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Heureux ceux qui pleurent : interprétation

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Heureux ceux qui pleurent : quelle est la signification de cette parole de Jésus ? Comment ceux qui pleurent peuvent-ils être heureux ? Qu’est-ce que pleurer dans la Bible ?

Le chapitre 5 de l’Evangile selon Saint-Matthieu correspond au Sermon sur la montagne prononcé par Jésus.

Les versets 3 à 12 sont appelés “les Béatitudes” :

3/ Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
4/ Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
5/ Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
6/ Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
7/ Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
8/ Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
9/ Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
10/ Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
11/ Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12/ Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

La deuxième béatitude est donc : Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Comment interpréter cet étonnant verset ? 

Heureux ceux qui pleurent : un paradoxe.

Ce verset est l’expression d’un paradoxe ou “aporie” : comment ceux qui pleurent peuvent-ils être heureux ? Cela semble illogique, impossible.

Les paroles de Jésus sont souvent paradoxales, citons par exemple :

  • Les premiers seront les derniers (Matthieu 20, 16),
  • Le plus grand parmi vous sera votre serviteur (Matthieu 23, 11),
  • Celui qui voudra sauver sa vie la perdra (Marc 8, 35),
  • etc.

Ces paradoxes nous invitent à dépasser les apparences et à nous affranchir des illusions : ils facilitent l’accès à la vérité. La sagesse consiste en particulier à réconcilier les contraires pour emprunter une nouvelle voie, un véritable chemin de Vie.

Mais alors, quelle explication donner à l’expression “Heureux ceux qui pleurent” ?

Tentative d’interprétation.

Les larmes dont parle Jésus sont celles qui résultent de la souffrance, de la tristesse ou du deuil, puisqu’elles nécessitent “consolation”. Ce ne sont donc pas des larmes de joie ou d’émotion, mais bien des larmes de douleur.

Le paradoxe est d’autant plus fort : Heureux ceux qui pleurent semble totalement contradictoire.

En réalité, les larmes peuvent constituer un signal positif qui amorce un nouveau chemin. La conscience s’ouvre :

  • on reconnaît ses erreurs,
  • on se rend compte de ce qu’on a perdu,
  • on prend conscience de l’importance de l’autre,
  • on réalise ce qu’on avait refusé de voir jusque-là.

Pleurer, c’est lâcher-prise, c’est se laisser pénétrer par l’essentiel, c’est accepter l’évidence. C’est ouvrir un espace sacré en nous : le Royaume de Dieu nous tend les bras.

Pleurer, c’est laisser de côté notre orgueil (qui avait conduit Adam et Eve à croquer le fruit de l’arbre de la connaissance) pour rétablir l’alliance avec Dieu. Nous avons péché, nous sommes imparfaits, mais nous acceptons de le reconnaître : c’est ainsi que nous pourrons nous pardonner et que nous pourrons être pardonnés.

Les larmes sont douleur, regret, mais aussi contrition, repentance, pardon et espérance. Les postures disparaissent. Les masques tombent. Pleurer annonce notre guérison et notre recentrage.

Les larmes reflètent la Lumière divine : elles font ressortir le souvenir de ce qu’il y a de pur en nous, que nous avons trop longtemps enfoui ou ignoré. Elles constitueront la base de notre retour auprès de Dieu.

Les larmes révèlent donc notre capacité à comprendre et à aimer.

Le Royaume de Dieu : le chemin du bonheur.

Dans la Bible, Jésus décrit le bonheur de ceux qui entreront dans le Royaume de Dieu.

Le Royaume de Dieu, sorte de nirvana, source inépuisable de vie, espace d’Amour, de paix et de sérénité, n’est pas un paradis lointain et inaccessible. Jésus dit en effet : “le royaume de Dieu est au milieu de vous” (aussi traduit par “au-dedans de vous”).

C’est bien nous qui décidons à tout moment d’entrer dans le Royaume de Dieu. Nous devons pour cela mourir à nos ambitions et nous regarder tels que nous sommes, accepter notre condition et notre destin.

Verser des larmes pures et sincères peut nous aider à voir le Royaume. Ces larmes sont le chemin de la compréhension et de l’acceptation des choses telles qu’elles sont.

Au final, les larmes sont une victoire sur le mal et le péché : elles instaurent le pardon en nous-même.

Il anéantit la mort pour toujours ; Le Seigneur, l’Eternel, essuie les larmes de tous les visages. Ésaïe 25, 8

Lire notre article : Comprendre le Royaume de Dieu.

Suggestion de lecture :

  • La petite voix, d’Eileen Caddy. Un petit livre de méditation quotidienne : une pensée à lire chaque soir.

Modif. le 19 juillet 2020

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