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Fake news : définition et analyse d’un phénomène

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Que sont les fake news (définition) ? Comment fabrique-t-on des fausses nouvelles ? Comment détecter et lutter contre les fake news ?

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la fabrication de fausses nouvelles est devenue un phénomène massif.

Le web est aujourd’hui un espace de sociabilité, un lieu d’échanges et de participation dans lequel l’internaute est acteur. Cette révolution a entraîné un phénomène pervers : la multiplication et le partage en masse d’informations fausses.

Fake news est un terme anglais qui peut se traduire par “fausse information”, “information trompeuse” ou “infox”.

Voici une définition des fake news.

Fake news : définition de ce type de désinformation.

Définition : Une fake news est information fausse ou trompeuse visant à manipuler un auditoire, et à influencer l’opinion publique.

Le phénomène des fausses informations n’est pas nouveau : la propagande, les manipulations, les mystifications, les impostures et les canulars ont existé à toutes les époques et sous toutes les formes. Mais avec le développement des réseaux sociaux, les infox se propagent bien plus rapidement qu’autrefois.

Les fake news peuvent prendre des différentes formes :

  • vidéo avec sous-titrage détourné,
  • photo ou image avec légende détournée,
  • fausse vidéo créée sur la base d’une vraie (deepfake),
  • faux communiqué de presse,
  • fausse déclaration ou déclaration déformée,
  • fausses statistiques,
  • etc.

Les fake news présentent les caractéristiques suivantes :

  • elles prennent la forme de révélations au contenu étonnant, grave ou sensationnel,
  • elles visent à révéler des informations soi-disant tenues cachées ou secrètes (théorie du complot), et ont vocation à créer le scandale,
  • elles comportent souvent un titre accrocheur, ou au contraire un ton journalistique pouvant faire croire à une information crédible,
  • elles visent à introduire un sentiment de doute, d’injustice, de peur ou de révolte,
  • elles ont vocation à être partagées de manière virale sur les réseaux sociaux (en particulier Facebook, Youtube, Google News ou Twitter), laissant entendre que les médias traditionnels chercheraient à cacher l’information.

Qui est à l’origine des fausses informations ?

Parmi les principaux “fabricants” de fake news, il y a :

  • Les activistes politiques membres de réseaux ou de groupuscules, souvent d’extrême-droite mais pas uniquement, ou encore se revendiquant de la défense de causes particulières. Exemples : sites et blogs Riposte Laïque, Egalité et Réconciliation, Dieudosphère, Fdesouche, etc.
  • Les partis politiques, en particulier les partis extrémistes, mais pas uniquement. En France, le Rassemblement National est un des partis qui relaie le plus de fausses informations,
  • Les simples particuliers, adeptes des réseaux sociaux : il est aujourd’hui extrêmement facile de fabriquer une infox et de la diffuser dans son entourage, voire plus loin,
  • Le gouvernement et les dirigeants eux-mêmes : il peut s’agir de fabrication de preuves pour justifier une décision. Exemples : fabrication de fausses preuves par le gouvernement américain pour justifier la seconde guerre d’Irak ; ou encore modification d’extraits vidéo par le ministère de l’Intérieur dans le but de disculper Alexandre Benalla des faits de la place de la Contrescarpe,
  • Les gouvernements étrangers qui souhaitent influer sur les affaires publiques d’autres Etats. La Russie est aujourd’hui montrée du doigt à travers les sites Sputnik et RT par exemple,
  • Plus rarement, les médias traditionnels (journaux, radios, télévision). S’ils ne sont normalement pas à l’origine des fake news, ils les relaient parfois à leur insu,
  • Certaines entreprises ou réseaux mafieux, dans le but de gagner de l’argent ou d’empocher des recettes publicitaires.

Pourquoi les fausses informations se multiplient-elles ?

