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La théosophie : la quête de l’Essence divine

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Qu’est-ce que la théosophie ? Comment ce courant spirituel est-il né ? Existe-t-il toujours aujourd’hui ? Qui sont les théosophes ?

La théosophie ou théosophisme (« sagesse de Dieu ») désigne plusieurs courants philosophiques et spirituels dans lesquels on peut voir une certaine continuité :

  • d’abord, un courant philosophique apparu au IIIe siècle ap. JC, fondé par le néoplatonicien Ammonios Saccas et ses disciples, dont le but est l’union de l’âme humaine avec Dieu,
  • ensuite, un courant de philosophie religieuse né dans le monde germanique et protestant au XVIe siècle, dont le but est la connaissance directe des choses divines,
  • enfin, l’activité de la Société Théosophique fondée en 1875 par les Américains Helena Blavatsky, Henry Steel Olcott et William Quan Judge : c’est la théosophie dite « moderne », dont le but est la pratique de l’ésotérisme dans le cadre d’un syncrétisme fait de bouddhisme, de théosophie ancienne, ainsi que d’éléments empruntés à d’autres traditions religieuses.

De manière générale, la théosophie peut être définie comme la science ésotérique de Dieu, qui se situe entre métaphysique et théologie. Son but est l’illumination : le théosophe accompli est censé connaître Dieu de l’intérieur et posséder la gnose, c’est-à-dire l’ultime vérité. La divinité et l’univers n’ont plus de secrets pour lui…

Approfondissons la définition de la théosophie et son origine.

Au IIIe siècle ap. JC, Ammonios Saccas, basé à Alexandrie, fonde l’école néoplatonicienne. Avec ses disciples Plotin et Porphyre de Tyr, il est aussi considéré comme le fondateur de la théosophie des origines, dont le but est de réunir et de comparer tous les systèmes philosophiques et religieux afin d’en dégager des similitudes et de démontrer la présence d’une seule Essence divine, éternelle et absolue.

On parle aussi de courant « analogiste », le but étant de pointer les analogies et correspondances entre les différents courants spirituels.

Les théosophes de l’Antiquité complétaient leur approche par des pratiques ascétiques et des expériences extatiques.

La Renaissance redéfinit les frontières entre science, religion et philosophie, signant le renouveau de la pensée occidentale. Dans ce contexte, la théosophie réapparaît dans le monde germanique et protestant au XVIe siècle sous la forme d’un courant visant à approcher le Mystère par l’association de différents domaines de connaissance.

Cette théosophie se fonde sur :

  • le principe de l’unité cosmique,
  • la correspondance ou la ressemblance entre Dieu, l’Homme et la Nature,
  • une approche rationnelle autant qu’intuitive,
  • la recherche de l’illumination intérieure et de l’union mystique,
  • l’objectif de renaissance de l’individu sous une forme éveillée, conciliant matière et esprit.

Par ailleurs, pour les théosophes, les textes sacrés sont abordés non pas comme « la vérité révélée » mais comme un ensemble d’allégories cachant des vérités profondes.

La théosophie de cette époque s’inspire :

  • du néoplatonisme, qui enseigne l’union de l’âme avec le divin,
  • de la Kabbale, qui explore les correspondances entre le monde matériel et spirituel,
  • et de l’hermétisme.

Parmi ses grands noms, citons Paracelse (1493-1541) qui associe alchimie, médecine et philosophie naturelle. Paracelse est le théoricien du grand Tout, en quête de l’essence des choses, passionné autant par la Nature que par Dieu. Les autres théosophes célèbres sont Valentin Weigel (1533-1588), Heinrich Khunrath (1560-1605), Johann Arndt (1555-1621) ou encore Jakob Böhme (1575-1624).

Ce dernier synthétise et stabilise la doctrine théosophique. Il s’interroge sur ce qui nous éloigne de Dieu (principe de l’opposition entre Lumière et ténèbres), sur la manière dont le Divin s’est engendré, sur les raisons qui l’ont amené à créer le monde, sur la conscience, l’amour, la haine et l’origine du mal.

Pour percer le Mysterium Magnum (le Grand Mystère), Böhme a recours au symbolisme alchimique, notamment la Quintessence, l’Œuf du monde et l’Androgyne primordial. Son but est l’atteinte de la plénitude de l’existence.

L’œuvre de Böhme sera mise à l’index par l’orthodoxie luthérienne. Cependant, la théosophie influencera durablement l’ésotérisme chrétien, notamment le courant Rose-Croix (XVIIe siècle).

En 1875, Helena Blavatsky, Henry Steel Olcott et William Quan Judge fondent la Société Théosophique : c’est la naissance de la théosophie dite « moderne ». A noter cependant que si cette société se réclame de la théosophie, elle ne réduit pas la théosophie à sa seule existence.

