Les Esséniens : qui étaient-ils ? quelles croyances, quelle spiritualité ? quelles étaient les caractéristiques de cette communauté mystique du judaïsme antique ? Jésus était-il essénien ?
Les Esséniens formaient une secte juive composée de plusieurs communautés dont les membres semblaient mener une vie ascétique. La secte se serait développée autour du IIe ou du Ier siècle av. JC, jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem par Titus, en l’an 70.
La secte essénienne est principalement connue à travers les textes de Philon d’Alexandrie, Flavius Josèphe ou Pline L’Ancien. Ces auteurs décrivent des communautés présentes dans différentes villes, organisées selon des règles strictes et animées par une grande exigence morale.
La découverte des Manuscrits de la Mer Morte à Qumran, entre 1947 et 1956, a permis d’en savoir plus sur la spiritualité essénienne ; en effet, ces manuscrits pourraient être les vestiges d’une ancienne bibliothèque d’un centre essénien important, sorte de communauté monacale retirée dans le désert. Cependant, tous les spécialistes ne s’accordent pas à ce sujet.

Avant d’aller plus loin, rappelons le contexte historique :
- de 539 à 332 av. JC, la Judée est sous domination perse, mais bénéficie d’une certaine autonomie : le Temple de Jérusalem est reconstruit vers 516 av. JC ; les prêtres et autorités locales administrent les affaires religieuses,
- en 332 av. JC, Alexandre le Grand envahit la Judée, qui passe ainsi sous domination grecque. La période hellénistique durera deux siècles. Après la mort d’Alexandre, ses successeurs, les Ptolémées (Égypte) et les Séleucides (Syrie), se disputent le territoire,
- en 167 av. JC éclate la crise des Maccabées : Antiochos IV (roi séleucide) interdit le culte juif et profane le Temple. La révolte des Maccabées (famille de prêtres juifs) aboutit à la victoire des Juifs en 164 av. JC et à la purification du Temple (origine de la fête de Hanouka),
- en 140 av. JC, la dynastie hasmonéenne est fondée : elle établit un État juif indépendant. Mais les Juifs se divisent en deux partis :
- les Saducéens sont proches de l’aristocratie hellénisée ; ils s’attachent à la Loi juive écrite, ils soutiennent et incarnent le clergé officiel, ils rejettent les interprétations extra-bibliques,
- les Pharisiens, souvent de niveau social plus modeste, sont moins enclins à respecter les préceptes du clergé ; ils n’hésitent pas à suivre les rabbins alternatifs, plus novateurs et humanistes dans leur approche. Ils reconnaissent certains livres prophétiques qui viennent compléter la Torah ; ils sont attachés à la tradition orale,
- en parallèle, la secte essénienne se développe. Comme les Pharisiens, il semble que les Esséniens dénonçaient les abus, la complaisance et l’enrichissement des prêtres sadducéens,
- en 63 av. JC, le chef romain Pompée prend Jérusalem, profitant des divisions au sein de la dynastie hasmonéenne. C’est le début de la domination romaine. La Judée devient un État client de Rome. Certaines communautés juives se révoltent mais sont réprimées,
- de 37 à 4 av. JC, Hérode le Grand, nommé roi par Rome, modernise le pays, mais son règne est marqué par la tyrannie et les divisions internes,
- en 6 ap. JC, la Judée devient une province romaine à part entière, dirigée par des préfets ou procurateurs tels Ponce Pilate,
- de 66 à 73 ap. JC a lieu la Grande Révolte juive contre Rome. Titus détruit Jérusalem et le Second Temple en 70 (début de la diaspora).
On le voit, tout au long de cette période, la Judée indépendante est traversée par de vives tensions sociales, politiques et religieuses. Les Juifs se questionnent : comment intégrer les influences étrangères ? quel rôle pour le Temple ? comment interpréter la Loi divine ?
C’est dans ce contexte que la secte essénienne apparaît et se développe. Opposés à la fois aux Saducéens et au Pharisiens, les Esséniens forment une communauté séparée qui développe sa propre spiritualité, ses propres règles, et qui par ailleurs se montre hostile à toute forme d’influence extérieure, qu’elle soit grecque ou romaine.