Le succès des fake-news s’explique par une conjonction de différents facteurs :

  • l’irruption massive des réseaux sociaux dans la vie quotidienne,
  • des algorithmes qui favorisent l’échange viral : les réseaux sociaux ont tendance à mettre en avant les informations les plus sensationnelles, les plus partagées,
  • le recul des médias d’information traditionnels, notamment chez les jeunes générations,
  • le discrédit de certains journalistes et experts jugés trop proches des élites politiques (voir notre article sur les élites en France),
  • l’accélération de l’information, qui pousse certains médias ou politiques à reprendre des informations sans même avoir eu le temps de les vérifier,
  • un terreau propice : crise, sentiment d’injustice, baisse du niveau de vie, frustration…

D’autre part, le statut de journaliste professionnel est aujourd’hui concurrencé : tout internaute ou blogueur peut se dire journaliste (même s’il ne sera pas reconnu à proprement parler comme journaliste “professionnel” et n’aura pas de carte de presse), sans pour autant avoir été formé, ni connaître le code de déontologie journalistique et l’importance de la vérification des faits.

Exemples de fake news devenues célèbres.

Voici quelques exemples de fake news connues :

  • L’incendie la cathédrale Notre-Dame de Paris serait d’origine criminelle,
  • Emmanuel Macron serait membre de super-loges maçonniques (voir notre article : Macron n’est pas franc-maçon et on vous dit pourquoi),
  • Donald Trump préparerait en secret la troisième guerre mondiale,
  • etc.

Exemple de photomontage visant à faire croire que des femmes voilées font la queue pour demander des allocations familiales :fake news CAF femmes voilées

Les fake news sont-elles illégales ?

En France, la loi punit la diffamation, l’atteinte à l’honneur et la calomnie.

Mais les fake news ne s’attaquent pas toujours à une personne en particulier. D’autre part, il est souvent difficile d’identifier les auteurs des fake news.

Comment lutter contre les fake news ?

Les fake news mettent la démocratie en danger. Elles sont susceptibles de fausser les résultats des élections : à titre d’exemple, certains analystes estiment que l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en 2016 a été rendue possible par la propagation de fake-news. De même pour le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.

La diffusion de fausses informations à des moments critiques est donc de nature à causer de graves problèmes politiques et moraux.

Plusieurs solutions existent ou sont envisagées pour lutter contre les fake news :

  • La régulation des réseaux sociaux : suppression de faux-comptes, suppression de publications trompeuses, efforts de modération, etc. Mais cette solution renforce de fait le pouvoir des GAFAM pour décider de ce qui est vrai ou faux. Il est aussi envisagé de supprimer l’anonymat sur internet, ce qui comporte là encore de graves inconvénients.
  • La loi : certains gouvernements ont renforcé ou envisagent de renforcer leur législation anti fake news, ce qui peut là aussi donner lieu à des dérives. En effet, le risque est de limiter la liberté d’expression, l’interprétation de ce qui est vrai ou faux relevant du seul juge.
  • L’éducation : éduquer les élèves et les citoyens semble une des meilleures solutions pour lutter contre les fausses info. Il s’agit de donner des clés pour vérifier la source, la date, l’objectif, la fiabilité et la cohérence des informations.
  • Le civisme : pour lutter contre les fake-news, la vigilance de tous est indispensable, y compris sur les réseaux sociaux. C’est le rôle du citoyen de vérifier par lui-même et de pointer les infox.
  • Le journalisme d’investigation : il revient aux journalistes professionnels (possédant une carte de presse) de dénoncer et de lutter contre les fake-news. Encore faut-il qu’ils en aient les moyens…

Les limites des fake news.

Les fake news marquent-elles l’ouverture d’une ère “post-vérité” ? 

Paradoxalement, la multiplication des fake-news renforce les médias indépendants classiques, les seuls qui disposent des moyens d’investigation suffisants pour dénoncer les impostures et rechercher la vérité.

Les citoyens pourraient avoir envie de revenir vers des médias sûrs, reconnus et de qualité.

D’autre part, les fabricants et diffuseurs de fausses informations finissent toujours par être démasqués : leur crédibilité s’effrite et ils tendent à être isolés.

Voir aussi notre article : Deepfake : définition.

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