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L’acquisition de la Vraie Croix par Saint-Louis

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A quelle occasion Saint-Louis a-t-il acquis la Vraie Croix ? Comment Saint-Louis a-t-il pu acquérir les reliques de la Passion du Christ ?

L’histoire de l’acquisition des reliques de la Passion (dont la Vraie Croix) par Saint-Louis est intimement liée à celle des croisades. Saint-Louis va saisir une opportunité exceptionnelle : la mise en vente des reliques par l’Empereur latin d’Orient (basé à Constantinople) dans les années 1230.

Rappelons que la Vraie Croix était conservée à Constantinople depuis 635.

Voir aussi notre article : L’histoire de la Croix de Jésus et ce qu’elle est devenue.

A l’origine de l’acquisition de la Vraie Croix par Saint-Louis : la quatrième croisade.

La quatrième croisade est lancée en 1202 dans le but de défendre les ports croisés et de reconquérir Jérusalem, perdue en 1187. C’est cette croisade qui va influer de manière décisive sur le destin des fragments de Croix conservés à Constantinople.

La quatrième croisade part de Venise mais est déroutée vers l’Empire Chrétien d’Orient. Les croisés décident en effet d’improviser un arrêt à Constantinople pour intervenir dans les querelles du trône impérial. Le but est de financer la suite de leur voyage vers la Terre Sainte. Ils rétablissent ainsi Isaac II et Alexis IV sur le trône contre la promesse d’une grosse somme d’argent. Mais le paiement prend du retard. Les croisés finissent par s’impatienter et adressent un ultimatum à Alexis IV. Ce dernier est renversé par un opposant quelques semaines plus tard, et les croisés sont sommés de quitter Constantinople. Les tensions étant à leur comble, les croisés décident alors de s’emparer une bonne fois pour toutes de Constantinople et de l’Empire d’Orient. C’est chose faite en avril 1204, date de la création de l’Empire latin d’Orient. Le chef croisé Baudoin Ier devient le premier empereur de cet ensemble, qui subsistera jusqu’en 1261.

Or la situation politique et financière de ce territoire se révèle très instable, à tel point que les croisés se voient obligés de mettre en vente les trésors de Constantinople, parmi lesquels les précieuses reliques de la Passion, dont la Vraie Croix.

L’acquisition de la Vraie Croix par Saint-Louis.

Pour Saint-Louis, la mise en vente des reliques de la Passion constitue une opportunité extraordinaire, qu’il transformera en un véritable coup politique. En 1238, Saint-Louis acquiert d’abord de Baudouin II la Couronne d’Épines pour laquelle il décide de faire construire la magnifique Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité.

Il achète quelques années plus tard un autre lot exceptionnel de huit reliques, dont la Vraie Croix, qui transite par les Templiers de Syrie. Le tout coûtera l’équivalent de la moitié du budget annuel de l’État. A leur réception, les objets sont retirés de leurs coffrets et placés dans de nouveaux reliquaires, qui seront plus tard installés dans la Grande-Châsse de la Sainte-Chapelle.

Quelques dates importantes :

  • 30 septembre 1241 : Saint-Louis reçoit triomphalement la Vraie Croix aux portes de Paris, devant une foule immense. Le roi gravit la tribune spécialement élevée pour l’occasion et présente la Croix à ses sujets. Il suit le cortège qui porte la précieuse relique vers le palais royal, pieds nus, simplement vêtu d’une tunique blanche en signe de pénitence.
  • 26 avril 1248 : la Sainte-Chapelle, dont la construction vient d’être achevée, est consacrée. Elle reçoit officiellement les précieuses reliques. Cette date marque le passage de témoin entre Constantinople et Paris. Le prestige autrefois attaché à la chapelle Notre-Dame-du-Phare de Constantinople se transporte donc à la Sainte-Chapelle.

La lettre de Baudoin II.

En 1247, une lettre de Baudouin II authentifie définitivement la transaction des reliques et prouve que Saint-Louis a bien reçu deux importants morceaux de la Vraie Croix : l’un « retravaillé en forme de Croix », et l’autre « simplement enveloppé dans une étoffe » selon les termes de ce document. Ce dernier morceau sera en partie utilisé pour des prélèvements destinés aux proches et aux alliés des monarques français. On considérait alors que le partage des reliques n’en diminuait pas leur valeur. La distribution de micro-fragments était en réalité un outil diplomatique de première importance, un moyen de renforcer ou de sceller des alliances.

L’importance des reliques pour Saint-Louis et pour le royaume de France.

Grâce à l’acquisition des reliques, Paris devient le nouveau phare du monde, la nouvelle Jérusalem, le nouveau royaume élu de Dieu. Saint-Louis s’affirme comme le souverain le plus important du monde connu, à l’égal des anciens empereurs d’Orient, héritiers de Constantin.

Pour Saint-Louis, c’est un avant-goût de la reconquête des lieux saints dont il rêve. C’est aussi une manière pour lui d’affirmer la nouvelle alliance entre Dieu et les Francs, de la même manière que la Grande Arche de Jérusalem symbolisait l’alliance entre Dieu et le peuple juif…

Voir aussi notre article : La Sainte-Chapelle, la Grande Châsse et ses reliques.

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