Au final, cette période troublée a paradoxalement permis un renouveau de la pensée hébraïque, dans lequel s’inscriront l’essénisme et le christianisme naissant.
Entrons dans la vie et la spiritualité des Esséniens.
Comment vivaient les Esséniens ? Pureté et ascèse
Dans la Guerre des Juifs (livre II, chapitre 8), Flavius Josèphe fait une description précise du mode de vie essénien :
- « ces hommes répudient les plaisirs comme un péché et tiennent pour vertu la tempérance et la résistance aux passions »,
- « ils dédaignent le mariage pour eux-mêmes, mais adoptent les enfants des autres, à l’âge où l’esprit encore tendre se pénètre facilement des enseignements, les traitent comme leur propre progéniture et leur impriment leurs propres mœurs. Ce n’est pas qu’ils condamnent en principe le mariage et la procréation, mais ils redoutent le dévergondage des femmes et sont persuadés qu’aucune d’elles ne garde sa foi à un seul homme »,
- « ils pratiquent entre eux un merveilleux esprit de communauté »,
- « leur loi prescrit à ceux qui adhèrent à leur secte de faire abandon de leurs biens à la corporation, en sorte qu’on ne rencontre nulle part chez eux ni la détresse de la pauvreté ni la vanité de la richesse, mais la mise en commun des biens de chacun donne à tous, comme s’ils étaient frères, un patrimoine unique »,
- « ils sont toujours vêtus de blanc »,
- « ils ne changent ni de robe ni de souliers avant que les leurs ne soient complètement déchirés ou usés par le temps »,
- « ils ont, pour veiller aux intérêts communs, des administrateurs élus, à qui le suffrage de tous désigne leurs services particuliers »,
- « ils ne forment pas une ville unique, mais vivent dispersés en grand nombre dans toutes les villes. Quand des frères arrivent d’une localité dans une autre, la communauté met tous ses biens à leur disposition ; ils fréquentent chez des gens qu’ils n’ont jamais vus comme chez d’intimes amis »,
- « entre eux rien ne se vend ni ne s’achète : chacun donne à l’autre sur ses provisions le nécessaire et reçoit en retour ce dont il a besoin ; mais, même sans réciprocité, il leur est permis de se faire donner de quoi vivre par l’un quelconque de leurs frères »,
- « leur piété envers la divinité prend des formes particulières. Avant le lever du soleil, ils ne prononcent pas un mot profane : ils adressent à cet astre des prières traditionnelles, comme s’ils le suppliaient de paraître. Ensuite, leurs préposés envoient chacun exercer le métier qu’il connaît, et jusqu’à la cinquième heure ils travaillent de toutes leurs forces ; puis ils se réunissent de nouveau dans un même lieu, ceignent leurs reins d’une bande de lin et se lavent tout le corps d’eau froide. Après cette purification, ils s’assemblent dans une salle particulière où nul profane ne doit pénétrer ; eux-mêmes n’entrent dans ce réfectoire que purs, comme dans une enceinte sacrée. Ils prennent place sans tumulte, puis le boulanger sert à chaque convive un pain, le cuisinier place devant lui un plat contenant un seul mets. Le prêtre prononce une prière avant le repas, et nul n’y peut goûter que la prière ne soit dite. Après le repas, il prie derechef ; tous, au commencement et à la fin, rendent grâce a Dieu, dispensateur de la nourriture qui fait vivre. Ensuite, dépouillant leurs vêtements de repas comme des robes sacrées, ils retournent à leurs travaux jusqu’au soir »,
- « ni cri, ni tumulte ne souille la maison : chacun reçoit la parole à son tour. Pour les gens qui passent, ce silence à l’intérieur du logis apparaît comme la célébration d’un mystère redoutable ; mais la cause en est simplement dans leur invariable sobriété, dans leur habitude de mesurer à chacun la nourriture et la boisson nécessaires pour le rassasier, sans plus »,
