la mort. Vous devez accomplir votre mission. Chapitre 4

Ne transgresse pas les instructions reçues, ne force pas le résultat, car ce qui dépasse la mesure est en infraction avec la norme. Chapitre 4

Les hommes connaissent tous l’utilité de l’utile, mais nul ne sait l’utilité de l’inutile. Chapitre 4

Le sage fixe sont attention sur l’inconditionné et ne se laisse pas emporter par le flux des phénomènes. Citation de Tchouang Tseu, chapitre 5

A envisager les choses sous le rapport de la différence, le foie et la rate sont aussi éloignés que les pays de Tch’ou et du Yue, mais à les considérer sous celui de l’identité, toutes les choses sont une. Pour celui qui adopte cette attitude, il n’y a pas de spécialisation entre les sens, et son esprit peut s’ébattre dans l’harmonie. Comprenant l’unicité des choses, il ne saurait y avoir de perte pour lui. L’ablation d’un pied n’a pas plus d’importance à ses yeux qu’une poignée de terre. Chapitre 5

Celui qui contrôle l’univers entier, embrasse les dix mille êtres, considère son corps comme un simulacre, ses sens comme une illusion, fait fusionner la perception avec l’objet perçu et dont l’âme demeure éternellement ! Chapitre 5

Reconnaître l’inéluctable pour tel et l’admettre comme une fatalité, de cela seul l’homme vertueux est capable. Chapitre 5

Vie et mort, existence et disparition, grandeur et décadence, richesse et pauvreté, sagesse et sottise, gloire et opprobre, soif et faim, froid et chaud, tous ces aléas qui en une ronde incessante telle la course du soleil et de la lune tissent la trame de la destinée, sans que nul n’en comprenne jamais le pourquoi ni le comment, ne méritent pas de troubler l’harmonie du sage ; ils ne peuvent pénétrer dans son for intérieur. Heureux et béat, il communie dans le grand Tout et bouche ses orifices sensoriels. Jours et nuits se succèdent sans heurts, le monde est pour lui un éternel printemps, car les saisons ne sont que le produit de notre appréhension des choses. Chapitre 5

La prévoyance est cause de malheur ; les contrats ligotent, le travail suscite le commerce. Ne supputant pas, le saint se passe de recourir à la raison. Ne tranchant jamais, il n’a pas l’usage de la colle. Ignorant ce qu’est la perte, l’efficacité lui est inutile ; comme il ne sait pas ce qu’est une marchandise, il n’y a pas de commerce avec lui. Chapitre 5

Les hommes authentiques ne s’insurgent pas de leurs faiblesses, ne forcent pas le succès et n’ourdissent jamais de plans. De tels hommes ne regrettent pas de s’être trompés ni ne se glorifient d’avoir vu juste. De tels hommes gravissent les plus hauts sommets sans trembler, entrent dans l’eau sans se mouiller, traversent les flammes sans se brûler. Ainsi sont ceux dont l’esprit est capable de s’élever dans la nue jusqu’au Tao ! Citation de Tchouang Tseu, chapitre 6

Celui qui fait don de sa personne abandonne aussi son authenticité ; jamais il ne pourra servir les autres. Chapitre 6

La vertu : la marche. Il faut comprendre que qui a des pieds arrive quelque part, alors que les gens s’imaginent qu’il faut toujours faire un effort pour avancer. Chapitre 6

Ainsi pour les saints, qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas, c’est tout un. Que ce soit un ou ne soit pas un, c’est en effet tout un. Quand c’est un, il sont les compagnons du Ciel, quand ce n’est pas un ils sont les compagnons de l’Homme. Que l’Homme et le Ciel n’empiètent pas l’un sur l’autre, voilà ce qui fait l’homme authentique. Chapitre 6

Le Tao a réalité et efficience bien que sans forme et sans agir. Il est son propre fondement et sa propre racine. Né bien avant Ciel et Terre, il existe depuis toujours. Il confère puissance aux esprits, divinité aux dieux ; il a engendré le Ciel et la Terre. Plus haut que le faîte de l’univers sans avoir de hauteur, il descend plus bas que les six bornes du monde sans avoir de profondeur. Né avant l’univers il n’a pas de durée ; plus âgé que la plus haute Antiquité, il ne connaît pas la vieillesse. Chapitre 6

Ce qui nous est échu l’est à titre temporaire, aussi est-il dans l’ordre des choses que cela nous soit retiré. Quand on se satisfait du provisoire et que l’on accepte l’ordre des choses, la joie et l’affliction n’ont plus de prise sur nous ; c’est ce que les anciens appelaient être délivré de tous les liens. Qui ne sait se délivrer de ses liens est esclave des choses. Chapitre 6

Où que vos parents vous disent d’aller, on obéit. Et il n’en irait pas de même avec les souffles yin et yang dont l’autorité est bien supérieure à celle des parents ? Chapitre 6

Mong-souen sait que la vie est une demeure transitoire et que la mort n’a pas de réalité, aussi se contente-t-il de pleurer quand il voit les gens pleurer ; partageant son moi avec les autres, il est toujours lui-même. Car comment savoir si ce que nous appelons moi est vraiment moi ? Chapitre 6

Laisse ton esprit vagabonder dans la sérénité. Unis tes souffles au silence. Conforme-toi au cours spontané des êtres, n’accueille en ton sein nulle pensée et le monde connaîtra la paix. Citation de Tchouang Tseu, chapitre 7

Ne te fais pas le propriétaire des dénominations, ne sois pas un magasin à calculs ; ne te comporte pas comme un préposé aux affaires ou un maître de sagesse. Sache aller jusqu’au terme de l’illimité et vagabonder dans l’invisible. Tire parti de ce que tu as reçu du Ciel sans en chercher avantage. Contente-toi d’être vide. L’esprit de l’homme parfait est un miroir. Un miroir ne reconduit ni n’accueille personne ; il renvoie une image sans la garder. C’est ainsi qu’il domine les êtres sans être blessé. Chapitre 7

Pour votre bibliothèque :

Les Oeuvres de Maître Tchouangde Tchouang-tseu, traduit par Jean Levi. Une magnifique traduction qui rend hommage à la beauté du texte original, sans se perdre dans les lourdeurs rébarbatives.

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