Press "Enter" to skip to content

Impressions d’initiation d’apprenti

4.6/5 (5)

Voici un exemple d’impressions d’initiation d’apprenti. Ce compte-rendu traduit le ressenti qu’un nouvel initié peut éprouver suite à l’épreuve du cabinet de réflexion et de la cérémonie d’initiation.

Vénérable Maître et vous tous mes Frères, j’ai le plaisir et le devoir de vous présenter mes impressions d’initiation.

Je vais vous exposer la manière dont j’ai perçu cette entrée dans un univers nouveau pour moi. Je vais vous exposer et tenter d’analyser ce que j’ai vécu.

Parmi les choses qui m’ont le plus étonnées, marquées, ou qui ont le plus attiré mon attention :

  • le noir, les ténèbres,
  • l’entrée progressive dans un monde nouveau,
  • le rituel,
  • le sentiment d’appartenance.

Je vais donc vous livrer mon ressenti et mes impressions d’initiation.

Impressions d’initiation. Tout d’abord, le noir, les ténèbres.

L’épreuve de la Terre se déroule dans un environnement sombre, presque hostile. Des objets se trouvaient face à moi, dont je n’ai pas immédiatement saisi la signification.

J’ai eu l’impression d’être enfermé, placé dans les profondeurs du bâtiment. J’ai clairement eu la sensation d’être sous terre, en tous cas sous la loge, cette dernière me paraissant alors très en hauteur, comme au sommet d’une tour. J’étais sous vos pieds, comme dans une cave ou une caverne et vous me sembliez loin. J’étais en réalité seul avec moi-même, entouré par la solitude, forcé à me questionner et écrire ce que j’avais au fond de moi.

La seule source de lumière était une bougie à la flamme chancelante. C’est cependant grâce à cette seule bougie que j’ai pu me voir dans la glace qui était posée devant moi, et aussi lire les inscriptions sur les murs, et notamment celle qui disait “connais-toi toi-même”. Je me suis alors rappelé pourquoi j’étais là, et pourquoi j’avais postulé à être maçon, c’était à l’évidence d’abord pour mieux me connaître.

Mon plus proche compagnon, à ce moment-là, était mon jumeau, car même si je ne savais rien de lui, il était à quelques mètres de moi, il était dans la même situation que moi.

Mais quelque chose aussi me rapprochait de vous, car j’avais un point commun avec vous tous qui étaient au-dessus de moi : chacun de vous était passé par ce que j’étais en train de vivre. Vous saviez ce que j’étais en train de vivre. Ceci nous reliait, par conséquent une sorte de communication existait déjà entre vous et moi, comme l’embryon d’un lien fraternel, mais j’y reviendrai.

Pour continuer sur le thème du noir, des ténèbres, je dois bien sûr parler du bandeau. Durant tout le déroulement des épreuves, je n’ai rien vu, rien su de vous. Je me suis livré à vous, désarmé, ou plutôt simplement armé de courage et de sang-froid.

Les ténèbres m’ont donc accompagné un long moment, pour peu à peu se dissiper.

Le caractère progressif de l’entrée dans un Univers nouveau.

Pour s’extraire des ténèbres, du noir, de l’inconnu, de la peur, il faut passer par différentes étapes, différentes épreuves, que vous m’avez faites subir.

Vous m’avez d’abord été hostile, ou paru hostile selon le déroulé du rituel. Vos épées étaient pointées vers moi, la suspicion dominait vos paroles et vos questions. Vous vous êtes protégés de ma curiosité.

Vous m’avez soumis aux différentes épreuves, dans un ordre très précis.

Vous m’avez désigné mon véritable ennemi : moi-même.

Vous m’avez fait jurer.

Vous m’avez ensuite progressivement donné l’accès à votre monde, d’abord par la vue, ensuite par l’intronisation à proprement parler.

J’ai perçu le caractère progressif du processus d’intégration parmi vous, je veux dire le caractère graduel et rythmé du rite.

Impressions d’initiation. Le rite comme condition de la Fraternité.

Pendant 2 heures et demi j’ai été au cœur d’un rite initiatique très codifié, très symbolique, sans doute le plus codifié et symbolique qu’il m’ait été donné de connaître, avec en outre un côté sacré.

Le mot rituel a un double sens étymologique : il veut dire “relier” mais aussi “se recueillir”, s’unir volontairement à la tradition que le rite consacre.

Ce mot a pris tout son sens et toute sa profondeur à travers ce que j’ai vécu. En effet je me suis d’abord recueilli, je me suis retrouvé moi-même ou avec moi-même notamment lors de l’épreuve de la Terre, puis je me suis ensuite progressivement relié à vous, et vous vous êtes reliés à moi.

Il m’apparaît clairement que ce lien, c’est celui de la Fraternité. En tous cas il m’apparaît que la fraternité commence par là.

Le rite c’est aussi une épreuve, un événement marquant, qui nous touche dans ce que l’on a de plus profond, dans notre intimité même. Mon esprit a été marqué. L’épreuve était longue, fatigante physiquement et moralement.

Le rite consistait à la fois à se soumettre et à faire face à la situation. C’est quelque chose que je n’oublierai sans doute jamais, mais ce sont dans les épreuves que les liens se nouent…

Le sentiment d’appartenance.

Le résultat de tout cela, de ce lien qui s’est noué, c’est un sentiment d’appartenance, le sentiment de faire partie d’un groupe, d’une communauté de destin, le sentiment d’avoir des droits et des devoirs vis-à-vis de vous, et de moi.

L’épreuve, le rituel, m’ont fait comprendre ça et j’ai touché du doigt ce que c’était qu’être franc-maçon.

Aujourd’hui je me sens véritablement franc-maçon.

Je vous remercie d’avoir écouté mes impressions d’initiation.

J’ai dit, Vénérable Maître.

Voir aussi notre article : Liste de planches au grade d’apprenti.

Pour aller plus loin :

Modif. le 7 juillet 2020

Vous pouvez noter cet article !

%d blogueurs aiment cette page :