- « ils savent gouverner leur colère avec justice, modérer leurs passions, garder leur foi, maintenir la paix. Toute parole prononcée par eux est plus forte qu’un serment, mais ils s’abstiennent du serment même, qu’ils jugent pire que le parjure, car, disent-ils, celui dont la parole ne trouve pas créance sans qu’il invoque Dieu se condamne par là même »,
- « ils observent plus rigoureusement que les autres Juifs le repos du sabbat ; car ils ne se contentent pas de préparer la veille leur nourriture pour n’avoir pas à allumer de feu ce jour-là : ils n’osent ni déplacer aucun ustensile ni même satisfaire leurs besoins naturels »,
- « ils méprisent les dangers, triomphent de la douleur par la hauteur de leur âme. La guerre des Romains a éprouvé leur force de caractère en toutes circonstances : les membres roués, tordus, brûlés, brisés, soumis à tous les instruments de torture afin de leur arracher un mot de blasphème contre le législateur ou leur faire manger des mets défendus, on n’a pu les contraindre ni à l’un, ni à l’autre, ni même à flatter leurs tourmenteurs ou à verser des larmes. Souriant au milieu des supplices et raillant leurs bourreaux, ils rendaient l’âme avec joie, comme s’ils devaient la reprendre bientôt.
On le voit, les Esséniens adoptaient un mode de vie communautaire parfaitement structuré. La vie quotidienne est rythmée par la prière, l’étude des Écritures ainsi que des repas partagés (sortes d’agapes), selon un rituel précis.
La pureté rituelle occupe une place centrale, avec des bains quotidiens dans les mikvés. D’autre part, les biens sont mis en commun et la hiérarchie interne est stricte.
Cependant, le mouvement essénien est loin d’être homogène. Certains groupes esséniens vivent reclus et pratiquent le célibat, tandis que d’autres admettent le mariage, comme le précise Flavius Josèphe dans un autre passage. Mais tous partagent un idéal d’austérité et de dépouillement.
La spiritualité essénienne
Tout d’abord, les Esséniens croient en l’immortalité de l’âme :
C’est une croyance bien affermie chez eux que le corps est corruptible et la matière qui le compose inconsistante, mais que l’âme est immortelle et impérissable, qu’elle habitait l’éther le plus subtil, qu’attirée dans le corps comme dans une prison, elle s’unit à lui par une sorte de charme naturel, que cette âme une fois détachée des liens de la chair, débarrassée pour ainsi dire d’un long esclavage, prend son vol joyeux vers les hauteurs. Ils prétendent qu’aux âmes pures seules est réservé un séjour au delà de l’Océan, un lieu que n’importunent ni les pluies, ni les neiges, ni les chaleurs excessives, mais que le doux zéphyr, soufflant de l’Océan, vient toujours rafraîchir ; les âmes impures, au contraire, ils les relèguent dans un abîme ténébreux et agité par les tempêtes, foisonnant d’éternelles souffrances.
Flavius Josèphe, la Guerre des Juifs (livre II, chapitre 8)
Comme les Pharisiens, les Esséniens croient en la fin des temps, laquelle sera suivie d’un jugement et d’une résurrection des élus, c’est-à-dire d’une forme de vie après la mort. Ils se distinguent en cela des Saducéens.
D’autre part, les Esséniens attendent la venue d’un ou plusieurs messies. Certains textes de Qumran évoquent en effet deux figures distinctes : un Messie sacerdotal et un Messie royal issu de la lignée de David. Le but des messies est de mener une guerre apocalyptique et eschatologique dans le but d’instaurer le Royaume de Dieu.
Dans le cadre de ce combat apocalyptique à venir, les Esséniens se considèrent comme les « Fils de la lumière » destinés à repousser les ténèbres. Cette conception dualiste du monde, attestée dans certains textes retrouvés à Qumran, exprime un affrontement entre le bien et le mal dont l’issue est déjà connue de Dieu. Une vision également présente dans le Nouveau Testament.
