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Animus et anima en psychologie analytique : explication

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Animus et anima en psychologie analytique : explication. Comment définir ces concepts dans le cadre de la psychologie jungienne ? Comment arriver à un individu équilibré, sexuellement complet ?

Dans la psychologie analytique Carl Gustav Jung, l’animus (« esprit » en latin) correspond aux archétypes masculins présents chez les femmes, et l’anima (« âme » en latin) aux archétypes féminins présents chez les hommes.

Rappelons-le, les archétypes sont des schémas ou des structures psychiques ancrées dans l’inconscient humain mais aussi dans l’inconscient collectif.

Ainsi, animus et anima renvoient aux principes féminin et masculin présents dans notre psyché :

  • chez l’homme, l’anima représente la part féminine inconsciente, c’est-à-dire un ensemble d’images archétypales incarnant les traits féminins, au premier rang desquels les émotions, l’amour, l’intuition, la créativité ou encore la sensibilité. L’anima nourrit l’homme, influençant ses émotions, ses relations avec les femmes et sa perception de la féminité (bonne ou mauvaise),
  • chez les femmes, l’animus représente la part masculine inconsciente. L’animus véhicule des traits traditionnellement masculins : logique, rationalité, compétition, etc. Il permet à chaque femme de développer des aspects de sa personnalité liés à l’action, à la réflexion ou à l’autorité.

Animus et anima peuvent se révéler dans les rêves, les fantasmes ou les projections. Acquis au cours de la vie, les archétypes donnent lieu à des représentations dont l’homme et la femme se nourrissent (par exemple l’image de la mère, l’image du père, du mentor ou du héros). Ces représentations se forment à travers les expériences, les rencontres, mais aussi les contes, les mythes, les rites et autres éléments culturels ou religieux. Ces images archétypales sont profondément inscrites dans notre inconscient.

Tentons une explication de l’animus et de l’anima en psychologie analytique.

La présence de l’anima (chez l’homme) et de l’animus (chez la femme) permettent à l’individu d’équilibrer sa psyché : l’homme pourra accéder à sa dimension féminine (sensibilité, réceptivité, spiritualité…) et la femme à sa dimension masculine (force, confiance, rationalité…).

Jung évoque en effet une nécessaire harmonie en soi des « énergies » féminines et masculines, que l’on peut assimiler aux pôles yin et yang. En d’autres termes, l’inconscient recherche un équilibre à travers ce qu’il perçoit du sexe opposé.

Par exemple, l’animus chez la femme peut venir combler un manque dû à des aspects de sa personnalité sous-développés ou réprimés du fait de notre modèle de société.

Pourtant, animus et anima peuvent aussi conduire à des comportements inappropriés et à de la souffrance. Car les archétypes peuvent véhiculer des images figées, fausses ou caricaturales, ainsi que des fantasmes ou des projections, par exemple sur son partenaire, ce qui peut influencer négativement les relations amoureuses ou sociales.

Par exemple, un homme pourra être amené à idéaliser une femme en lui attribuant des qualités irréalistes (femme fatale, femme innocente ou femme-mère) ; il sera alors déçu et frustré.

Lorsqu’ils sont mal connus, animus et anima demeurent dans l’ombre au sens jungien, c’est-à-dire dans la partie de la psyché qui ne se connaît pas elle-même, et dont l’existence même est ignorée.

Mais s’ils font l’objet d’une analyse, les archétypes féminins et masculins nous aident à comprendre notre fonctionnement profond.

Jung définit l’individuation comme le processus qui par lequel l’individu prend conscience de la totalité de ce qui le constitue sur le plan psychique, ce qui lui permet d’être mieux en harmonie avec lui-même. L’individuation est encore la quête et la découverte du Soi, globalité psychique dans laquelle le conscient réalise la présence des éléments inconscients.

Or, pour accéder au Soi, l’individu doit se confronter à ses archétypes inconscients : l’animus et l’anima en font partie. L’analyse de ces archétypes constitue alors un pont qui permet de se relier à son inconscient et de l’éclairer. Autrement dit, plus l’individu est conscient de son animus ou de son anima, plus il sera enclin à intégrer ces aspects dans sa personnalité consciente : il développera alors un rapport plus sain à lui-même et aux autres.

Cette démarche de connaissance de soi aide l’individu à acquérir son caractère complet. Cela passe par l’intégration conscience des deux pôles masculin et féminin en soi.

Si l’on se place du côté masculin, l’homme accompli est donc celui qui est parvenu à mettre son anima en lumière : il peut ainsi se détacher de ses stéréotypes et de ses archétypes, par exemple de l’image de la mère, pour développer sa propre personnalité émotionnelle, intuitive ou spirituelle. En ce sens, on peut parler d’une autonomisation : c’est le sens du mot individuation.

De même, la femme accomplie est celle qui aura réussi à mettre à distance l’image du père, du chef, du patriarche, du héros ou du prince charmant : elle s’autorisera alors à penser par elle-même, à développer ses propres valeurs, elle gagnera en confiance et en autonomie.

Animus et anima représentent une facette importante de notre psyché, facette dont l’exploration participe du processus d’individuation. C’est en effet en comprenant notre structure psychologique que nous pourrons nous réaliser.

Jung nous invite donc à explorer les ressorts de notre perception du féminin et du masculin. L’objectif est de parvenir à un équilibre entre notre dimension féminine et notre dimension masculine afin de former un individu sexuellement accompli. Or il est inutile de chercher à l’extérieur ce qui est déjà présent à l’intérieur : nous sommes des êtres nés complets, bien que nous n’en ayons pas conscience.

Enfin, Jung inscrit sa théorie de l’animus-anima dans la tradition alchimique ; en l’occurrence, l’harmonisation de toutes nos composantes permet de former l’androgyne hermétique, c’est-à-dire l’individu complet, abouti, réconcilié avec lui-même et avec le monde.

Modif. le 15 janvier 2026

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