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La prière de la sérénité de Marc Aurèle

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Prière de la sérénité de Marc-Aurèle : version complète, explication et interprétation. Que prône le stoïcisme impérial ? Comment parvenir à la sérénité ?

Marc Aurèle (121–180 ap. J.-C.), empereur et philosophe stoïcien, a régné sur Rome de 161 à 180, dans une période marquée par les guerres, les catastrophes naturelles et les persécutions contre les chrétiens.

Il est une figure du stoïcisme impérial, courant qui désigne le stoïcisme romain tardif, par opposition au stoïcisme grec des origines. Dans ses écrits, notamment les Pensées pour moi-même, il prône la maîtrise de soi, l’acceptation du destin et l’accomplissement du devoir. Il lie l’exercice du pouvoir à la sagesse et à la modération.

On attribue habituellement à Marc Aurèle la Prière de la sérénité, même si ce texte ne figure pas dans ses écrits. En réalité, rien ne prouve que l’empereur en soit l’auteur. Il n’en reste pas moins que cette prière possède un sens profond, invitant à naviguer entre acceptation et action, en faisant preuve de discernement.

Voici donc la prière de la sérénité de Marc-Aurèle ainsi qu’une interprétation.

Voici le texte de la Prière de la sérénité :

O mon Dieu,
donne-moi la sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé,
le courage de changer ce qui peut être changé,
et l’intelligence de distinguer l’un de l’autre.

A noter qu’il existe d’autres versions, plus longues, souvent anonymes, rattachées ou non à une tradition spirituelle ou religieuse en particulier. Il existe notamment une prière de la sérénité catholique.

Ce texte très court invite à développer un rapport sain aux autres et à soi-même.

Il s’agit d’abord d’une prière adressée à Dieu, qui consiste à demander trois choses : sérénité, courage et intelligence.

En réalité, le texte constitue une incitation personnelle, un encouragement à faire preuve de raison et de discernement : il s’agit de distinguer entre ce que l’on peut changer et ce qui ne peut être changé.

En effet, à quoi sert de vouloir changer ce qui ne peut être changé ? Quel sens y a-t-il à s’inquiéter, à se culpabiliser ou à se mettre en colère contre la mort, les guerres, les catastrophes ou les injustices, si nous ne sommes pas en mesure d’intervenir sur le cours des choses ? Ici, l’acceptation apparaît comme une forme de sagesse : nous ne maîtrisons rien, nous n’avons pas de prise sur le destin, par ailleurs nous ne connaissons pas les causes des phénomènes et nous ne comprenons pas les forces à l’oeuvre.

Dès lors, la sagesse apparaît comme une forme d’espérance et de confiance dans les lois universelles : tout arrive conformément à la « Nature », au plan divin. Celui qui perçoit cet ordre universel entre enfin dans une forme de vie sereine…

A l’inverse, il y a des choses sur lesquelles nous pouvons agir : dans ce cas, il faut faire preuve de courage, prendre ses responsabilités et accepter de jouer son rôle.

Ainsi, entre renoncement et engagement, entre acceptation et action, entre passivité et dynamisme, la Prière de la sérénité de Marc Aurèle nous incite à trouver la voie juste, loin des regrets et de la culpabilité, loin aussi de toute ambition déplacée.

Voici quelques citations stoïciennes de Marc Aurèle, tirées des Pensées pour moi-même, qui peuvent éclairer ou compléter le sens de la Prière de la sérénité :

La bienveillance : l’intelligence de vivre conformément à la nature ; la patience envers les ignorants et envers ceux qui décident sans avoir réfléchi ; l’art de s’accommoder à toutes les espèces de gens ; l’habileté à classer les préceptes nécessaires à la vie (…) ; l’art de savoir sans bruit adresser des louanges, de connaître beaucoup sans chercher à briller.

Qu’il est aisé de repousser et d’abandonner toute pensée déplaisante ou impropre, et d’être aussitôt dans un calme parfait !

Ne suppose pas, si quelque chose t’est difficile, que cette chose soit impossible à l’homme. Mais, si une chose est possible et naturelle à l’homme, pense qu’elle est aussi à ta portée.

Ne jamais être indifférent aux plaintes d’un ami, même s’il arrive que ce soit sans raison qu’il se plaigne.

Il faut dès maintenant que tu sentes de quel monde tu fais partie, et de quel être, régisseur du monde, tu es une émanation, et qu’un temps limité te circonscrit. Si tu n’en profites pas pour accéder à la sérénité, ce moment passera aussi, et jamais plus il ne reviendra.

Dès l’aurore, dis-toi : Je rencontrerai aujourd’hui un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance des biens et des maux. Pour moi, ayant jugé que la nature du bien est le beau, que celle du mal est le laid, et que la nature du coupable lui-même est d’être mon parent (…), je ne puis éprouver du dommage de la part d’aucun d’eux, car aucun d’eux ne peut me couvrir de laideur.

Tout est en cours de transformation. Toi-même aussi tu es en état de transformation continue et, à certains égards, de dissolution.

Qu’est-ce que mourir ? Si l’on écarte les fantômes dont on revêt la mort, il ne restera plus autre chose à penser, sinon qu’elle est une chose naturelle. Or celui qui redoute une chose naturelle est un enfant.

Nul ne peut t’empêcher de toujours faire et dire ce qui est conforme à la Nature dont tu fais partie.

Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est celui qui va selon la Nature.

On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d’isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même.

Lorsqu’un homme a commis une faute contre toi, considère aussitôt quelle opinion il se fait du bien ou du mal pour avoir commis cette faute. Lorsque tu le sauras, tu auras pitié de lui, et tu n’éprouveras ni étonnement ni colère.

Souviens-toi que tout ce qui arrive, arrive de manière juste. Tu le remarqueras, si tu observes avec exactitude.

Tout ce qui advient est aussi habituel et prévu que la rose au printemps et les fruits d’été ; il en est ainsi de la maladie, de la mort, de la calomnie, des embûches et de tout ce qui réjouit ou afflige les sots.

Habitue-toi à être attentif à ce qu’un autre dit, et, autant que possible, entre dans l’âme de celui qui parle.

Souviens-toi que changer d’avis et obéir à ce qui te rend meilleur, c’est faire encore acte de liberté.

Les hommes sont faits les uns pour les autres ; instruis-les donc ou supporte-les.

Une est la lumière du soleil, bien qu’elle se laisse séparer par des murs, des montagnes et mille autres obstacles. Une est la substance universelle, bien qu’elle se sépare en combien de milliers de corps particuliers.

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Modif. le 15 janvier 2026

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