Concrètement, les trois fondateurs de la Société Théosophique abordent la théosophie comme l’ensemble des connaissances théologiques, cosmologiques et universelles révélées aux hommes au cours des millénaires : c’est la Tradition Primordiale.

Adogmatique, la Société Théosophique accueille des adeptes de toutes religions. Elle prône un syncrétisme associant monothéismes, ésotérisme occidental, hindouisme et bouddhisme. Sa devise est : « Il n’y a pas de religion supérieure à la vérité ».

logo société théosophique
Logo Société Théosophique de France

Le logo ci-dessus associe plusieurs éléments symboliques, ésotériques et alchimiques :

  • l’Ouroboros (serpent qui se mord la queue) représente l’unité du monde sans nier sa dualité intrinsèque,
  • le sceau de Salomon représente la correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, entre microcosme et macrocosme, entre immanence et transcendance, entre matière et esprit,
  • au centre, la croix de vie (Ankh) représente la vie éternelle conférée par la connaissance de la vérité,
  • le svastika (croix gammée) est le symbole du mouvement perpétuel et de l’évolution spirituelle,
  • enfin, le mot Satyam en sanskrit signifie « vérité ».

Tentons une définition générale de la théosophie : La théosophie est la quête de la vérité et de la Divinité en tant qu’essence unique de l’univers, laquelle est cachée mais suggérée dans toutes les religions, cultures et systèmes de pensée.

C’est aussi le chemin de l’illumination intérieure et de l’union avec la Divinité, dans un sens mystique.

La théosophie est un ésotérisme, avec l’idée qu’un long travail de conversion intérieure doit être effectué pour percer le mystère de l’Essence divine. Il s’agit de mourir pour renaître sous une forme meilleure. La méthode peut être transmise par l’initiation.

La théosophie est encore une Tradition au sens où il existerait une continuité (réelle ou mythique) de ses principes depuis l’Antiquité.

Sur le plan doctrinal, la théosophie est proche d’un panenthéisme, théorie qui combine théisme (Dieu est l’être suprême) et panthéisme (Dieu est toute chose). Ainsi, Dieu est à la fois l’univers et le dépassement de l’univers : il est à la fois la Mère et le Père.

Enfin, pour les théosophes, l’Homme peut être abordé comme une émanation de l’Âme universelle, identique dans son essence à la Divinité. Il est possible de retrouver notre véritable nature par le lâcher-prise, la méditation et l’extase, ou encore par une approche intuitive fondée sur l’analogie et le symbolisme.

La franc-maçonnerie est-elle une théosophie ? Oui si l’on considère les points communs suivants :

  • la quête de la vérité et du principe commun à toutes les choses,
  • l’ouverture à tous les courants spirituels,
  • le dépassement des dogmes,
  • l’approche ésotérique et initiatique,
  • l’inscription dans une « tradition » millénaire,
  • etc.

Sur le plan doctrinal, on retrouve l’idée de l’unité du monde ou encore celle de la correspondance entre macrocosme et microcosme. Cependant, la franc-maçonnerie ne reprend pas le côté mystique et extatique de la théosophie. La théosophie quant à elle ne constitue pas à proprement parler une alliance fraternelle.

Aujourd’hui encore, certaines loges maçonniques se réfèrent à la théosophie ou aux Philalèthes, littéralement « ceux qui aiment la vérité », en référence aux philosophes de l’Antiquité fondateurs supposés de la théosophie.

D’autre part, la théosophie est très liée à l’alchimie spirituelle, d’abord par ses origines, à savoir l’Egypte de la période hellénistique, Alexandrie étant la ville où se rencontraient les courants de pensée les plus divers.

L’esprit de la théosophie perdure au-delà les différents courants apparus dans l’Histoire et décrits dans cet article. Le théosophe est d’abord en quête d’unité ; il fait appel à son intuition autant qu’à sa raison pour rassembler ce qui est épars, pour réunir les connaissances touchant à la philosophie, à la spiritualité, aux sciences ou à la psychologie. Il ne se fixe aucune limite dans la recherche de la vérité. A travers une démarche symbolique et analogique, il approche le point de correspondance entre microcosme et macrocosme, entre lui-même et Dieu. Il tente d’entrevoir ce qu’il y a de plus universel en lui.

Alchimiste, kabbaliste, le théosophe a souvent été initié par d’autres, à moins qu’il ne se soit parvenu à s’initier lui-même. Il est avant tout un cherchant : il plonge au fond de lui-même pour y trouver la trace de Dieu.

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Modif. le 27 février 2026

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