Pourtant, les Esséniens tels qu’ils nous sont décrits par Flavius Josèphe et Philon d’Alexandrie sont pacifistes : faiblement armés, ils préfèrent mourir en martyrs plutôt que combattre.
Par ailleurs, les Esséniens croient en la prédestination : selon eux, le destin des hommes s’inscrit dans un plan divin arrêté à l’avance.
Enfin, les Esséniens s’attachent au fond, au sens, à l’idée : contrairement au Saducéens, ils rejettent toute lecture littérale ou dogmatique des textes sacrés. Ce qui explique leurs pratiques ésotériques.
L’ésotérisme essénien
Les Esséniens auraient développé un enseignement gnostique, ésotérique et initiatique. Fondé sur les textes sacrés, il semble que cet enseignement faisait appel à l’astrologie, à la divination (« il est rare qu’ils se trompent dans leurs prédictions », dit Flavius Josèphe), à la prophétie ou encore l’angélologie (étude des anges).
Les nouveaux membres de la communauté devaient passer par une période d’initiation s’étalant sur plusieurs années. Ils devaient aussi prêter le serment décrit ci-après par Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs (livre II, chapitre 8) :
Ceux qui désirent entrer dans cette secte n’en obtiennent pas aussitôt l’accès. Le candidat fait un stage extérieur d’une année, pendant laquelle il est astreint au genre de vie des Esséniens ; on lui donne une hachette, la ceinture et le vêtement blanc.
Quand il a fourni pendant le temps prescrit la preuve de sa tempérance, il est associé encore plus étroitement au régime des confrères : il participe aux lustrations du bain de purification, mais il n’est pas encore admis aux repas en commun.
Car après qu’il a montré son empire sur ses sens, il faut encore deux ans pour éprouver son caractère. Si l’épreuve est manifestement satisfaisante, il est alors admis dans la communauté.
Mais avant de toucher à la nourriture commune, il s’engage envers ses frères, par de redoutables serments, d’abord à vénérer la divinité, ensuite à observer la justice envers les hommes, à ne faire tort à personne ni spontanément ni par ordre ; à toujours détester les injustes et venir au secours des justes ; à garder sa foi envers tous, particulièrement envers les autorités, car c’est toujours par la volonté de Dieu que le pouvoir échoit à un homme.
Il jure que si lui-même exerce le pouvoir il ne souillera jamais sa magistrature par une allure insolente ni ne cherchera à éclipser ses subordonnés par le faste de son costume ou de sa parure ; il jure de toujours aimer la vérité et de confondre les menteurs ; de garder ses mains pures de larcin, son âme pure de gains iniques ; de ne rien tenir caché aux membres de la secte et de ne rien dévoiler aux profanes sur leur compte, dût-on le torturer jusqu’à la mort.
Il jure encore de transmettre les règles de la secte exactement comme il les a reçues, de s’abstenir du brigandage et de conserver avec le même respect les livres de la secte et les noms des anges.
Tels sont les serments par lesquels les Esséniens enchaînent les néophytes.
Le type de serment ici décrit n’est pas sans rappeler le serment actuel des francs-maçons.
Un mouvement baptiste
Les Esséniens pratiquent le baptême, c’est-à-dire le rituel d’immersion. Ce rituel est hérité des ablutions rituelles évoquées dans l’Ancien Testament. A noter toutefois qu’il s’agit d’un baptême collectif destiné à expier les péchés, et non d’un baptême individuel de type chrétien.
Jésus et les Esséniens : quel lien ?
La question d’une éventuelle proximité entre les Esséniens et Jésus a suscité de nombreux débats et polémiques.
On soulignera les similitudes suivantes entre l’essénisme et le christianisme primitif :
- la croyance en l’apocalypse,
- le messianisme,
- le goût pour certaines références bibliques, par exemple Isaïe,
- la pratique du baptême,
- le voeu de pauvreté,
- l’importance accordée à la conversion intérieure,
- ou encore la vie communautaire que l’on observe autant chez les Esséniens que chez les premiers chrétiens, avec notamment la prise du repas en commun.
