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L’histoire de la Croix de Jésus, et ce qu’elle est devenue

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Quelle est l’histoire de la Croix de Jésus ? Quand la Croix de Jésus a-t-elle été découverte et qu’est-elle devenue ?

A partir de l’an 312, l’Empire romain bascule progressivement dans le christianisme, sous l’impulsion de l’empereur Constantin. Au cours des années qui suivent, la ferveur chrétienne ne cesse de s’amplifier. C’est ce qui mènera à la redécouverte de la Croix de Jésus, événement connu sous le nom d’« Invention de la Vraie Croix ».

Voici l’histoire de la croix de Jésus.

L’invention de la Vraie Croix.

En 326, la mère de Constantin, l’impératrice Hélène, se rend en pèlerinage à Jérusalem. Hélène est une fervente chrétienne, et on dit même que c’est elle qui a encouragé son fils à se convertir au christianisme.

Sur la colline du Golgotha, à l’endroit même de la crucifixion, Hélène fait abattre l’ancien temple de Vénus et ordonne la construction de la basilique du Saint-Sépulcre. Lors des travaux, on découvre sous les anciennes dalles du temple l’endroit du supplice de Jésus ainsi que trois croix en bois. L’impératrice se rend sur les lieux et identifie la Croix du Christ grâce à son titulus sur lequel est gravée l’inscription « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Cet événement majeur est connu sous le nom d’Inventio Crucis ou « Invention de la Vraie Croix ».

La Croix sera longtemps conservée dans la basilique du Saint-Sépulcre, à l’exception d’un petit morceau qu’Hélène envoie à son fils, et du titulus qu’elle emporte avec elle à Rome.

Voir aussi notre article : L’Invention de la Vraie Croix par Sainte-Hélène : récits et légendes.

L’histoire de la croix de Jésus suite à sa découverte par Hélène.

D’abord, quelques repères historiques importants :

  • En 395, la division de l’empire romain est décidée pour des raisons pratiques. Une partie orientale est créée autour de Constantinople, l’actuelle Istanbul, donnant naissance au futur empire chrétien d’Orient.
  • En 476, la partie occidentale de l’empire disparaît sous les coups des barbares : Rome n’est plus. Constantinople hérite alors de l’autorité impériale romaine. L’empire chrétien d’Orient, aussi appelé empire byzantin, subsistera pendant près de mille ans. Il restera longtemps le seul dépositaire des Bois sacrés.

Le destin de la Vraie Croix à partir de sa découverte par Hélène a été tumultueux. Au cours des siècles, la Croix a été découpée en plusieurs parties et a fait l’objet de multiples prélèvements pour la confection de reliques. Le marché des objets saints s’étant considérablement développé au cours du Moyen-Age, des faux ont commencé à circuler dont certains sont visibles encore aujourd’hui en Europe et dans le monde.

Essayons cependant de tirer au clair le sort des parties principales de la Croix.

Le vol de la Vraie Croix par les Perses.

L’histoire de la croix de Jésus rencontre celle des Perses au début du VIIème siècle.

La Vraie Croix, d’abord conservée au Saint-Sépulcre de Jérusalem, est dérobée par les Perses en 614. Elle est rendue aux chrétiens en 630, événement célébré sous le nom d’Exaltation de la Sainte-Croix. Mais en 635, craignant l’avancée des musulmans, l’empereur chrétien d’Orient décide de la transférer à Constantinople. Pour des raisons religieuses, il laisse cependant une partie de la Croix, sans doute la moitié de la traverse (le patibulum), au Saint-Sépulcre.

Le sort du fragment resté au Saint-Sépulcre de Jérusalem.

En 638, Jérusalem tombe aux mains des musulmans. Dans un premier temps, le culte du fragment resté au Saint-Sépulcre subsiste, les occupants faisant preuve d’une certaine tolérance. Mais en 1009, face à la destruction des églises et à la multiplication des persécutions, les chrétiens de Jérusalem décident de le cacher.

En 1099, les combattants de la première croisade, avec à leur tête Godefroy de Bouillon, prennent Jérusalem et fondent les Etats latins d’Orient. Le 5 août, ils remettent au jour le fragment maintenu dans le secret et le réinstallent dans la basilique du Saint-Sépulcre. Les pèlerins affluent en grand nombre. Ce morceau de Croix devient le symbole du tout nouveau royaume de Jérusalem et les chevaliers l’emmènent au-devant de l’ennemi à chaque bataille.

En 1187, les croisés subissent une terrible défaite lors de la bataille de Hattîn, près du lac de Tibériade. Le roi de Jérusalem Guy de Lusignan est fait prisonnier et des centaines de chevaliers sont massacrés. Le sultan Saladin s’empare du fragment et conquiert Jérusalem quelques semaines plus tard. Le monde chrétien est sous le choc. La trace de cette partie de la Croix se perd à jamais.

Le sort des autres parties de la Vraie Croix.

Evoquons maintenant le sort des autres parties de la Croix, les plus considérables, conservées par les empereurs d’Orient à Constantinople.

En 1203, le pape lance la quatrième croisade dans le but de reprendre Jérusalem, mais l’expédition se change en guerre fratricide. Les croisés s’emparent de Constantinople, pourtant alliée, et fondent l’empire latin d’Orient qui subsistera durant quelques décennies. Les chefs de ce fragile territoire s’attribuent les saintes reliques conservées dans l’église Notre-Dame du Phare. Au bord de la faillite, ils décident de les mettre en vente.

L’acquisition de la Vraie Croix par Saint-Louis.

En 1238, le roi de France Saint-Louis se porte acquéreur de l’ensemble des Bois, qui seront transférés à Paris trois ans plus tard. Voir notre article sur l’acquisition de la Vraie Croix par Saint-Louis.

Pour abriter les précieuses reliques, Saint-Louis fait construire un bâtiment exceptionnel au cœur de Paris : la Sainte-Chapelle. La Vraie Croix y sera longtemps exposée dans la Grande Châsse, monumental coffre-fort et véritable chef d’œuvre d’orfèvrerie.

Cependant, dans la nuit du 9 au 10 mai 1575 (règne d’Henri III), la partie de la Vraie Croix qui était ordinairement présentée à la dévotion des fidèles pour la Semaine sainte est volée. Elle ne sera pas retrouvée. En 1576, Henri III la remplace par une copie qui s’inspire de l’œuvre disparue. On dira plus tard que c’est le roi lui-même et sa mère, Catherine de Médicis, à court d’argent, qui ont organisé le vol de cette relique, afin de l’engager en Italie.

La disparition de la Vraie Croix sous la Révolution.

Le destin de la Vraie Croix bascule quand la France entre dans la Révolution. Les biens du clergé sont saisis, et des voix s’élèvent pour réclamer la destruction des objets sacrés. En 1794, à l’apogée des troubles, les reliques sont dispersées et ce qui reste de la Vraie Croix disparaît. Elle ne sera jamais retrouvée. Seul un petit morceau de 24 cm ressortira quelques années plus tard (ce morceau est aujourd’hui rattaché au trésor de Notre-Dame de Paris).

Pour en savoir plus, lire notre article : La Vraie Croix sous la Révolution, histoire d’une disparition.

Voici une image sur le sort hypothétique des principaux fragments de la Vraie Croix :

sort supposé des fragments de la vraie croix

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