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Le symbolisme de la Planche en franc-maçonnerie

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Le symbolisme de la Planche en franc-maçonnerie : comment l’interpréter ? Quelles sont les différentes significations de ce terme maçonnique ? Voici une « planche » à ce sujet.

Dans le vocabulaire maçonnique, la « planche » désigne un travail lu et présenté en loge, résultat d’une réflexion personnelle ou collective ; on parle aussi de morceau d’architecture.

Lorsqu’il s’agit d’un travail en vue d’accéder à un grade supérieur, on parle de planche d’augmentation de salaire. D’autre part, la « planche tracée des derniers travaux » est le résumé de la dernière tenue, rédigé et lu par le Secrétaire.

La planche est aussi présente à travers divers symboles et accessoires en loge :

  • la planche à bascule et la planche à boules sont les obstacles disposés lors de l’initiation au moment de l’Epreuve de l’Air et de l’Epreuve de l’Eau,
  • au troisième degré, la planche à tracer est le support du premier travail du Maître. Ce travail consiste à tracer un cercle sur cette planche, à l’aide du compas,
  • par ailleurs, la planche à tracer est représentée sur les tableaux de loge sous la forme de deux grilles de lecture mnémotechniques qui forment la trame de l’alphabet maçonnique.

La planche est donc présente sous plusieurs formes. Mais quelle est sa signification profonde ?

La planche renvoie d’abord au matériau des opératifs, les compagnons bâtisseurs de cathédrales : c’est une surface plane, en bois, qui peut servir aux travaux (coffrage, échafaudage, étayage…), mais qui peut aussi être utilisée comme support pour dessiner des plans.

En l’occurrence, en tant que support de calcul ou de tracé, la planche porte la trame, le code, le verbe au sens de logos, « raison ». Elle symbolise le premier mouvement de concrétisation de la pensée : c’est le passage de l’intention à la réalisation, l’effort de conception puis de concrétisation d’un idéal de force et de beauté.

Plus généralement, la planche évoque :

  • l’établi, support du travail de l’artisan,
  • le plancher (le pavé mosaïque),
  • la tablette, support destiné à recevoir des inscriptions ou des formules,
  • la planche à dessin des architectes,
  • le rayonnage des bibliothèques,
  • la plaque de bois sur laquelle on effectuait un travail de gravure pour en tirer des estampes,
  • la table à manger,
  • la planche sur laquelle on tranche le pain,
  • on encore la planche d’imprimerie.

On le voit, la planche touche principalement à la conception, à la création, à l’art, à la parole et au partage.

Entrons dans le symbolisme de la Planche en franc-maçonnerie.

Voir aussi : Liste de planches au premier degré

Nous l’avons dit, la planche est le support sur lequel on trace, équivalent du papier sur lequel on consigne, on compose, on dessine. Elle renvoie à un travail intellectuel d’étude, de formulation et de création, y compris artistique. La planche permet aussi la communication, l’échange des idées.

Avec la planche, nous sommes dans le domaine des idées qui prennent forme. Plus précisément, on peut voir la planche comme un intermédiaire entre le non-manifesté et le manifesté :

  • le non-manifesté est sans dimension,
  • le manifesté est tridimensionnel : c’est la réalité tangible,
  • entre les deux, la planche symbolise le bidimensionnel, c’est-à-dire l’abstraction : nous évoluons dans le monde des concepts et des idéaux, destinés à trouver leur traduction concrète dans la matière.

A ce titre, plancher, c’est préparer son action dans le monde, une action qui sera sous-tendue par un idéal de sagesse, de force et de beauté.

La planche peut aussi représenter le support de l’expérience humaine et maçonnique : c’est le sol, la surface plane, la Terre sur laquelle nous marchons, le monde dans lequel nous évoluons, la matière qui nourrit notre quête.

La planéité permet une progression régulière. Mais des obstacles se dressent parfois, tels la planche à boules lors de l’initiation, qui symbolise les irrégularités de la vie et le trouble qui agite notre esprit.

Le franc-maçon désire s’élever. Il est tenté de gravir la montagne, d’emprunter la planche qui s’élève vers le Ciel, comme lors de l’Epreuve de l’Air au R.E.A.A. Mais arrivé au point d’équilibre de la planche à bascule, la situation se renverse et il manque de chuter. Heureusement, des mains fraternelles le rattrapent…

C’est sans doute parce qu’il avait emporté avec lui trop d’éléments matériels (ses passions, ses pulsions, ses défauts) que la planche a basculé sous son poids. Voilà le signe qu’il faut persévérer dans le dépouillement de soi, dans l’abandon de ce que l’on croyait savoir pour espérer accéder à la vision claire.

Précisément, plancher, c’est travailler sur soi et tenter de se dépouiller. C’est abandonner l’ordinaire, le convenu et le superflu pour laisser place à l’essentiel. C’est plonger au fond de soi pour en extraire la quintessence. En d’autres termes, c’est accomplir une oeuvre de transformation alchimique.

On pourrait dire que la première planche est le testament philosophique, qui consiste à révéler nos pensées les plus nobles par la mise en présence de la mort : « Si vous étiez à l’heure de la mort, quel serait votre testament philosophique ? »

La deuxième planche consiste à rédiger ses impressions d’initiations : l’objectif est là de livrer ce qu’il y a au plus profond de soi afin de se laisser pénétrer par la démarche maçonnique.

Les planches suivantes consistent pour le franc-maçon à s’appuyer sur divers éléments symboliques pour approfondir toujours plus le sens de notre présence en ce monde. A partir d’un thème donné, l’objectif est de parvenir à la substantifique moelle sans se perdre en conventions ou en détours.

En tant que morceaux d’architecture, les planches ont vocation à se compléter, à s’assembler pour former un grand édifice, sorte d’encyclopédie de sagesse partagée. En effet, on rédige une planche pour soi-même mais aussi pour les autres. Les planches donnent lieu à échanges, à débat, à compléments et enrichissements. On ne progresse véritablement qu’au contact de ses pairs.

Lire aussi : Comment faire une planche maçonnique ?

La Planche en franc-maçonnerie symbolise l’espace de réflexion et de travail du franc-maçon : un espace intime, sacré, qui permet l’ouverture de la conscience et la transformation de soi.

La planche est le miroir de la conscience où l’initié consigne ses méditations, ses questionnements et ses progrès. Il aura plaisir, en toute humilité, à partager sa planche mais aussi à écouter celles des autres.

Enfin, élaborer une planche c’est se préparer à mettre en oeuvre l’idéal exprimé : c’est passer de l’intention à l’action, dans la perspective d’un monde plus beau et plus juste.

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Symboles et valeurs au REAA - Adrien Choeur

Dernière modification le 26 février 2026. Adrien Choeur

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