Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Le tablier du Compagnon : planche maçonnique

5/5 (1)

Le tablier du Compagnon : planche maçonnique. Comment interpréter le tablier au 2ème degré ? Pourquoi la bavette est-elle rabattue ?

Le tablier blanc est une référence aux tailleurs de pierre opératifs qui portaient un tablier de peau long pour se protéger des éclats dus aux coups portés sur la pierre.

Le tablier possède un symbolisme riche : voir notre article sur le symbolisme du tablier de l’Apprenti franc-maçon.

Le tablier du Compagnon est identique à celui de l’Apprenti. Mais au deuxième degré, il est porté bavette rabattue.

Précisément, la bavette est rabattue à la toute fin de la cérémonie d’élévation, juste avant que le Compagnon n’accomplisse son premier travail :

LE VÉNÉRABLE MAÎTRE
Frère Expert, veuillez rabattre la bavette du Tablier du nouveau Compagnon.

LE VÉNÉRABLE MAÎTRE
Votre Tablier, mon Frère, portera désormais la bavette rabattue, pour montrer les progrès que vous avez faits dans l’Art en passant d’Apprenti à Compagnon.

Rituel d’élévation au 2ème degré REAA

Entrons dans le symbolisme du tablier du Compagnon franc-maçon.

Le tablier du Compagnon : interprétation symbolique.

Tout comme le tablier de l’Apprenti, le tablier du Compagnon est blanc, couleur qui symbolise la pureté et l’innocence.

Le tablier était autrefois confectionné en peau d’agneau, animal qui renvoie bien sûr à la pureté et au sacrifice, et qui symbolise la mort et la résurrection du Christ.

Le travail de taille est en effet une oeuvre de purification : il s’agit d’opérer une séparation (au sens alchimique) au sein de la matière, afin de retirer ce qui fait obstacle à la Lumière, à savoir les passions, les certitudes, les préjugés et les illusions.

La pierre dont nous parlons, c’est le franc-maçon lui-même. En réalité, le maçon est à la fois la pierre et le tailleur de pierre, l’ouvrage et l’ouvrier.

Le travail.

Le tablier est le signe du travail. Le franc-maçon se reconnaît en effet par sa capacité à travailler : il tente d’obtenir une pierre idéale qui, enfin dénuée de ses défauts, pourra parfaitement s’insérer dans l’édifice humain et dans le cosmos tout entier. A ce titre, le tablier constitue le signe de reconnaissance par excellence.

Ce travail nécessite un effort continu : mû par la volonté de s’élever, le franc-maçon ne s’arrête jamais de chercher, de trier, de visiter sa propre matière. Il tente en permanence de mieux se connaître, mettant de côté tout ce qui peut être la source de perceptions erronées.

Ainsi, en se condamnant perpétuellement au travail, le franc-maçon se libère, ce qui constitue un magnifique paradoxe. Gloire au travail !

Le tablier du Compagnon, symbole de ceux qui œuvrent au perfectionnement de l’humanité.

En forme de carré ou de rectangle, le tablier du Compagnon est l’image même du travail à accomplir : on peut en effet y voir l’une des 6 faces de la pierre cubique.

Par ailleurs, le tablier constitue le signe de ralliement de tous ceux qui œuvrent pour le perfectionnement moral de l’humanité. En effet, les Compagnons travaillent non pas pour eux-mêmes, mais pour apporter leur pierre à l’édifice commun. Ainsi, loin d’être individualiste, l’exigence de perfection s’entend dans une perspective partagée. Autrement dit, si chacun se perfectionne lui-même, c’est pour le bien de l’humanité toute entière.

Ici, travail est synonyme d’égalité, de solidarité et de partage : partage de l’effort, de l’objectif commun, mais aussi rappel que nous partageons la même condition et que nous avançons sur le même chemin.

Le chantier dont nous parlons est donc avant tout celui de la Fraternité.

La bavette rabaissée.

Au 1er degré, le tablier est porté bavette relevée, comme pour protéger le franc-maçon des éclats les plus tranchants, susceptibles de le toucher. Dégrossir la pierre brute, c’est en effet se détacher de ses plus gros défauts, de ses plus grands travers.

Avec le temps, l’ouvrier perfectionne son ouvrage : les coups deviennent plus précis, les éclats deviennent plus fins : c’est sans doute la raison pour laquelle la bavette peut être abaissée. Alors que l’Apprenti dégrossissait la pierre, le Compagnon la polit, ce qui constitue le signe d’une plus grande maîtrise.

Une fois le travail achevé, le Compagnon pourra vérifier la régularité de son morceau en utilisant la règle et l’équerre. Il pourra ensuite insérer sa pierre dans l’édifice ; il s’adonnera alors à un minutieux travail de placement et de contrôle à l’aide du fil à plomb et du niveau. Là encore, ce travail peut s’effectuer bavette abaissée, car il n’y a plus de risque d’être touché par des éclats.

On peut interpréter d’une autre manière l’abaissement de la bavette : alors que la bavette relevée couvrait le ventre de l’Apprenti, lieu des instincts, des vices, des peurs et des envies, la bavette abaissée du Compagnon est peut-être le signe que l’on maîtrise mieux ses pulsions.

Enfin, on peut voir dans la bavette abaissée un triangle (la spiritualité) qui vient pénétrer le carré (la matérialité), signe que l’Esprit est désormais en mesure de comprendre la matière. On pourrait établir un parallèle avec le compas et l’équerre qui, au deuxième degré, voient leurs branches entrelacées.

Le tablier du Compagnon : conclusion.

Le tablier blanc bavette rabattue est le signe de reconnaissance le plus évident du Compagnon franc-maçon, quels que soient le rite et l’obédience.

La bavette rabattue est la marque d’une plus grande maîtrise dans l’art de tailler de pierre, une pierre qu’il faudra désormais tenter de positionner aux côtés des autres.

Le Compagnon doit savoir poser les outils pour réfléchir, étudier, concevoir. S’il oeuvre parfois les mains libres, il doit garder son tablier pour continuer à se protéger de lui-même, de ses pulsions et de ses vices.

Car le polissage de la pierre n’est jamais terminé : humble, le Compagnon n’oublie jamais cela.

Voir aussi notre liste de planches au 2nd degré.

Pour aller plus loin :

Modif. le 7 mars 2022

Vous pouvez noter cet article !

Cookie Consent with Real Cookie Banner
%d blogueurs aiment cette page :