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Saint-Jean d’été : planche maçonnique

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Saint-Jean d’été : planche maçonnique au 1er degré. Qui était Jean le Baptiste ? Quel est le symbolisme de la Saint-Jean d’été au REAA ?

La Saint-Jean d’été marque le jour le plus long de l’année : le solstice d’été. Cette date (normalement le 20 ou le 21 juin) est à mettre en parallèle avec la Saint-Jean d’hiver, qui célèbre Jean l’Evangéliste le 27 décembre, au moment du solstice d’hiver.

Au-delà de leur caractère religieux, ces deux fêtes ont un rapport étroit avec le symbolisme de la lumière. Elles sont liées aux anciens cultes païens dédiés au soleil et au feu.

La Saint-Jean d’été marque l’apogée de la lumière, mais aussi le début de son recul. A l’inverse, la Saint-Jean d’hiver marque le retour de la lumière après une longue période de ténèbres. Les couples solsticiaux sont donc à la fois opposés et complémentaires, éclairant ainsi la loi des cycles.

La symbolique de la Saint-Jean d’été est indissociable de la vie de Saint Jean-Baptiste. L’Eglise catholique célèbre le 24 juin sa nativité. A noter qu’il est le seul saint, avec Jésus et la Vierge Marie, dont on célèbre la naissance.

Entrons dans le symbolisme maçonnique de la Saint-Jean d’été à travers cette planche au 1er degré REAA.

Lire aussi notre article : Saint-Jean d’hiver, solstice d’hiver, Noël : symbolisme.

Qui est était Jean le Baptiste ?

L’Evangile de Luc est le seul à évoquer la naissance de Jean Baptiste et son annonce par l’archange Gabriel à son père Zacharie, un prêtre dont l’épouse, Elisabeth, était stérile et tous deux avancés en âge.

11) Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums.
12) Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. 13) Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. 14) Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. 15) Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère ; 16) il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ; 17) il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.

Luc 1, 11-17

Zacharie, ne croyant pas à cette fécondité soudaine et tardive, reçoit pour “punition” de perdre la parole, parole qu’il ne retrouvera qu’au jour de la circoncision de son fils ; il confirmera alors par écrit le prénom de Jean que son épouse avait déclaré, alors même qu’il était d’usage d’attribuer à l’enfant premier né le même prénom que son père, et ce au grand étonnement de l’entourage.

Jean signifie Dieu fait grâce.

C’est le même archange Gabriel qui, six mois plus tard, se présente à Marie pour lui annoncer qu’elle enfantera Jésus.

Quel est le rôle de Jean le Baptiste ?

C’est Jean l’Evangéliste qui nous situe le mieux Jean le Baptiste, le précurseur qui annonce la venue du Christ :

6) Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. 7) Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. 8) Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. 9) Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. 10) Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. 11) Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. 12) Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, 13) lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
Jean 1, 6-13

Il semble que Jean le Baptiste appartenait à l’ordre des Esséniens, ordre fortement hiérarchisé et marqué par une discipline stricte accompagnée de rituels de purification. Le cheminement spirituel des Esséniens visait l’action juste, l’ouverture à autrui et la non-violence, bases de la fraternité.

Jean pratiquait une vie austère dans le désert. Par l’ascèse il fait l’expérience de la vacuité, du silence et du lâcher-prise, loin de nos conditionnements égotiques. Jean prêchait un baptême de purification et de repentir, sollicitant ainsi la reconnaissance de Dieu et sa protection.

Le baptême est ici essentiel : il constitue le nom même du baptiste, son essence. Dans la vision de Jean Baptiste, le baptême représente un changement d’état, une rupture avec l’existence passée et l’entrée dans un monde nouveau. Dans ce baptême par immersion, l’eau joue un rôle de solvant et de purificateur : elle permet la renaissance.

Le baptême chrétien d’aujourd’hui ne vaut pas initiation. Car si le baptême est conféré du dehors, l’initiation vient du dedans, de l’effort intérieur. Le baptisé reçoit la vérité, alors que l’initié part à sa recherche. Cependant, le baptême et l’initiation sont tous deux des commencements, et l’épreuve de l’eau prépare au cheminement.

Jean le Baptiste est présenté comme une figure de l’incorruptibilité, de l’indépendance, mais aussi de renoncement.

Car Jean sait renoncer à lui-même ; il sait se montrer humble et laisser la place. N’est-il pas celui qui a dit de Jésus : Il faut qu’il croisse et que je diminue (Jean 3, 30) ?

Et aussi : Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. (Marc 1, 7-8).

Ainsi, Jean le Baptiste représente une lumière à son apogée, mais qui s’apprête à céder la place, à diminuer et à s’éteindre. La lumière extérieure (celle de l’eau, de la matière) s’efface au profit de la lumière intérieure (celle du feu spirituel). Le cheminement se fait de midi à minuit : il faudra visiter les ténèbres pour les comprendre, pour mieux nous connaître. Le déclin de notre corps-matière nous permettra peut-être d’entrevoir l’ultime vérité…

La fin de Jean le Baptiste.

Selon le Nouveau Testament, Jean le Baptiste irritait le gouverneur roi Hérode Antipas, ce qui l’amènera à être emprisonné puis décapité. En effet, Jean s’était permis de critiquer le second mariage d’Hérode avec Hériodade (mère de Salomé), à la vie dissolue et incestueuse. Jean incitait le peuple à cultiver la morale et fuir les turpitudes.

Hérode craignait une révolte déclenchée par Jean. Il livrera la tête de Jean sur un plateau à Salomé, qui l’avait réclamée suite à sa célèbre danse, sur les conseils de sa mère.

La tête coupée du Baptiste peut symboliser l’accès à la Connaissance : il faut se détacher des savoirs conditionnés par le mental et l’intellect pour ouvrir notre cœur à l’intuition.

Planche maçonnique de la Saint Jean d’été : conclusion.

Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Esaïe, le prophète.
Jean 1, 23

Jean nous incite à aplanir le chemin encombré de nos obstacles, de notre ego et de nos passions. A nous de tailler notre pierre brute, de la débarrasser de ce qu’il y a en trop pour qu’elle laisse enfin passer la lumière, pour qu’elle puisse témoigner de cette lumière.

Jean le Baptiste est bien le témoin de la lumière nouvelle : il recule pour la laisser s’installer. Tel est le message de Jean : savoir s’effacer, savoir lâcher prise, accepter de se laisser traverser par l’énergie de l’Eternel afin, peut-être, d’entrevoir le Royaume de Dieu.

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Modif. le 30 juin 2021

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