D’autre part, Jean le Baptiste, qui prêchait dans le désert et appelait à un baptême de repentance, a parfois été rapproché de l’essénisme, même s’il n’existe aucune preuve directe.
Cependant, des différences importantes demeurent. Les Esséniens vivaient dans une relative séparation du reste de la société, tandis que Jésus s’adressait à tous, dans une logique véritablement universelle.
En l’état actuel des connaissances, il n’existe aucune preuve que Jésus ait appartenu aux Esséniens, même s’il semble évident que ce courant a influencé le contexte spirituel de l’époque.
La disparition des Esséniens
La disparition des Esséniens semble liée à la révolte juive contre Rome, entre 66 et 70 ap. JC. Le site de Qumran aurait été détruit par les troupes romaines en l’an 68. Les membres de la communauté pourraient avoir caché leurs manuscrits dans des grottes avoisinantes, où ils demeurèrent enfouis pendant près de deux mille ans.
Après la destruction du Temple de Jérusalem en 70, le judaïsme se reconfigure autour d’autres courants et les Esséniens disparaissent progressivement.
L’héritage des Esséniens
L’héritage des Esséniens reste bien vivant, malgré la rareté des témoignages historiques directs. La découverte des Manuscrits de la mer Morte, découverte archéologique majeure du XXe siècle, a contribué à relancer l’intérêt pour l’essénisme.
Aujourd’hui encore, différentes communautés, chrétiennes ou sectaires, se réclament de l’essénisme. On a vu fleurir ici ou là des évangiles esséniens qui prétendaient résumer les préceptes de sagesse de cette communauté.
De manière générale, on retrouve l’influence de l’essénisme dans beaucoup de pratiques spirituelles actuelles. Certains praticiens se réfèrent aux Esséniens en leur attribuant des qualités ou des savoirs cachés, par exemple en ce qui concerne les méthodes de soin holistique : énergétisme, massages, rituels de purification, phytothérapie, lithothérapie, etc.
Il semble en effet que les Esséniens pratiquaient une forme de médecine naturelle :
Ils s’appliquent merveilleusement à la lecture des anciens ouvrages, choisissant surtout ceux qui peuvent servir au bien de l’âme et du corps. C’est là qu’ils cherchent, pour guérir les maladies, la connaissance des racines salutaires, et des vertus des pierres.
Flavius Josèphe, la Guerre des Juifs (livre II, chapitre 8)
Les Esséniens sont régulièrement présentés comme des guérisseurs ou des thérapeutes. Le philosophe juif Philon d’Alexandrie appelle d’ailleurs « Thérapeutes » les membres d’une secte juive hellénisée assimilable aux Esséniens, bien qu’ici le mot « thérapeute » signifie plutôt « ministre des choses sacrées ». En l’occurrence, Philon décrit une forme d’essénisme présente à Alexandrie, peut-être influencée par le bouddhisme. En effet, des échanges entre l’Inde et le Moyen-Orient sont attestés à partir du IIIe siècle avant JC.
Quoi qu’il en soit, les Esséniens ont laissé une image d’hommes cultivant ouverture spirituelle, paix, sagesse, hygiène de vie, sobriété, respect et connaissance de la Nature.
Conclusion
Les Esséniens apparaissent comme une communauté animée par une remarquable quête de sagesse, de pureté et d’authenticité.
Frappante, leur proximité avec le christianisme primitif a nourri l’idée selon laquelle Jésus aurait pu être issu de leurs rangs. Il semble en tous cas que certains Esséniens se soient convertis au christianisme naissant, comme l’affirme, certes tardivement, Eusèbe de Césarée.
Au final, les Esséniens nous laissent l’image de sages vivant à l’écart des tourments du monde, cultivant un idéal qu’ils pensaient conforme à la volonté de Dieu. Attachés à la fraternité, à la justice et à la vérité, réfractaires aux dogmes, en tension constante vers l’absolu, ils pratiquaient une ascèse où l’Homme, enfin dépouillé de tout superflu, se révèle dans l’ombre du renoncement.

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Modif. le 16 février 2026






